Notre maison autrichienne a perdu son millésime

Suite à la fermeture du café « El Coquî » (voir le livre « ACOZ de A à Z », tome 1, pages 92 à 105), le bâtiment a été mis en vente et a été complètement rénové par les nouveaux propriétaires.

Cette ancienne bâtisse que l’on surnomme « la maison autrichienne » date de 1758. On pouvait y découvrir le millésime ancré dans la façade arrière, visible lors du passage sur le RAVeL.

Grande déception ce dimanche 27 octobre 2019 lorsque j’ai remarqué que ce témoignage du passé avait disparu lors de la réfection extérieure.

Maison autrichienne 1758

MAISON AUTRICHIENNE 2019

J’ai rencontré les propriétaires qui ont été très attentifs à ma remarque. Patientons, cela va s’arranger.

© Alain GUILLAUME – Octobre 2019

 

 

 

Les sobriquets d’Acoz

Sur base d’un dossier rédigé par Joseph ELOY en 1984, complété et mis à jour par Alain GUILLAUME

 

Joseph THIRIAUX : El Cadeau (grand-père maternel de Michel et Bernadette GERIMONT). En 1913, Joseph THIRIAUX se rend à l’administration communale d’Acoz pour y déclarer la naissance de son fils Marcel (voir livre « ACOZ de A à Z » Alain GUILLAUME – tome 1, page 31). Tout heureux d’avoir un fils, il déclare « C’èst.in cadeau du Bon Diè ! ».

Laure LEFEVRE : Laure Carreau

Emile POULEUR : Mon’dî (du nom de sa mère).

Laure STEVAUX : Laure Broc

Famille MATHIEUX : Les Quètins (apparentée avec la famille DAFFE).

Laure BOURBOUSE : Laure Babette (de sa mère Elisabeth).

Zélie MATHIEUX : Zélie Chuchet (arrière-grand-mère de Philippe, Christine et Sylvie TOUSSAINT).

Fernand, Florent, Augustin MATHIEUX : Les Cages (voir livre « ACOZ de A à Z » – Alain GUILLAUME – tome 1, page 35).

Omer ABSIL : El Briqu’teus (en français : briqueteur). Il habitait la maison à la limite d’Acoz et Lausprelle, à gauche, non loin du ruisseau « la Blanchisserie ».

Juliette JUSTIN : El Nwâr’ Julièt’

Jean-Baptiste HOUYOUX : El Chî

Achille BOLLE : Magain

Julia BOLLE : Julia Titine

Victor HOUYOUX : D’jean Baule

Aline PHILIPPE : Aline Gustine (de sa mère Augustine) (grand-mère maternelle de Charles, Bernard et Chantal DUMONT).

Sylvain PHILIPPE : Sylvain Mayanne

Amand PHILIPPE : Amand Turlot

Aurélien POULEUR : El Siyen

Georges HANQUART : Can’drî (voir livre « ACOZ de A à Z » – Alain GUILLAUME – tome 1, page 15).

Alice DUPANLOUP : Alice du Ramoneû

Emile LOSSON : Jèjèt’

Edouard PHILIPPE : Douard Martin

Elise PERSIN : Elise del Cabane (elle aurait habité la maison de perception, au coin des rues des Ecoles et du Centre – actuellement statue Notre-Dame du Carrefour).

Ida HUBERT : Ida d’Onhaîye (grand-mère de Gérard VAN WALLENDAEL) (originaire d’Onhaye).

Victor TENRET :  El Madjustêr (arrière-grand-père maternel de Charles, Bernard et Chantal DUMONT). Voir ce blog, catégorie « Patrimoine » 30 avril 2018.

Famille VAN ESPEN : Les Pines

Gustave BIRON : Gustave du Roncin (oncle de Joseph TENRET).

Jules POULEUR : Jules du Baudet

Charles CLOESEN : Châles Chaupîye

Famille DUBOIS : Al Viole

Emile TOUSSAINT : Emile del Pompe (ouvrier SNCB, responsable de la pompe annexe au château d’eau de la gare).

François GUYAUX : Tchantchèt

Henriette LEBON : Riyète du Chanty

Céleste CHARLIER : Céleste du Toquet (grand-mère de Marie-Louise et Christiane ERNOULD). Proviendrait de son arrière-grand-père Nicolas CHERMANNE).

Marie GILLAIN : Marîye Zèzète

Alice LIGOT : Alice de l’Abeille (magasin de la société « L’Abeille » à Lausprelle).

Léonie : Lèyonîye à Gayes

Joseph PARIS : Djosèf du Chabotî (de son père sabotier)

Joséphine TENRET : Fine del Gate (élevait des chèvres)

Jean-Baptiste LIEN : Piér’ di Spy (de sa localité d’origine)

Pierre PONCELET : El Nwâr Piér’

Maria, Marie et Mariette MORANVILLE : Les filles Kaber

Augustin DELPORTE : El Manau

Auguste WAYENS : El Cuch’

Edouard BOURBOUSE : Douard Babette (tenancier du café, vers 1945-1950, qui deviendra plus tard « El Coqui »).

Georges BROZE : Fifîye

COLLICHE : El Bossu Collich’

René DEGRAUX : El Bèrô (grand-père de René et Michel).

HUDLOT : El Tchat

Léon PHILIPPE : El Méss’ (instituteur à l’école communale d’Acoz).

Alexis SIMONS : El Piqueûr (ouvrier SNCB. Dans les chemins de fer, le piqueur était un agent technique qui avait pour tâche de seconder le conducteur de travaux, de surveiller les équipes d’ouvriers et la bonne marche des travaux).

Famille VANHERCK : Au Lauceau

René BIRON : Li P’tit Mayeûr (père de Roland). La famille BIRON est originaire de Bouffioulx-Chamborgneau).

Marcel TENRET : Marcel Pèrinne (grand-père maternel de Jacqueline, Jacques et Jean VANDENBOSCH).

Arthur BESOMBE : Fifi

Sylvain BOLLE : El Pètit Sylvain ou Tintin (dû à sa petite taille)

Léon BAILY : El Fî du Prêlî (ancien combattant 14-18). Voir le livre « ACOZ ET LA GUERRE 1914-1918 », Geneviève LUSIAUX, page 101.

Alfred DEBAUCHE : Frèdi du Maçon

Vital BERTULOT : Tchôdourt ou Tchodôr  (père de René, Andrée et Yvette).

Calixte BERTULOT : Calixte d’In Mèt’ (père de Vital BERTULOT). De petite taille.

Willem BERTULOT : Buloque ou Barabas (père de Willy BERTULOT). Contremaître aux Laminoirs de Moncheret.

Willy BERTULOT : l’Agace ou l’Agasse (la pie). Contremaître aux Laminoirs de Moncheret.

Arthur LEFEVRE : Li Nwâr Congolès (a vécu au Congo avec sa famille).

Rosita DUBOIS : Rosita Nan.nan (épouse d’Alphonse MATHUES)

Rosa MABILLE : Rosa Nan.nan (avait épousé Georges DUBOIS, frère de Rosita).

Madame LOUIS : El Fîye des Quatôzes Fèsses (provient d’une famille de 7 filles).

Oscar BERTRAND : Papaye (a travaillé comme ouvrier communal à Acoz).

Edouard PIRMEZ : Cabillaud (sobriquet provenant de l’école de Maredsous).

André PIRMEZ : Rose (sobriquet provenant de l’école de Maredsous). Voir le livre « ACOZ de A à Z – Alain GUILLAUME – tome 2, page 113.

Octave PIRMEZ : Cougnou (frère jumeau de Marie-Louise). Sobriquet provenant de l’école de Maredsous).

Nestor FOURNIER : El cabinié (responsable du réseau électrique d’Acoz et Environs)

Arthur CORDIER : Pèpère Lolotte (grand-père maternel de Pierre et Noël BERNARD). « Lolotte » était le nom de son chien.

 

© Alain GUILLAUME – Janvier 2019.

L’hommage au cimetière d’Acoz

C’est ce jeudi 8 novembre 2018 que les élèves de l’Ecole Libre d’Acoz avaient un rendez-vous important avec l’histoire. Pour commémorer le centième anniversaire de l’armistice, l’Echevinat des Associations Patriotiques avait invité la population à rendre hommage à nos héros de la Grande Guerre, inhumés dans les différents cimetières de l’entité.

A 11 heures précises, tout le monde intéressé était rassemblé dans l’allée principale du cimetière d’Acoz pour écouter le discours d’accueil, lu par l’échevin.

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Guy Wautelet a relaté l’histoire de la guerre 14-18 : l’attentat de Sarajevo au cours duquel l’Archiduc François-Ferdinand, héritier de l’Empire d’Autriche-Hongrie, est assassiné avec son épouse Sophie en juin 1914. C’est un extrémiste serbe qui le tue. L’Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie le 28 juillet ; et c’est le jeu des alliances : la Russie déclare la guerre à l’Autriche-Hongrie, l’Allemagne déclare la guerre à la Russie et à la France… Notre pays est neutre, et sa neutralité est reconnue par toutes les puissances voisines. Mais les Allemands, pour défaire rapidement la France, ont un plan qui nécessite de passer par chez nous, le plan Schlieffen. Alors, le 2 août, ils lancent un ultimatum à la Belgique prétextant qu’ils ont appris de source sûre que les Français massent des armées sur la ligne Givet-Namur, et ils demandent à passer par notre territoire. La nuit du 2 au 3 août, le Roi Albert 1er et ses ministres discutent de l’attitude à adopter, et le matin le Roi fait un discours annonçant le refus d’autoriser toute puissance de violer le sol belge. Le 4 août, l’armée allemande entre en Belgique.

Les Allemands pensaient pouvoir passer rapidement chez nous en écrasant notre petite armée de 200.000 hommes, alors qu’eux possèdent un million d’hommes. Mais il y a les forts, il y a le courage des soldats belges qui résistent et retardent l’avancée allemande : l’effet de vitesse est raté. De plus, la violation du sol belge entraîne l’entrée en guerre de l’Angleterre. Les Allemands sont rendus furieux par ce retard apporté à leur projet, et ils se retournent vers la population civile : des hommes d’abord, puis des femmes, des enfants, des vieillards, des bébés sont assassinés. On estime à 5.000 le nombre de civils victimes des représailles allemandes.

Notre armée est cependant peu à peu refoulée vers Anvers, puis vers Ypres et l’Yser. Et là c’est le coup de génie : on ouvre les écluses qui permettent à l’eau de mer à marée haute de pénétrer à l’intérieur des terres, et l’avancée allemande est stoppée. Pour des années puisque la guerre des tranchées va débuter ; les tranchées avec les odeurs de pourriture, de morts, de déjections, les poux, les rats, le vacarme infernal des explosions, des tirs, les nuages de gaz…

Le 11 novembre 1918, l’Armistice est enfin signé.

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Bernard Alexandre allait prendre la parole :

 » Monsieur Wautelet vous a parlé de la Belgique dans la guerre 1914-1918 ;  je voudrais, pour ma part, vous parler de l’histoire de notre village d’Acoz, de ces hommes et ces femmes qui y vivaient en 1914. La plupart des tombes que vous allez fleurir tout à l’heure sont celles d’anciens combattants, mais pas uniquement : il y a aussi des tombes de résistantes et de soldats italiens. Je veux rapidement évoquer toutes ces personnes, en commençant par les anciens combattants.

Lorsqu’ils quittent notre village à la fin de juillet 1914, ceux qu’on appelle aujourd’hui « les anciens combattants» sont des hommes jeunes, ils ont entre 20 et 30 ans. Ils ne reviendront au village que 4 ans ½ plus tard, fin 1918 ou début 1919. Mais quand ils partent en juillet 1914, ils ne savent pas que cela va durer si longtemps, et ne s’en doutent même pas. Ils ne savent pas toutes les souffrances qu’ils vont endurer, ni les millions de morts que la guerre causera. Je ne vais pas vous parler de tous les anciens combattants,  ce serait bien trop long, je ne vous parlerai que d’un seul d’entre eux, Jean BOLLE.
Jean BOLLE est né en 1891 ; il a donc 23 ans au début du conflit. Il est le fils de Léon BOLLE et de Marie BESOMBE. Il est leur seul enfant. Il habite avec ses parents sur la route qui monte vers Lausprelle, la rue de Villers, maintenant.  Son père est cultivateur, mais aussi premier échevin de la commune d’Acoz. Jean a fait son service militaire en 1911, et il est mobilisé déjà le 23 juillet car on craint le début d’une guerre.
Le 4 août, les Allemands entrent en Belgique : la guerre est déclarée. Et Jean BOLLE va suivre tout le parcours de l’Armée Belge. Liège d’abord, puis le Brabant Flamand, puis Anvers, et enfin la retraite vers L’Yser et Ypres, le seul coin de Belgique encore libre. L’inondation des Polders va permettre d’arrêter enfin l’avancée allemande en octobre 1914. Le 24 octobre, le régiment de Jean BOLLE se lance dans une attaque afin de reconquérir une partie de terrain. Mais l’attaque échoue ; Jean BOLLE est tué à quelques mètres des lignes allemandes, dans une portion de terrain inondé, et son corps ne peut être récupéré. Le certificat de décès ne sera délivré qu’en avril 1917.
Pour ses parents, sa disparition est une terrible nouvelle : Jean était leur seul enfant, il avait déjà commencé à travailler avec son père, il était cultivateur comme lui, il allait reprendre l’exploitation familiale… Tous les projets s’écroulent, leur fils est mort avant eux. Ils vont alors lui élever une sépulture plus importante. Et quand ils mourront à leur tour, ils se feront enterrer auprès de leur fils. La mort ainsi réunira ceux que la guerre avait séparés.

Les secondes personnes dont je voudrais vous parler, ce sont deux femmes : Sœur Irma et Flora Thiriaux.
Sœur Irma était directrice de votre école car, à l’époque, votre école était tenue par des religieuses, les Sœurs de la Providence. Au moment où l’Armée Française arrive à Acoz le 20 juillet 1914 pour tenter d’arrêter les Allemands sur la Sambre, un poste de Secours est créé à la Brasserie d’Acoz. Sœur Irma y soigne les blessés français le 21 août. Le 22, les Allemands se rapprochant, le Poste de Secours est déplacé à Gerpinnes, au Château de Mr de Bruges, devenu le Collège St-Augustin aujourd’hui. Le 23, l’armée allemande continue d’avancer, les Français font retraite vers Philippeville et Beaumont. Les blessés les moins atteints sont pris en charge par le corps médical français, les autres restent sur place et continueront d’être soignés. Par Sœur Irma notamment qui cache et soigne des soldats français. Elle fait bientôt partie d’un réseau de résistance qui informe les Alliés et aide les soldats Français ou Belges à rejoindre la France ou l’Angleterre. Flora Thiriaux, de Lausprelle, fait partie du même réseau. En octobre 1915, Sœur Irma est dénoncée, arrêtée et enfermée à Charleroi ; en novembre, Flora Thiriaux subit le même sort. Les deux femmes seront jugées par le Tribunal de Guerre de Charleroi  le 4 janvier 1916 et condamnées à la prison et aux travaux forcés, Sœur Irma pour deux ans et Flora Thiriaux, pour trois ans. Elles sont toutes deux déportées en Allemagne. Sœur Irma est libérée en janvier 1918, et Flora Thiriaux, le 10 novembre 1918.

Enfin, je voudrais vous parler de la tombe des Italiens.
Car il y a aussi une tombe qui abrite 6 soldats italiens. Il faut savoir qu’au début de la guerre, l’Italie s’était rangée aux côtés de l’Allemagne et de l’Autriche. En 1915, l’Italie change de camp et se fait alors attaquer par les Allemands. Les combats se déroulent au nord du pays, dans les montagnes. Les Italiens perdent une bataille et des soldats sont faits prisonniers. 40 d’entre eux arrivent chez nous ; ils sont logés dans une dépendance de l’usine de Moncheret, là où se trouve maintenant le hangar des Aciers Grosjean. De la fin février 1918 à la fin avril, six d’entre eux vont mourir de malnutrition, d’épuisement et de maladie dans ce camp de prisonniers.

Ainsi que je le disais en commençant, la plupart des tombes que vous allez fleurir abritent les restes d’hommes qui sont revenus à Acoz à la fin de la guerre. Ils n’étaient plus les mêmes à leur retour ; ils avaient connu le froid, la faim, l’eau des tranchées, le bruit assourdissant de la bataille, la peur d’être tué ; ils avaient vu leurs compagnons blessés, tués, parfois déchiquetés  à côté d’eux; ils étaient à tout jamais marqués dans leur esprit et aussi parfois dans leur corps par ces quatre années d’épreuve. Et si nous avons le bonheur de vivre libres aujourd’hui, c’est aussi à eux que nous le devons. Aussi, votre démarche aujourd’hui d’honorer leur mémoire est importante car elle exprime à la fois votre reconnaissance et la conscience que vous avez de leur sacrifice. « 

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Les élèves ont suivi avec application ces minutes d’histoire.

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Quelle surprise lorsque Christiane Ernould allait à son tour prendre la parole pour nous parler de son oncle Alexis Debergh. Ce dernier avait subi une grave blessure lors d’un affrontement avec l’ennemi. Sa nièce allait nous faire découvrir sa plaque d’immatriculation militaire, les balles qui avaient été extraites de son épaule, un papier décoré par Alexis et envoyé à sa dulcinée Firmine Lien. Là, l’émotion était à l’extrême et les applaudissements traduisaient une grande marque de respect.

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Les élèves allaient déposer une fleur et une plaquette-souvenir sur les tombes de nos héros.

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Des familles impliquées avaient répondu à l’invitation.

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André et Monique Sainthuile devant la tombe d’Archange Borbouse-Collart.

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La famille Eloy, petits-enfants maternels de Gaston Bousette.  

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La tombe de Soeur Irma.

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La tombe des Italiens.

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© Alain GUILLAUME – Novembre 2018.

 

L’abri anti-aérien de la gare d’Acoz

Par un après-midi ensoleillé de ce début d’octobre,  me voilà parti rejoindre le quartier de la gare pour y découvrir le débroussaillage, première étape des travaux du prolongement du RAVeL qui rejoindra d’ici peu les Fonds d’Acoz.

Sur les lieux, je rencontre Jean BLASZCZYK, résidant dans le quartier depuis une quarantaine d’années.  C’est la personne toute désignée pour m’aider à retrouver ce que je recherche : l’abri anti-aérien construit à proximité de la gare.
Et Jean m’invite à le suivre sur l’ancienne ligne de chemin de fer, le long du ballodrome.
A quelques mètres de la vieille gare merveilleusement transformée, on y retrouve les traces du quai et l’endroit recherché, discret, camouflé par une végétation étouffante.

Jean BLASZCZYK 150
Jean BLASZCZYK n’a pas hésité pour me conduire devant l’abri.

Bien conservé, ce vestige de la seconde guerre mondiale aurait été creusé par Omer TOUSSAINT (grand-père paternel de Philippe, Christine, Sylvie, ainsi que de Dominique), ouvrier à la S.N.C.B. et employé à la gare d’Acoz.

OMER TOUSSAINT 840

Vers 1950, Omer TOUSSAINT et deux collègues, employés à la gare d’Acoz, dégustent la « Belge Delbruyère » au café « Chez Berny » tenu par Arthur et Ida BERNY-BRASSEUR (parents de Marcel « El Champèt' » – voir le livre « ACOZ de A à Z » – Alain GUILLAUME – tome 1, pages 6 à 11).  L’immeuble, sis à la rue de Moncheret, est actuellement la propriété de Christophe AVOLEDO.

Cet abri est un cylindre, d’un diamètre de plus de 2 mètres sur une longueur de 4 mètres ; le béton a été coulé sur place, d’une épaisseur de 15 centimètres. Il possède un trou d’aération qui, à mon avis, pouvait aussi servir d’évacuation en cas d’ensevelissement. A l’entrée, un muret, en guise de sas, a été construit dans le but de protéger les occupants des éclats de bombes éventuels.

ENTREE ABRI 840

ENTREE ABRI 2 840

INERIEUR 1 840

INTERIEUR 2 840

BOUCHE D'AERATION 840

INTERIEUR 3 400

Faisant partie du patrimoine de notre village, l’idée d’une sauvegarde de ce site serait à envisager… et pourquoi pas son classement ? Une petite visite lors de promenade sur le futur RAVeL rappellerait cette triste et douloureuse période de la seconde guerre mondiale.

ACCES 840

L’aménagement du futur RAVeL est une opportunité à saisir.

Wait and see !

© Alain GUILLAUME – Octobre 2018.

Toponymie (suite)

El Rindjîye des Lami.nwèrs ou El Rindjîye des Amis Nwèrs

Dans le récent dossier consacré à la toponymie d’Acoz, j’ai omis d’y signaler un quartier qui a connu, fin du 19e et début du 20e siècle, une importante activité due aux Usines de Moncheret qui y avaient implanté leur site, avec hauts fourneaux, forges et laminoirs.

La rangée de maisons a été construite de l’autre côté de la route pour y loger des ouvriers métallurgistes.

Rindjiye des Lami.nwèrs 150

ANCIEN MONCHERET 1905

Plus d’un siècle sépare ces deux photos. On peut remarquer que le portique d’entrée et le bâtiment de gauche sont toujours bien présents.

ACOZ GROSJEAN

SITE ANCIEN MONCHERET

J’avais contacté Michel ROBERT pour avoir la bonne traduction wallonne. Il m’a fait remarquer que l’on pourrait aussi employer le terme « El Rindjîye des Amis Nwèrs » en faisant référence aux ouvriers qui travaillaient dans de dures conditions.

Précisions

En wallon le terme pour « laminoir » est « aminwêr », c’est par influence du français qu’il est devenu « laminwêr » ; la formulation « amis nwêrs » est une « étymologie populaire ».
J’ai déjà eu l’occasion de signaler que c’était l’article « li » qui était de mise à Acoz ; le passage à « èl » résultant d’une influence du « carolorégien ».

Cordialemement.

Jean-Luc FAUCONNIER.

© Alain GUILLAUME – Octobre 2018.

 

Toponymie d’Acoz

Les Fonds d’Ôco (Les Fonds d’Acoz)

Fond de la vallée acozienne, au nord du village, à la limite de Bouffioulx.

FONDS D'ÔCO EL BRESSENE

Les Fonds d'Ôco 200Dpi

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El Brèssène (la Brasserie) 

Quartier dans les Fonds d’Acoz, à l’endroit de l’ancienne brasserie d’Acoz (voir le livre « ACOZ de A à Z » – Alain GUILLAUME – Tome 2 – Pages 172 à 175).

El Brèssène 200Dpi

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El D’zeû l’Bos (le Dessus du Bois)

Au nord-ouest du village, en direction de Joncret et du hameau de Lausprelle. Point culminant du village.

El D'zeu l'Bos 640

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El Courtî (le Courtil)

Ancien sentier reliant l’actuelle rue de la Scavée (en face du n° 7) à la rue de la Raguette. Disparu vers 1970.

EL COURTI 640 1

El Couti scavée 640

COURTIL MINIERES TOURETTE OK

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Li Scavéye (la Scavée)

Chemin démarrant à la Tourette, passant devant le cimetière, pour atteindre les 4 bras des rues des Ecoles et du Centre. Nom venant de terre chavée signifiant en géomorphologie une dépression, une ligne de points bas d’un relief.

LI SCAVEYE 640

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Les Minières

Terrain situé sur la gauche de la rue de la Scavée, après le cimetière. Extraction de minerai de fer (voir le livre « ACOZ de A à Z » – Alain GUILLAUME – Tome 2 – pages 114 et 115).

LES MINIERES 640

COURTIL MINIERES TOURETTE OK

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A Vôbièsme (Le Vaulx Biesme)

Vallée située au nord du village, après la gare en direction de Châtelet, avant « Les Fonds d’Acoz ». Terme venant sûrement du nom primitif du « Ruisseau d’Acoz » appelé « La Biesme » et « vô » qui signifiait val, vallée.

VÔS BIESME MÂRTIA

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Ô Mârtia (au Marteau)

Versant boisé situé dans la vallée, entre les actuelles cités Hector Pouleur et la rue de Moncheret. Nom dû à l’existence d’une forge sur le dessus du village, non loin de la place du Dessus du Bois.

MARTIA 640

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Ô Tiène del VôBièsme (le Tienne du Vaulx Biesme) 

Sentier qui partait de la rue de la Raguette, situé à l’emplacement de l’actuelle rangée de la cité Hector Pouleur (la rangée de droite en montant) et qui aboutissait à « la Brasserie ». Lors de la construction de ce bloc de maisons sociales, le sentier fut supprimé.

TIENNE DEL VOBIESME 640

A noter qu’il était appelé par certains « Le Tienne Nannan ».

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El Crwê d’Ôco (la Croix d’Acoz)

Au sud du village, à la limite de Gerpinnes. Une croix aurait existé au pied de la côte, dans le premier virage, à droite en montant sur Gerpinnes, non loin de l’ancien passage à niveau de la ligne de chemin de fer Châtelet-Mettet.

El Crwê d'Ôco 640

CRWE ÔCÔ BANC D'FIER MOULIN

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El Moulin Sciyeur (le Moulin Scieur)

Appelé aussi « li Moulin dÔco » (le Moulin d’Acoz) . Il possédait 2 roues. Le long du Ruisseau d’Hanzinne et du RAVeL, au sud du village.

MOULIN SCIEUR 640

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El Bate dou Moulin d’Ôco (la Batte du Moulin d’Acoz)

Barrage sur « le Ruisseau d’Hanzinne », à la limite entre Gerpinnes et Acoz. il était destiné à dévier les eaux de la rivière pour le bief qui alimentait le moulin. Ce lieu est visible en empruntant le RAVeL (à 200 mètres de Gerpinnes,  au niveau du pont qui surplombe la rivière).

EL BATE DOU MOULIN D'ÔCO 640

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Ô Banc d’Fièr (au Banc de Fer)

Campagne entre Gerpinnes et Acoz, au-dessus de « la Croix d’Acoz ». Ancien terrain de football de l’équipe d’Acoz (voir le livre « ACOZ de A à Z – Alain GUILLAUME – Tome 2 – Pages 55 et 56)

Ô Banc d'Fièr 640

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El Courtî Morète (Le Courtil Morette)

Chemin campagnard longeant l’Ecole Libre d’Acoz pour atteindre la rue de la Chapelle à Joncret. Emprunté par la châsse Sainte-Rolende et les pèlerins lors de la Pentecôte.

COURTIL MORETTE 640

MORETTE BOSQUET ARBRE GUICHOUX 150

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El Bosquèt Demeûr (le Bosquet Demeure)

Petit bois situé sur la route de la rue de Moncheret en direction de Gerpinnes, jouxtant le « Rî des Guichoux ». Du nom de la famille « Demeure » propriétaire du lieu.

Le bosquet Demeure 640

BOSQUET DEMEURE AERIEN 640

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Au Fond des Guichoux 

Campagne  jouxtant « El Bosquèt Demeûr » le long du « Rî des Guichoux ». Signifiant marais.

Fond des Guichoux 640

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El Rûwe dou Grand Âbe (la Rue du Grand Arbre)

Actuellement rue de Joncret. Dénomination due à un arbre appelé « Le solitaire » (dit « Le grand arbre ») qui était situé à la rue des Ecoles à Joncret (à la limite d’Acoz). Il a été déraciné le dernier dimanche de juillet en 1939 (fête à Lausprelle), suite à une tempête entre 22h30 et 23h.  (Source : site www.fagnet.be – Max Ridelle).

Ruwe du Grand Abe 640

Le Grand Arbre 405

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Rûwe du Madjustêr

Dû au fait que le chantre clerc, c’est-à-dire l’organiste liturgique de la paroisse Saint-Martin d’Acoz, habitait rue du Centre (actuellement le n° 2). Il s’agissait de Victor-Joseph TENRET (°1861 – +1924). C’était le grand-père maternel de Marcel et Maurice DUMONT.

« Madjustêr » : mot wallon du français « chantre-clerc ».

Rue du Madjuster 640

RUISSEAU MADJUSTER TRIANO

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El Triano

Actuellement rue Saint-Martin. D’après Jacques François (membre du cercle d’histoire et d’archéologie d’Acoz), cette dénomination est due aux grands peupliers qui se trouvaient plus haut que la chapelle (qui deviendra l’église Saint-Martin).  Par grands vents, les feuilles tremblaient, « trianaient » (voir la reproduction d’Adrien de Montigny, réalisée pour l’album du duc Charles de Croy). (Voir le livre « ACOZ de A à Z – Alain GUILLAUME – Tome 2 – pages 192 et 193).

O TRIANO 640

 O TRIANO PLAQUE 640

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El Rî d’Ôco (le Ruisseau d’Acoz)

Ruisseau traversant le village. Il prend sa source à Hanzinne (d’où le nom actuel de « Ruisseau d’Hanzinne ». Il fut aussi appelé « La Biesme ».

Ruisseau d'Acoz 640

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El Rî d’Bouyon (le Ruisseau Bouillon)

Petit ruisseau qui descend de Villers-Poterie, traverse le parc du château d’Acoz (sous terre), aboutit à l’ancien jardin du château, passe près de la fontaine Sainte-Rolende et se jette dans le Ruisseau d’Hanzinne en aval du pont de la rue de la Tour Octavienne. (Voir le livre « ACOZ de A à Z – Alain GUILLAUME – Tome 2 – Pages 186 et 187).

EL RI BOUYON 640

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El Rî des Guichoux (le Ruisseau « Les Guichoux »)

Petit ruisseau qui prend sa source au lieu-dit « L’Ormaleau, entre Gerpinnes-Centre et Les Flaches, traverse Joncret, passe sous la rue de Moncheret à Acoz-Centre et se jette dans le « Ruisseau d’Hanzinne » (voir le pont sur le RAVeL à Acoz-Centre). Nom officiel : « L’Ormaleau ».

BOSQUET MORLERES RI GUICHOUX

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Les Môrléres  (les Marlaires)

Terrain vague situé à gauche sur le RAVeL en partant d’Acoz, avant la grande prairie du moulin. Dû à l’extraction de la Marne qui servait à enrichir les terres. Terrain où de nombreuses générations de jeunes ont « joué ». Beau panorama du village. D’après mes renseignements : terrain communal qu’on pourrait exploiter. (voir le livre « ACOZ de A à Z » – Alain GUILLAUME – Tome 2 – pages 166 à 171).

Les Môrléres 150

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Le Mont Brival

Lieu-dit entre Acoz et Villers-Poterie, rue la Tour Octavienne (où est sise la chapelle du même nom) jouxtant le parc « Mon Plaisir ». (Voir le livre « ACOZ de A à Z – Alain GUILLAUME – Tome 1 – Pages  164 à 169).

LE MONT BRIVAL 640

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Ô Bierlu

Vaste campagne entre Villers-Poterie et Acoz, des deux côtés de l’ancienne ligne de chemin de fer Acoz-Mettet.

Ô Bierlu 640.jpg

Ô BIERLU MONT BRIVAL CH STE ROLENDE OCTAVIENNE

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El Blanchisserîye (la Blanchisserie)

Ruisseau venant de Joncret et qui traverse la rue de Villers. Frontière entre Acoz et Lausprelle.

El Blanchisserîye 640

RUE GRAND ARBRE BLANCHISSERIE 150dpi

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Cette liste n’est pas exhaustive.

 

Sources :

– « Toponymie des Communes d’Acoz et de Joncret » – Joseph ROLAND – 1947

– Site « www.fagnet.be » – Geneviève LUSIAUX

– Archives personnelles – Alain GUILLAUME

 

 

© Alain GUILLAUME – Octobre 2018.