Le moulin « Scieur » à Acoz

Le moulin d’Harnenvaulx, ou moulin Syeûr (en wallon), ou moulin de Bruges ou encore moulin Pirmez, était un moulin à eau bâti au lieu-dit « Au Moulin » – rue de Moncheret (route de Gerpinnes) – au bout d’une impasse, à mi-distance entre Acoz et Gerpinnes (plan parcellaire de Pop, section C n° 126).

Moulin Scieur 1909 640

Naturellement, il se trouve sur le cours d’eau appelé anciennement « La Biesme d’Acoz », actuellement dénommé « Ruisseau d’Hanzinne ».

L’alimentation du moulin se faisait par l’intermédiaire d’une dérivation dont le départ se situait à environ 600 mètres en amont du moulin, au lieu-dit « La Batte ».

LA BATTE 640

RUISSEAU (LA BATTE) 640

Cette dérivation suivait le versant gauche de la vallée et a probablement dû être déplacée ou aménagée suite à l’établissement de la voie de chemin de fer qui suit le fond de la vallée.

On peut toujours découvrir les vestiges du bief qui se détache du cours d’eau là où celui-ci passe du côté Est de la voie ferrée (actuellement le RAVeL).

PONT BIEF 640

Il suit ensuite le talus de l’assiette de cette dernière avant de passer sur le côté Ouest, tandis que la rivière continue encore sur une centaine de mètres sur le côté Est. Ensuite, ce bief prend la courbure du versant avant de déboucher contre le pignon formant l’extrémité Sud de l’ensemble ferme-moulin. Ce dernier constitue un très bel exemple de l’association des réseaux hydrauliques avec d’autres équipements, notamment ferroviaires, de fond de vallée.

LE TRACE DU BIEF 300Dpi (2)

Le bief alimentait un petit étang. L’eau s’engouffrait dans une canalisation d’un diamètre de 50 centimètres pour remplir un réservoir métallique. C’est de ce dernier que le courant d’eau lâché actionnait la roue.

ETANG 1960 500

CHUTE D'EAU 640

ancienne chute 550

ACCES TUNNEL 500

Etang asséché 640

Mais, s’agitait-il d’une roue ou bien de deux ?
En regardant les deux peintures de l’artiste gerpinnois Henri DEGLUME (1865-1940), on en aperçoit deux ; malheureusement, aucune photographie ne peut nous éclairer.

Peinture DEGLUME 1 840

Peinture Degmule 2 840

Il fallait donc se rendre sur place pour, peut-être, y découvrir des vestiges.

Lors de ma visite, Patrick et Anne, les actuels propriétaires, m’ont très gentiment reçu et permis de découvrir sur le pignon l’emplacement de deux axes, ce qui conforte la présence de deux roues. Ces dernières auraient été enlevées dans les années 50.

2 axes 840

Ensuite, ils m’ont invité à visiter l’annexe qui renfermait le mécanisme. Ce dernier a complètement disparu mais une des grosses meules est toujours en place, scellée dans le sol. Et la seconde ? Patrick et Anne m’ont conduit dans la cour intérieure où j’ai pu la découvrir, installée confortablement dans un parterre accueillant de belles plantations.

Meule intérieure 640

Meule extérieure 640

Dans la prairie jouxtant le moulin, un tunnel en pierre, bien conservé, servait de trop-plein au bief et amenait l’eau excédentaire retrouver le ruisseau. Au même endroit une source coule toujours en permanence et abreuve le cheptel.

PLAN AERIEN 640

Tunnel trop plein 640

SOURCE MOULIN 640

Le moulin fait partie d’une exploitation agricole assez considérable. On y distingue notamment une vaste grange portant le millésime 1826 ; elle est établie contre le versant gauche de la vallée et de larges baies percées dans la façade lui donnent une physionomie particulière. Epousant la courbure de la vallée, une aile regroupant une écurie, le corps de logis et le moulin proprement dit se situe dans le prolongement de la grange. C’est la position de ces divers bâtiments contre le talus formant le bord de la vallée qui explique la dénivellation entre les deux façades de cette longue aile. Le rez-de-chaussée, côté talus, correspond de cette manière à l’étage, côté cour. Malgré ses fonctions diverses, toute l’aile de bâtisse présente une hauteur constante, ce qui assure une large étendue à l’étage habité. On se souviendra que ce qui apparaît ainsi comme un étage du côté cour, correspond au rez-de-chaussée du côté du talus.

1826 640

1826 2 640

Le moulin proprement dit se trouve à l’extrémité de cette aile. Un double élargissement, côté cour, se manifeste dans ce secteur. Le premier correspond à un débordement d’un bon mètre par rapport à l’alignement du corps de logis ; le second élargissement va nettement plus loin. Il est couvert d’une toiture en appentis dans le prolongement de la toiture en bâtière. Une entrée en oblique relie les deux alignements. Au-dessus de la porte (encadrée de piédroits et de claveaux en pierre de taille), une niche abrite la statue de sainte Catherine, patronne des meuniers.

corps logies 640

Minoterie 640

Potale 640

SON HISTOIRE

Sans doute un des plus vieux moulins à eau de la région car on en parlait déjà en 1339, étant la propriété de Otton de Loverval.

En 1350, il appartint au Comte de Namur et en 1547,  à Remy le Foulon qui le transforma en moulin à farine.
En 1554, il fut cédé en location à Hélène BERTRAND-DELVAUX et ensuite à son fils Michel DELVAUX.
En 1566, il portera le nom de « moulin d’Hernivaulx ou moulin d’Harnenvaulx ».

Vers 1603, il fut vendu à un certain Etienne POILVACHE pour la somme de 2.200 florins.

Ferraris moulin Acoz 1701 840

C’est en 1826 qu’une annexe fut construite et tout l’ensemble devint la propriété de la famille de BRUGES.

Vers 1920, le moulin devint la propriété de la famille PIRMEZ qui la mit en location à Joseph et Luce BEGUIN-BERLIER (de 1903 à 1919). Le couple employait Désiré DIMANCHE, Germaine VANGYSEL et Marthe LIBERT.

Octave et Anne-Marie COLLET-DUBUISSON, originaires de Pont-de-Loup, sont arrivés au moulin en 1919. A ce moment, le moulin était toujours en activité et c’était un certain CHEVALIER qui s’occupait de moudre le grain jusqu’en 1920, date de l’arrêt définitif du moulin. Octave et Anne-Marie ont eu 8 enfants dont 4 sont nés à Acoz et en 1927, ils déménageaient à Villers-Poterie, pour tenir la ferme ‘’ Fraiture’’, propriété de la famille PIRMEZ. D’après Franz COLLET, un des fils, ses parents avaient signé un contrat de métayage (Le métayage était un type de bail rural dans lequel un propriétaire, le bailleur, confie à un métayer le soin de cultiver une terre en échange d’une partie de la récolte).

OCTAVE COLLET ANNE-MARIE DUBUISSON 660

6 FRERES COLLET 660

 

Nombreux locataires se succédèrent à Acoz : Henry DUMONT en 1928 et ensuite un appelé Romain DELYSSE.

 

Georges BERGER et son épouse Pauline VANACKER ont repris la ferme du moulin en 1932, aidés de leurs 4 fils : Marcel, Léon, Fernand et René. Après la guerre, Marcel et Fernand leur ont succédé.

Marcel Florence BERGER 640

Marcel et Michel BERGER 400

René BERGER 400

René BEREGER 2 640

René BERGER avait épousé Alice TENRET. Ils tenaient une ferme dans le centre de Villers-Poterie. Ils ont eu trois enfants : Michèle, Guy et Martine.

Georgette BERGER, fille de Marcel, avait épousé André TENRET. Ils tenaient une ferme sise à la rue des Ecoles à Acoz (actuellement propriété de la famille CHIF). Ils ont eu trois enfants : Philippe, Marc et Rita.

 

En 1953, Aloïs CREMELIE, venu des Flandres, s’y installa avec son épouse Elza VAN LAERE. Ce couple eut 8 enfants. En 1973, leur fils Gérard  et son épouse Andréa VAN DE VELDE rachetèrent la propriété et c’est actuellement leur fils Patrick et son épouse Anne VAN DOOREN qui y résident avec leurs trois enfants.
Patrick gère un fameux cheptel de 400 bêtes qui profitent des nombreuses pâtures avoisinantes. Début 2017, il décide de se tourner vers la culture. Il vend tout le cheptel et les pâtures font place à la culture de maïs et autres froments sur une superficie de 120 hectares.

ALOIS ET ELZA 1932 MARIAGE web

ELZA VAN LAERE 1953 web

FAMILLE CREMELIE 1959 web

GERARD et Andréa WEB

Patrick CREMELIE web

 


Je tiens à remercier Franz COLLET, Philippe TENRET, la famille CREMELIE, Christian DENEFFE pour l’aide précieuse apportée  lors de la préparation de ce dossier.

JUIN 2019 640

© Alain GUILLAUME – Septembre 2019

Des accidents ferroviaires à Acoz

Ayant découvert mon dossier consacré à l’ancien site des Usines de Moncheret, publié le 25 avril dernier, Luc DAL (de Gerpinnes) m’a précisé que Georges DAL cité dans mon article, n’est autre que son grand-oncle.

Georges DAL JPEG 72dpi

Il était né à Châtelineau le 6 décembre 1882 et avait épousé Elvire DELAMOTTE.

Il exerçait la profession de dessinateur industriel et aurait participé à la construction des lignes de chemins de fer en Ukraine. Revenu dans son pays natal, il a occupé le poste de directeur des Usines de Moncheret, résidant dans le château jouxtant l’ancien site, avant d’occuper la villa voisine que l’on appelait à l’époque « la Villa du Directeur ».

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Luc se souvient que la famille avait été impliquée dans un grave accident survenu avant la guerre 40-45. Après des recherches, il m’a transmis cette coupure du « Journal de Charleroi » du 4 janvier 1938 qui relatait très bien les faits…

ACCIDENT 1938 DESSUS 300dpi 640ACCIDENT 1938 DESSOUS 300dpi

 

La villa du Directeur

Cette villa appartenait aux Usines de Moncheret et a été occupée par les différents directeurs  qui s’y sont succédé.

On se souvient à Acoz de Victor EUDOXE qui avait remplacé Georges DAL ainsi que de Léon NOEL, le dernier directeur.

Vers 1975, lors de la fermeture définitive des usines, la propriété fut mise en vente et ce serait la famille GEORGES qui l’aurait acquise avant de la revendre à un appelé Giuseppe DI AMICCI. Ce dernier quitta Acoz en 2008 et c’est alors la famille Dominique BOSSIS qui en devint propriétaire. Dominique BOSSIS est l’administrateur de la S.A. DECOCHALET, sise au même endroit.

VILLA DU DIRECTEUR 100dpi 640
Photo récente de « la Villa du Directeur »
LIEU ACCIDENT 100dpi 640
Dominique BOSSIS, l’actuel propriétaire, sur les lieux de l’accident. Tout récemment, l’ancienne ligne de chemin de fer a fait place au RAVeL.

 

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Déraillement d’une locomotive

Déraillement locomotive type 15 100dpi 640

Cette photo m’a été transmise par Etienne et Luc ELOY. Malheureusement on n’a pas d’autres précisions si ce n’est qu’il s’agit d’une locomotive type 15. L’incident s’est sûrement passé aux environs de la gare lors du passage à un aiguillage.

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Accident mortel

Les documents officiels reçus de Geneviève LUSIAUX attestent d’un accident mortel qui se serait passé à la gare d’Acoz le 11 juin 1930. La victime s’appelait Eugène OVANDO.

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OVANDO Eugène 640

Voici la version que m’avait donnée Lucien SAINTHUILE : 

« Eugène OVANDO avait marché avec la Compagnie d’Acoz lors du week-end de la Pentecôte 1930, les 8, 9 et 10 juin. Le dimanche, l’alcool aidant, il aurait eu des paroles déplacées mettant en cause sainte Rolende. Le mardi, il serait retourné à Gerpinnes et aurait passé la grande partie de la nuit dans les estaminets. C’est en revenant à Acoz, très tôt le mercredi, qu’il aurait été happé par le premier train. Ces faits se seraient passés au passage à niveau de la ligne Châtelet-Mettet, au pied de la Croix d’Acoz. »

Suzanne DEGRAUX m’a confirmé les dires de Lucien.

On peut supposer qu’Eugène OVANDO aurait été transporté à la gare et qu’il y serait décédé.

Eugène OVANDO 100dpi 640

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Un camion verse dans un wagon

Les faits se sont passés au quai aux sables, en face de la gare d’Acoz. C’est à cet endroit que les camions venaient benner, dans les wagons, le sable extrait des sablières de Joncret et de Lausprelle.

Là encore, pas de précisions.

Camion quai au sable 100dpi 640

QUAI AUX SABLES 640 2
Photos actuelles du « quai aux sables »

QUAI AUX SABLES 640

 

Grand merci à Luc DAL, Etienne et Luc ELOY, Geneviève LUSIAUX et Dominique BOSSIS.

© Alain GUILLAUME – Juin 2019.

 

L’ancien site des « Usines de Moncheret » à Acoz

En décembre 1891, suite à la faillite de la Société Anonyme des Forges d’Acoz, les installations sises dans les Fonds d’Acoz sont reprises dans la Société Anonyme des Usines de Moncheret.

MONCHERET 1910-1911
Le site des Usines de Moncheret vers 1910.

En 1918, ce site est complètement démantelé et l’activité sidérurgique est transférée sur le territoire de Bouffioulx.

USINES MONCHERET ACOZ - NOV 1918 640

A l’avant-plan, les mulets d’un convoi militaire australien qui a occupé les lieux. On remarquera que deux cheminées sont préservées dont l’une est toujours présente de nos jours et accueille les antennes-relais pour la téléphonie mobile.

Cette vue a été prise en novembre 1918, de la toiture du château de Moncheret qui était occupé par Henri DUPUIS,  le directeur de l’usine. On a gardé aussi le souvenir d’un appelé Georges DAL.

ANCIEN MONCHERET 1905 640 + légende

Château de Moncheret 1909 640

Le château fut démoli et la propriété fut acquise par Adolphe KAKONE. Fin des années 50, début 60, un scandale éclate suite à la découverte de « ballets roses ». (Adolphe Kakone était également propriétaire d’un magasin de vêtements, les ’’GALERIES KAKONE’’ et d’un cinéma que l’on qualifiait à l’époque de « cochon », ’’LE BLED’’, situés tous deux à Charleroi Ville-Basse. Bâtiment majestueux, il fut cependant démoli dans les années 60 afin de permettre la construction du « CENTRE ALBERT ».)

La société COGEFER y a ensuite ouvert une activité de récupération de métaux jusque dans les années 80.

Actuellement le site est devenu la propriété de la société GROSJEAN.

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MONCHERET 1910-1911 640

© Alain GUILLAUME – Avril 2019.

La carrière de grès à Acoz

Lors de la cérémonie d’hommage à nos combattants 14-18 organisée en novembre dernier au cimetière d’Acoz, j’y ai rencontré Etienne et Luc ELOY, venus se recueillir sur la tombe de leur grand-père maternel, Gaston BOUSETTE, (voir le livre « ACOZ ET LA GUERRE 14-18, Geneviève LUSIAUX, pages 105 et 106).
Une conversation s’est engagée et nos échanges se sont concentrés sur l’histoire de notre village. J’ai été agréablement surpris lorsqu’ils m’ont appris que leur père, Joseph, avait gardé certaines archives.

Parmi leurs souvenirs, ils m’ont fait part de l’existence, au 19e siècle, d’une carrière de grès située juste derrière la gare d’Acoz, sur la rive droite du ruisseau, le site étant à cette époque la propriété des communes d’Acoz et de Joncret.

Profitant du nettoyage de l’assiette des anciennes voies de chemin de fer qui va bientôt accueillir le RAVeL, je me suis rendu sur place et j’ai découvert, toujours intact, un pont qui enjambait le ruisseau. De suite, j’ai compris que ce dernier avait été construit pour accéder à cette carrière. Des vestiges de cette exploitation sont encore à peine visibles, la végétation ayant envahi l’endroit.

 J’ai retrouvé une photo datant du 19e siècle représentant le site de la gare. Sa très bonne qualité m’a permis de découvrir cette carrière en pleine exploitation.

Site de la gare 640Carrière agrandie 640

A droite, on y distingue un wagon qui se dirige vers le pont permettant l’accès au concasseur qui calibrait les pierres destinées à l’empierrement des chemins communaux de la région.

En 1880, la carrière était exploitée par MM. HOFFMAN et LAMBERMONT. Une location des bois fut ensuite signée le 30 septembre 1906, pour 18 ans, avec la famille DAFFE ; une prolongation à 27 ans eut lieu le 30 mai 1910.

Je découvre aussi dans un dossier émanant de l’ancienne Régie des Postes, Téléphones et Télégraphes, la liste des premiers abonnés au téléphone et le numéro ’’50.10.29’’ était attribué aux carrières de grès tenues par Sylvain DAFFE (°1864-†1948).
Je visite alors le livre de Geneviève pour faire la connaissance de sa famille. Sylvain avait épousé Aline TENRET (°1866-†1926). De leur union sont nés trois enfants : Léon (°1887-†1959), Lucie (°1889-†1925) et Adolphe (°1896). Lucie a épousé Gaston BOUSETTE (°1889-†1955), ils ont eu deux filles : Malvina (°1920-†2017) et Francine (°1925-†2014) qui a épousé Joseph ELOY le 3 octobre 1950 ; de leur union sont nés six enfants : Thérèse, Etienne, Luc, Anne, Béatrice et Xavier.

Sylvain Daffe locomotive_InPixio 640Sylvain DAFFE dans la carrière devant la petite locomotive qui tirait les wagonnets.

Wagonnets carrière Daffe_InPixio 640

Ce dossier m’apprend également que les bureaux de la carrière étaient installés dans l’annexe de l’immeuble de la famille DAFFE sis à la rue de la Station 55 (actuellement rue de Moncheret 137). Cette annexe allait accueillir vers 1950 le bureau des postes, dirigé par Joseph Eloy, sous-percepteur.

La maison de la famille DAFFE 640

La maison familiale avec, sur la gauche, l’annexe qui abritait les bureaux de la carrière et qui allait, plus tard, accueillir le bureau des postes.

Etienne et Luc me signalent que Sylvain DAFFE y avait fait aménager des mansardes dans le grenier pour y loger des ouvriers carriers.

CARRIERES DAFFE 1913 1 640

Sur cette photo datant de 1913, seul l’adolescent, bouteille à la main, a pu être identifié. Il s’agissait d’un nommé Georges VANHERCK de Lausprelle. Quant à l’ouvrier de gauche, montrant une pièce de monnaie, il semble dire : « voyez comme nous gagnons notre vie ! ».

L’activité de la carrière cessera en 1929. La cause exacte n’est pas connue, due peut-être à la la retraite de Sylvain DAFFE, ou au décès de son épouse en 1926 ou encore à un conflit avec les communes d’Acoz et de Joncret.

Plan 1 640

Plan 2 640

 

Deux articles relatifs à l’immeuble familial sont en préparation et seront publiés prochainement.

 

© Alain GUILLAUME – Mars 2019.

Le passage à niveau d’Acoz-Centre

Etienne et Luc ELOY m’ont récemment proposé la publication d’un petit dossier émanant de leur père Joseph…

Premier état du passage à niveau d’Acoz-Centre

Sur le poteau devant la deuxième femme, se trouvent la manivelle et le treuil actionnant la lisse servant de barrière lors du passage d’un convoi.

Nous ne voyons pas de voie ferrée, sans doute le rail-way est-il encore sur l’assiette de Morialmé-Châtelineau, le long de la route. Par contre, la grande surface plane à l’avant serait peut-être l’assiette de la future ligne de l’Est vers Florennes. On peut situer cette photographie vers 1850-1855.

                                                                                                  (Note de Joseph ELOY).

Barrière Acoz-Centre 300_InPixio 640

Reconstitution barrière 640

Reproduction du treuil 640

MONCHERET 1909-1910 640
Sur cette photo, à l’avant-plan, on distingue les vestiges du rail-way de l’assiette Morialmé-Châtelineau. A gauche, entre les palissades et les usines de Moncheret, la maison du chef de la station de la « Compagnie de Chemin de Fer de Morialmé à Châtelineau ». (Photo prise 1910-1911)

© Alain GUILLAUME – Mars 2019.

La période des foins

René DEGRAUX 2 840 cc
Gaby STÉVAUX et René DEGRAUX dans le champ en montant la rue de la Raguette où fut construite la cité Hector POULEUR. A l’arrière-plan, la propriété de la famille STÉVAUX.

René DEGRAUX 1 840 cc
Gaby STÉVAUX, René DEGRAUX et Jean DELFORGE.




En me montrant ces deux photos Gaby STÉVAUX me dit :

« Tu sais, Alain, ces deux photos sur lesquelles on reconnaît René DEGRAUX et moi sur le cheval ont été prises par mon père en juin 1957 à la période des foins. Ces photos me remémorent l’émoi et le trouble suscités au plus profond de mon âme d’enfant dans les jours qui ont suivi. Les détails très précis de cette histoire me serrent la gorge encore aujourd’hui comme si ces faits s’étaient déroulés hier ».

J’ai trouvé le récit de Gaby émouvant et attachant. Il sonne un peu comme un conte pour enfant. Voici ce que Gaby me dit :

Un rêve de gosse

« René DEGRAUX, le cheval et moi avons une histoire qui nous unit fortement, dans mon esprit en tous cas, une histoire aussi touchante et merveilleuse qu’elle puisse l’être dans la tête d’un gosse. Enfant de 6 ans, l’évènement avait suscité en moi une émotion tellement forte que mon histoire était devenue Histoire.

En fait, depuis ma plus tendre enfance j’étais fasciné, envouté même par le monde animal en général, par les grands chiens bien sûr – nous en avons eu beaucoup qui se sont succédé – mais j’avais aussi énormément d’affection pour d’autres animaux, comme les chevaux par exemple. Il faut dire qu’à la maison, outre notre chien qui était le copain quotidien de mes jeux et à qui je confiais mes joies et mes petits chagrins, nous étions entourés de nombreux d’animaux : poules, chèvres, lapins, dindons, canaris, poissons et même des abeilles puisque mon père possédait plus de trente ruches.

Toujours, je recherchais la compagnie des animaux. J’ai le contact facile avec eux, encore aujourd’hui. J’aime les approcher, les caresser bien sûr, mais aussi sentir leur chaleur, respirer leur odeur et, en leur parlant doucement, je tente de leur communiquer mon affection pour leur offrir mes différences d’humain. J’essaye de percevoir leurs sentiments, de comprendre ce qu’ils veulent me dire en m’efforçant de créer complicité et confiance avec eux. C’est sans doute ma situation familiale d’enfant unique qui explique cela, au moins en partie.

Comme les autres enfants de village, j’étais très proche de la nature. Mon grand-père m’apprenait à distinguer les différentes espèces d’oiseaux de nos régions et leurs chants, à jardiner aussi et, étant menuisier, il m’initiait au travail du bois et à l’usage des outils. Il m’expliquait comment discerner les principales essences et à reconnaître les arbres.

Bref ! René DEGRAUX, brave homme au demeurant mais blagueur aussi, a vite deviné mon attirance pour son cheval. Du coup, il n’a rien trouvé de mieux que de me fourrer dans la tête, moi tout gosse, qu’il pouvait me procurer un cheval. Ce serait même un jeune cheval, déjà dressé et parfaitement adapté à ma taille.

J’ai avalé ça tout cru !

Je croyais dur comme fer à cette idée d’autant plus que René m’avait habillement glissé dans l’oreille que ce cheval m’était promis par la baronne en signe d’amitié pour les services rendus par mes grands-parents et arrière-grands-parents. C’était vraisemblable pour moi puisque mon arrière-grand-père avait été jardinier au château d’Acoz et que mon grand-père y avait travaillé comme menuisier. D’ailleurs,  à l’époque de cette histoire, alors que nous avions déjà aménagé à la rue de la Raguette, mon grand-père faisait encore des réparations au château.

Dès lors, persuadé que j’allais posséder un cheval pour moi tout seul, j’ai commencé à construire un box pour l’accueillir. Je savais me servir des outils de menuisier. En effet, ayant observé des heures durant jusqu’à en tomber de sommeil mon grand-père suant sang et eaux sur son établi, celui-là même sur lequel je travaille encore aujourd’hui, je savais très bien à quoi servaient et comment utiliser ses bouvets, trusquins, varlopes, scies à chantourner, gouges, planes, et autres vilebrequins. De plus, tous les matériaux nécessaires étaient à ma portée : planches, vis, clous, fils de fer, treillis. Rien ne manquait !

Je me suis donc mis à la tâche avec courage et détermination. Mes travaux allaient bon train, car la construction de ce box était devenue ma véritable obsession. On appellerait cela névrose obsessionnelle aujourd’hui. En effet, pendant des semaines, j’ai consacré le moindre de mes instants de liberté à la construction de mon rêve.

Mon père et mon grand-père ont bien essayé de freiner mes ardeurs en me disant :

 – «  Ton box est trop petit, ton cheval ne saura pas y entrer »

 – « Mais si qu’il pourra y renter car c’est un petit cheval »

– « Et que vas-tu faire de ton cheval quand tu seras à l’école ? »

« Eh bien je le laisserai brouter l’herbe des pelouses, en plus il nous évitera de devoir les tondre ! »

– « Oui, mais il faudra aussi le nourrir de blé et d’avoine !

– « Je lui donnerai des graines des poules ». Avais-je répondu.

Il faut dire qu’à cette époque nous avions beaucoup de poules, nous en avons eu près d’une centaine et nous vendions leurs œufs aux habitants du quartier. Notre réserve de graines était donc importante. Les graines que je croyais naïvement pouvoir être consommées par MON cheval ne manqueraient pas. J’étais dans ma bulle, je ne vivais qu’au travers de ma propre réalité : J’ALLAIS AVOIR UN CHEVAL ! Et peu importait ce que mon père et mon grand-père disaient.

A bout d’arguments et, bien conscients tous deux qu’ils brisaient un rêve de gosse, ils furent contraints à regret de me dire que René DEGRAUX m’avait fait une farce, que tout ça n’était pas vrai et que je m’étais monté la tête.

Je ne les ai pas crus et j’ai repris mon travail de plus belle, avec encore plus d’ardeur et de conviction. Mon obstination avait atteint un point tel que je ne prenais plus le temps de manger pour m’encourir aux travaux de construction de mon box.

Mon père s’est alors pris d’une colère noire justifiée par le fait que non seulement rien ne m’arrêtait mais surtout, je crois, PARCE QUE je persistais à croire ce que René m’avait fourré dans le crâne, mais pas ses démentis à lui, … mon père !

Vu l’impasse dans laquelle cette situation nous avait menés, mon père a dû se résoudre à aller trouver René pour le sermonner et lui enjoindre de me dire la vérité … ce que René a finalement fait.

J’ai beaucoup pleuré… »

——–

Suite à cet émouvant témoignage, j’ai voulu en savoir plus sur René et le cheval. J’ai donc contacté son petit-fils Michel qui m’a répondu :

« Le cheval s’appelait Mousette, un des trois chevaux de ma tante Germaine DEGRAUX (sœur de René) et de son époux Marcel TENRET qui tenaient la ferme à la rue des Ecoles (actuellement la propriété de la famille CHIF).

Ils ont déménagé vers 1954-55 pour occuper la maison natale de Marcel, à la rue de la Tour Octavienne (actuellement de Mireille RAVASIO, veuve de Michel SCIEUR). La ferme de la rue des Ecoles a été reprise par leur fils André et son épouse Georgette BERGER. Ces derniers ont eu trois enfants : Philippe, Marc et Rita.

Mes grands-parents habitaient à la ferme MEUNIER, à la rue des Ecoles (dans le cul de sac, en face de chez Etienne et Véronique BASTIN-DEGUELLE). Mes parents, mon frère René et moi-même partagions l’immeuble. »

 

© Alain GUILLAUME – Février 2019.

Les plaisirs d’hiver

Cette photo m’a été transmise par Gaby STÉVAUX. La prise de vue a été réalisée par son père Albert en 1953, vraisemblablement dans la prairie en montant la Raguette où l’on a construit les premières rangées des cités Hector Pouleur.

TRAINEAU BULTOT 840 c

© Alain GUILLAUME – Janvier 2019.

 

Suite à la publication de cette photo, Michel GÉRIMONT a tenu à réagir :

« Je me souviens que le traîneau sur lequel je suis assis m’a été offert par ma tante Gilberte, la soeur de ma mère. Elle l’avait commandé à René STÉVAUX, menuisier et grand-père de Gaby. Il était plus haut que ses voisins et en pur chêne.

A l’époque, on s’élançait du haut de la prairie, on tournait à gauche pour descendre à toute vitesse la rue de la Raguette jusque l’actuelle rue de Moncheret. L’inconvénient, c’était le sable et les cendres que les riverains étendaient sur tout notre parcours. »

Alain GUILLAUME – Février 2019.