L’oeuvre de l’alimentation de l’enfance

ONE 1918 640

L’O.N.E.

L’Œuvre Nationale de l’Enfance (ONE) est fondée en 1919, dans le souci de lutter contre la mortalité infantile et de venir en aide aux familles par une aide alimentaire. Elle entend poursuivre les actions mises en œuvre par le Comité national de Secours et d’Alimentation durant la Première Guerre Mondiale.

Dès sa création, cet établissement public – c’est-à-dire une institution dotée de la personnalité juridique et qui a pour objet un service d’utilité générale – dispose d’une large autonomie de gestion.

En matière d’organisation, on se trouve dans une logique de subsidiarité. Ce qui signifie que l’Œuvre encourage les initiatives locales (aides financières) et leur fixe un cadre de fonctionnement (agrément). L’ONE ne prend l’initiative qu’en cas de carence des œuvres. A l’époque, cette logique préside également dans tous les secteurs sociaux : les sociétés de retraites, les caisses d’épargne et de prévoyance, les mutuelles, les coopératives, les syndicats, etc.

La mission de l’ONE est définie dans l’article 2 de la Loi du 5 septembre 1919 qui précise que : L’Œuvre Nationale a pour attributions d’encourager et de développer la protection de l’enfance, et notamment : de favoriser la diffusion et l’application des règles et des méthodes scientifiques de l’hygiène des enfants, soit dans les familles, soit dans les institutions publiques ou privées d’éducation, d’assistance et de protection ; d’encourager et de soutenir, par l’allocation de subsides ou autrement, les œuvres relatives à l’hygiène des enfants ; d’exercer un contrôle administratif et médical sur les œuvres protégées. D’emblée les missions de l’ONE sont définies dans une optique d’éducation sanitaire, ce qui est relativement innovant pour l’époque.

La lutte contre la mortalité infantile est au centre de l’action des consultations pour enfants (« de nourrissons » disait-on à l’époque), des Gouttes de lait, des Colonies et des Centres de vacances. Et l’on constate effectivement, dans la plupart des pays industrialisés, une simultanéité entre le déclin de la mortalité infantile, l’amélioration des conditions de vie de la famille, et du niveau d’éducation scolaire des futures mères et la mise en place puis la généralisation de moyens efficaces permettant d’améliorer sensiblement la nutrition et l’hygiène des nourrissons.

(Sources : O.N.E.)

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© Etienne ELOY et Alain GUILLAUME – Octobre 2021.

Les dernières élections communales acoziennes

Au cours du premier siècle de l’indépendance de la Belgique, la commune d’Acoz a connu quatre bourgmestres. Eugène-François de DORLODOT fut le premier bourgmestre nommé de la Belgique indépendante le 29 septembre 1830. Trois de DORLODOT se succèdent : Eugène, Léon et René (voir mon ouvrage « ACOZ de A à Z », tome 1, pages 162-163).

4 de DORLODOT 640

Lors des élections communales de 1952, le parti socialiste (P.S.B.) prend le pouvoir et la place de bourgmestre revient à Fernand POULEUR, figure bien connue dans le village. Les deux places scabinales sont attribuées à Amour GERARD et Fernand ADAM.

Lire la suite « Les dernières élections communales acoziennes »

René MOURIALMÉ, acozien de cœur, nous a quittés

Récemment, nous avons appris le décès de René à  l’âge de 75 ans.

René MOURIALME 500

Avec son frère Christian et sa sœur Marie-Thérèse, ils ont été élevés par leur mère Renée, jeune veuve de son époux Edouard.

Aux côtés de ses nombreux copains, il a fréquenté l’école gardienne du couvent auprès de Sœur Camille ainsi que l’école communale dirigée à l’époque par Gaston BUSINE.

Très ouvert à toutes les activités du village, on retiendra son attachement à la Marche Saint-Roch et Saint-Frégo ainsi qu’à la fanfare locale dont il porta avec fierté les drapeaux. A l’appel du comité des jeunes, on se souviendra aussi de son rôle de saint Nicolas lors de la visite du grand saint en décembre 1973 (voir ce blog, SAINT NICOLAS EN HELICOPTERE, catégorie «Souvenirs», décembre 2019).

RENE JEAN-CARLO 640

Après son mariage avec Lydia, le couple allait reprendre la gérance du magasin LOUIS DELHAIZE de 1970 à 1974  (voir ce blog, LES « MAGASINS » A ACOZ, catégorie «Acoz d’antan», décembre 2020).

RENE LYDIA 500

Ce fut ensuite le déménagement pour leur nouvelle demeure à Biesme. C’est là qu’il s’investit à nouveau dans la marche locale en acceptant la présidence et la place de sergent-sapeur.

En 1993, lors de la réfection de la chapelle Saint-Frégo, il aidera le corps d’office d’Acoz en proposant la vente d’ardoises naturelles au prix coûtant. René ne nous avait pas oubliés.

A ses heures de détente, René pratiquait l’art de la peinture. Autodidacte, il réalisa de nombreuses toiles principalement des natures mortes et des paysages. Là aussi, son Acoz retint son attention en peignant deux panoramas à partir de vieilles cartes postales.

Peinture 1 R. Morialmé 640

Peinture 2 R. Morialmé 640

Ces dernières années, sa santé déficiente lui causera bien des soucis et les séjours en milieu hospitalier se sont succédé jusqu’à ce 2 août 2021 où il nous quittait à tout jamais.

A son épouse Lydia, à sa fille Isabelle et à toute la famille, nous présentons nos sincères condoléances et les assurons de toute notre sympathie.

© Alain GUILLAUME – Août 2021.

La croix du lieu-dit « Croix d’Acoz » ressuscitée

Une croix en fonte était plantée dans le dernier virage en montant la route de Châtelet-Florennes (N975), au lieu-dit « Croix d’Acoz ». Quelques versions ont été avancées quant à ses origines mais sans y apporter des preuves réelles.

LA CROIX D'ACOZ 640

Elle n’est en tout cas pas liée au lieu-dit « Croix d’Acoz » (en wallon « Crwè d’Ôco ») puisque ce dernier est déjà cité dans l’ouvrage « Toponymie des Communes d’Acoz et de Joncret »  de Joseph ROLAND (1946).

TOPONYMIE ACOZ 640

Multi-centenaire, cette croix avait été endommagée en juin 2010, percutée par une voiture conduite par Jean-Marie MICHEL de Gerpinnes. Je suis allé trouver ce dernier qui m’a relaté les faits : « Un après-midi de juin 2010, je revenais de Caterpillar après ma journée de travail. Une température étouffante. Arrivé dans « l’S d’Acoz », je me souviens d’avoir négocié les deux premiers virages sans problème et ensuite, c’est le trou noir, je me suis retrouvé sur le côté gauche, ayant embouti la croix. Le temps de reprendre mes esprits, j’ai ramassé les débris et suis allé les déposer chez André MENGEOT, lui demandant s’il était possible de la réparer ».

Les années passent et nous voici en 2020. Daniel NEUMANN, propriétaire de l’immeuble sis en face de l’infortunée croix, rencontre Eddy ANCIAUX et lui narre l’incident. Eddy se rend chez Jean-Marie MICHEL pour en savoir plus. S’ensuit la visite chez André MENGEOT où l’on retrouve les débris dans un coin de son atelier. Quelques jours plus tard, André avait reconstitué la « blessée ». Sablage, soudure, peinture. « Guérie », elle était prête à retrouver son emplacement.

André MENGEOT 320 cadré

Daniel NEUMANN 320

Eddy ANCIAUX 320

En août 2020, Daniel NEUMANN a préparé les lieux… Jean-Marie et André ont coulé un nouveau socle et fixé la « ressuscitée ».

CROIX 640

Voilà Jean-Marie MICHEL satisfait et surtout soulagé !

Un grand merci à tous les acteurs qui ont participé, de près ou de loin, à cette belle action.

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© Alain GUILLAUME – Mai 2021

Décès de Roméo Alconetti (Alcuniti)

En février 2019,  j’avais publié sur notre blog l’avis de décès de Carlo ALCONETTI.

Venant d’Italie, la famille ALCONETTI s’était installée à Acoz vers 1946-47.  Elle occupait une humble demeure dans les « Fonds d’Acoz » avant de rejoindre le centre du village pour vivre dans la maison de l’actuelle pharmacie de la rue de Moncheret. Les 3 fils (Roméo, Carlo et Roberto) ont fréquenté l’école communale dans les classes de Messieurs BUSINE et BEAURIR. Très vite, ils s’étaient facilement intégrés et comptaient de nombreux amis.

Adultes, ils avaient tous rejoint leur pays d’origine

Ce matin, j’ai eu contact avec Roberto qui m’a fait part du décès de Roméo, l’aîné des trois frères. Roméo était né le 29 février 1944 et est décédé le 3 décembre 2016.

Roberto a découvert notre blog et le visite régulièrement. Son message se terminait par cette petite phrase touchante : « j’embrasse tous mes amis. Ciao ! »

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© Alain GUILLAUME – Mai 2021.

Précisions sur Emile POULEUR, dit « Mon’dî »

Suite à l’article paru dans mon livre « ACOZ de A à Z » (tome 1, pages 40 à 45) et du dossier sur ce blog (LES SOBRIQUETS, catégorie « patrimonie, souvenirs » de janvier 2019), j’apporte quelques précisions :

Son prénom est EMILE et non ERNEST comme renseigné dans le livre.

Son père s’appelait Elisée (dit Eloi) POULEUR et sa mère Célinie MONDI(Y).

Ils habitaient à l’actuelle rue des Ecoles 5 (ancienne dénomination : rue du Centre 159). L’immeuble fut incendié le 24 août 1914.

Emile a tout d’abord épousé Amicie REMY (à Biesme le 30 avril 1910). De cette union sont nés deux fils : Fernand (né en 1912 et décédé en 1942) et Albert (né en 1917 et décédé en 1918).

Suite au décès d’Amicie en 1919, Emile s’est remarié à Anna MICHAUX (année inconnue).

Il connut un second veuvage et épousera Mathilde (H)ANCART le 10 février 1949.

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Sur base du livre « ACOZ ET LA GUERRE 14-18 » (Geneviève LUSIAUX et Guy ANTOINE), des archives de feu Joseph ELOY et archives personnelles.

© Alain GUILLAUME – Avril 2021.

L’Ecole du Couvent et les Soeurs de la Providence

A l’initiative de la Baronne Marie-Thérèse Eugénie de Dorlodot, épouse d’Antoine del Marmol, fille du Baron Eugène-François de Dorlodot (maître des forges, industriel, premier bourgmestre d’Acoz et sénateur), l’école du couvent a été construite en 1858 sur une parcelle appartenant à sa famille, au sud-ouest du village.

Afin que les enfants d’Acoz et des environs reçoivent une éducation religieuse, la bienfaitrice avait décidé d’y fonder une école libre en faisant appel à une congrégation de sœurs enseignantes. Son choix s’est porté sur les Sœurs de la Providence de Champion.

Sœur NORBERTINE et Sœur MARIE-DELPHINE sont arrivées à Acoz le 30 avril 1867 pour y ouvrir, le 1er mai, deux classes primaires. En 1890, une école gardienne voit le jour mais va s’installer dans les locaux de l’ancienne école communale sis derrière l’église Saint-Martin. La classe sera tenue par Sœur ERNESTA. A cette époque, ce même bâtiment abritait aussi le presbytère.

Entrée en religion en 1889, Sœur IRMA fut nommée supérieure de « l’Ecole du Couvent » en 1898. Elle y consacrera sa vie entière à l’instruction des enfants d’Acoz et des environs. (voir mon livre « ACOZ de A à Z », tome 1, pages 47 à 51).

La guerre de 1914 fut la cause d’un bouleversement de plusieurs années dans le personnel enseignant. Sœur IRMA fut arrêtée le 9 octobre 1915 et condamnée à 2 ans de prison le 4 janvier 1916. Elle sera transférée à Siegburg (Allemagne) le 10 janvier. Elle y est restée jusqu’au 4 janvier 1918. Plusieurs maîtresses se succédèrent au 3ème degré primaire pour remplacer Sœur IRMA : d’abord Sœur JOSEPHA, ensuite Sœur SYLVANIE, Sœur EXINA et Sœur HELENE, Mademoiselle Lucienne MARTIN et Mademoiselle Maria OGER. Sœur IRMA reprit sa classe le 1er octobre 1920 et continua ses fonctions jusqu’au 4 février 1938, date à laquelle la maladie l’obligea à prendre sa retraite d‘enseignante. Elle fut mise en disponibilité le 30 août 1938. C’est Mademoiselle Maria ROBA, de Farciennes, qui assura l’intérim jusqu’aux vacances.

En 1916, Sœur CAMILLE rejoint le couvent. Elle se dévouera pour les petits de l’école gardienne jusqu’en septembre 1959. Elle quittera Acoz pour rejoindre la congrégation de Champion en août 1964.

En 1917, Sœur SIDONIA prit la place de Sœur SYLVANIE jusqu’en 1920. Elle fut alors remplacée par Mademoiselle Blanche DAFFE de Gougnies qui quitta l’école le 24 décembre 1923.

En 1921, les supérieures de Champion envoyèrent Soeur JULIENNE pour aider Sœur IRMA dont la santé était ébranlée par son séjour en Allemagne. Sœur JULIENNE fit l’intérim jusqu’en avril 1922 et le 1er janvier 1924, elle fut nommée à titre définitif à la première classe primaire (1ère, 2ème et 3ème années).

Il a fallu attendre septembre 1938 pour enregistrer la nomination de la première enseignante laïque, en l’occurrence Mademoiselle Andrée BUSINE, habitant la localité. Cette dernière quittait l’école de Châtelet où elle était en fonction. Elle enseigna au 3ème degré, en remplacement de Sœur IRMA.

En 1940, malgré la guerre, à la demande de Madame FROMONT, inspectrice cantonale, et sur ses pressantes sollicitations, on entreprit des travaux en vue d’aménager une salle pour le 4ème degré primaire. En 1941, cette classe dite « 4ème Degré » voit le jour, permettant aux étudiantes sortant des primaires qui ne poursuivaient pas leurs études de recevoir en deux ans des notions de coupe, de couture et de cuisine… les préparant à une future vie familiale. Elle fut confiée à Mademoiselle Madeleine PACLES, fraîchement diplômée de l’école normale de Champion. En 1943, elle quitte l’école d’Acoz pour des études de régendat. Elle fut remplacée par Mademoiselle Louise THERASSE d’HOEY et Mademoiselle Marie-Louise BOVESSE de Franière.

En 1946, Mademoiselle Andrée BUSINE reprit la classe. Mariée à Joseph GENOT en 1948, elle prit un congé de maternité du 3 mai 1949 au 3 juillet 1949. Son remplacement temporaire fut assuré par Sœur SAINT HENRI (Elisabeth FAGNARD). Un second congé de maternité lui fut octroyé du 31 mai 1950 au 30 novembre 1950.

Madame Marie BASTIN, épouse de Pol COLINET, est nommée provisoire le 1er décembre 1950 et reçoit sa nomination définitive le 1er mars 1952. Elle enseignera aux 2ème et 3ème degrés. Vers 1960, elle quitte Acoz pour reprendre la direction de l’école paroissiale de Presles.

En septembre 1954, Sœur JULIENNE, ne pouvant plus enseigner à cause de la faiblesse de sa vue, s’adonna aux travaux du ménage, de la lingerie, de jardinage… sans oublier la préparation de l’excellent cacao offert aux élèves à la récréation du matin.

Le 23 décembre 1956, décès de Sœur IRMA. Elle repose au cimetière d’Acoz.

En août 1957, Sœur MARIE EULALIE est nommée supérieure de la maison.

En août 1958, Sœur BERTHA rejoint le couvent d’Acoz. Elle le quittera le 1er mai 1961 et sera remplacée par Sœur JOSEPH MARIE.

Fin juin 1971, la dernière religieuse quitte l’école et l’enseignement primaire est ouvert à la mixité, imposée par l’Abbé Albert DOUBLET, curé de la paroisse Saint-Martin.

 

Quelques précisions

  • L’école du couvent accueillait les jeunes filles du village, de Joncret, de Lausprelle, de Villers-Poterie et même de Gougnies.

  • Le bâtiment construit en 1858 était de forme rectangulaire. Les deux grandes pièces du rez-de-chaussée (côté façade avant) accueillaient deux classes primaires. Les pièces arrière que l’on appelait « la clôture » étaient réservées aux religieuses avec la cuisine, le parloir et la salle à manger. L’accès était interdit aux élèves. L’étage était exclusivement destiné aux chambres des religieuses, la chapelle et la sacristie.

  • En 1885, à la mort de la fondatrice Marie-Thérèse Eugénie de Dorlodot, le Chanoine Henry de Dorlodot accepta de la remplacer. Jusqu’à son décès en 1929, il s’intéressera beaucoup à l’école du couvent. Il laissera son œuvre à une société sans but lucratif « Le Crédit des Œuvres Ouvrières et de la Charité » établie à Bruxelles, rue d’Edimbourg. Elle versait la somme de 2.500 francs par an et intervenait dans les grosses dépenses de l’école du couvent.

  • Sœur NORBERTINE, qui fut la fondatrice de l’école en 1867, enseigna sans diplôme (l’école étant libre) jusqu’en 1885. L’école ayant été adoptée par la commune, une diplômée fut exigée. Sœur NORBERTINE resta supérieure jusqu’en 1895, puis désira rentrer à la maison mère et y décéda le 24 septembre 1898. Sœur EUGENIE, venant d’Anthée, l’avait remplacée comme supérieure. Elle mourut subitement le 13 juillet 1898 et fut inhumée au cimetière d’Acoz.

  • En 1908, la chapelle du couvent reçut l’autorisation d’y abriter le Saint-Sacrement. Les offices religieux y étaient surtout célébrés les jours de grands froids, l’église paroissiale n’étant pas chauffée. Les célébrations ont pris fin vers 1960-65, après l’installation du chauffage par accumulation électrique dans l’église Saint-Martin.

 

Le Pouvoir Organisateur

  • En 1962, la présidence était assurée par Albert STEVAUX et la trésorerie était confiée à Jean HOSPEL.
  • En 1970, Marcel DEBERGH devient président, la trésorerie reste confiée à Jean HOSPEL.
  • En 1972, le comité est composé de Marcel DEBERGH, Joseph THYS, Madeleine MASSET, Cécile JACQUES (épouse Michel GERIMONT), Yvan SAINTHUILE, Jacques DEGUELLE, Joseph-Vital GUILLAUME, Jean HOSPEL, Abbé Albert DOUBLET. (Mandataire pour l’Etat : Marcel DEBERGH).
  • En 1975, lors de l’arrivée de l’Abbé Cao VAN LUAN, le baron Edouard PIRMEZ reprend la présidence, place qu’il conservera jusqu’à son décès en 1999. Jean-Pierre CHALLE s’occupera de la trésorerie.
  • Actuellement, la présidence est assurée par Jean-Pierre CHALLE, la trésorerie par Alain POSTIAU et le secrétariat par Marie-Agnès MONNOYE.
  • Le pouvoir organisateur est actuellement propriétaire des bâtiments et terrains et agit en tant que personne morale. (Statut juridique : ASBL Ecole Libre Mixte d’Acoz).

Les travaux et transformations

  • En 1910, deux parties de terrain contigües à l’école d’une superficie de 17 ares 4 centiares ont été achetées par la famille de Dorlodot pour agrandir la cour de récréation qui mesurait 7 mètres sur 4. Il y eut aussi l’achat d’une bande de terrain de 1 are 14 centiares 79 à un autre propriétaire pour la construction d’un préau.
  • En 1926, la classe gardienne se tenait toujours dans l’ancienne école communale sur la place de l’église. Ce bâtiment devenant insalubre et inhabitable, le Chanoine Henry de Dorlodot résolut d’adjoindre l’école gardienne à la primaire et fit construire le bâtiment avec la scène de théâtre. Ce grand bienfaiteur voulut que cette classe fut tout à fait moderne et, à cet effet, ne recula devant aucune dépense. En 1928, on y installera le chauffage central dans tous les locaux.
  • Dans les années qui ont suivi le décès de Chanoine Henry de Dorlodot en 1929, construction d’une grande cuisine avec une serre pour les religieuses, financée grâce aux bienfaiteurs et aux séances, dons, etc…
  • En 1941, à la demande de l’inspection, une salle pour accueillir le « 4ème degré » fut aménagée dans la grande cuisine des religieuses. La dépense s’est élevée à 62.940 francs. Le mobilier a été payé par des amis de l’école (le bureau et 25 tables pour la somme de 10.721 francs).
  • En 1946, une somme de 7.390 francs a été requise pour diverses réparations. Elle a été soldée par les recettes d’une séance récréative. Le « 4ème degré » a été pourvu d’une cuisinière électrique et d’une batterie de cuisine pour 7.015 francs, somme offerte par les bienfaiteurs de l’école.
  • Toujours en 1946, des amis de l’école ont fait don d’un appareil à projections, de collections de films catéchisme, etc… Coût : 6.483 francs.
  • En 1947, un grand travail, a été entrepris au mur entourant la cour. Les pierres ont été récupérées sur les ruines de la maison incendiée en 1914, en face de l’église paroissiale Saint-Martin. Cette maison était la propriété de la famille de Dorlodot. Coût : 16.200 francs payés par la société sans but lucratif « Le Crédit des Œuvres Ouvrières et de la Charité ».
  • En 1951, construction des quatre WC avec fosse septique. Coût : 18.980 francs payés par la société sans but lucratif « Le Crédit des Œuvres Ouvrières et de la Charité ».
  • Fin 1953, pendant les vacances de Noël, des travaux ont été entrepris pour l’installation du chauffage central au mazout pour la somme de 32.700 francs. Cette dépense fut couverte par des dons, séances théâtrales et fancy-fair.
  • Fin 1954 et en 1955, travaux de plafonnage, de peinture, de menuiserie dans les différentes classes et au préau pour la somme de 23.232 francs.
  • Le mobilier de l’école gardienne fut entièrement renouvelé en avril 1956 pour 16.871 francs, somme qui fut payée par les anciens élèves de Sœur CAMILLE. Le mobilier fut amélioré en 1961 et financé par le pacte scolaire.
  • En 1959, les fenêtres des deux classes primaires furent remplacées par une fenêtre unique pour chaque classe ; coût 42.271 francs financé par Mademoiselle Jeanne de DORLODOT. Le mur vis-à-vis de la façade avant a été abattu et remplacé par un muret surmonté de barres métalliques.
  • En 1960, le mobilier des deux classes primaires fut renouvelé, les locaux repeints, aux frais du pacte scolaire. Pendant les vacances de Pâques, la cour de récréation fut macadamisée, ce qui occasionna un coût financier d’environ 40.000 francs (20.000 francs payés par le Baron René de DORLODOT et 20.000 francs par les arriérés des locations de l’école gardienne dus par l’administration communale).
  • Le 15 mai 1961, une seconde classe gardienne fut ouverte. Elle fut reconnue par le ministère – sans restriction – en janvier 1962. Un nouveau local étant nécessaire, des constructions sont envisagées. La nouvelle classe gardienne s’est tenue aux parloirs des religieuses, tandis que la construction du local commençait en août 1962. La bénédiction eut lieu le 15 septembre 1963 par le Doyen de Châtelet, venu en même temps fêter le jubilé de 50 ans de vie religieuse de Sœur JULIENNE. La nouvelle classe fut occupée dès la rentrée de septembre 1963.

 

La population scolaire

1890      110 élèves

1916        43 élèves        (24 en primaire et 19 en maternelle)

1921        57 élèves        (25 en primaire et 32 en maternelle)

1998      120 élèves       (70 en primaire et 50 en maternelle)

2021      220 élèves      (145 en primaire et 75 en maternelle)

 

Les précisions de Rolande MAROIT

  • Au départ de Soeur JULIENNE, Champion envoie pour la remplacer Sœur MARIE DE LA NATIVITÉ. Elle enseigne en 4ème, 5ème et 6ème années et Madame COLINET doit prendre la classe des 1ère, 2ème et 3ème années.
  • A l’école maternelle, Francine BRUAUX, épouse GALAND, remplacera Soeur CAMILLE.
  • Une 2ème classe maternelle est ouverte en 1961, tenue par Christiane LAMBERT. En 1962, Marie-Henriette BUSINE la remplace. Pendant la construction de la nouvelle classe, Madame GALAND enseignera dans un local de l’école communale. A la même époque, un petit local est construit sous le préau. Il servira de réfectoire, car jusqu’alors les élèves mangeaient dans le local en-dessous de la scène ; on y accédait par un escalier et une porte qui donnait sur la cour. A l’époque peu d’enfants dînent à l’école. Petite anecdote : le local n’est pas rectangulaire, un coin est découpé pour permettre à Soeur JULIENNE d’accéder facilement à son jardin. Le tilleul qui ornait la cour est abattu pour permettre la construction.
  • En primaire, Mademoiselle CAUSSIN remplace Madame COLINET. En 1961, elle est remplacée par Monique BERNY. En 1962, Rolande MAROIT reprend la classe du degré inférieur tandis que Monique BERNY enseigne la couture au 4ème degré et à l’école secondaire de Thy-le-Château. Soeur JOSEPH-MARIE enseigne aux degrés moyen et supérieur et Madame GENOT au 4ème degré.
  • Soeur JOSEPH-MARIE quitte Acoz en 1965 et est remplacée par Soeur LUCIA qui ne reste qu’un an. Ce sera la dernière sœur enseignante.
  • Anne-Marie HOTTAT est engagée en 1966. L’école compte alors 2 classes maternelles et 3 classes primaires. Le 4ème degré étant supprimé, Madame GENOT enseigne au degré supérieur et assure la direction.
  • Pour les religieuses Sœur MARIE-EULALIE est remplacée par Soeur MARIE-CHARLES comme supérieure et Soeur MARIE-THERESE les rejoint pour s’occuper du ménage en remplacement de Soeur JULIENNE. Elles quittent Acoz en 1971. Pendant quelques années, des concierges occupent les locaux des sœurs. Il s’agit du couple Arthur et Nelly CULOT.
  • Madame GENOT part en congé de maladie en septembre 1968 et sera retraitée en 1972. Elle n’est pas remplacée car le nombre d’élèves a fortement diminué suite à l’ouverture de l’Ecole de l’Etat à Bertransart. Rolande MAROIT, épouse Léon GERARDS, devient directrice.
  • Le pouvoir organisateur achète un minibus et organise un transport scolaire. Le Baron Edouard PIRMEZ, sa sœur Marie-Louise, des époux d’enseignantes et des parents d’élèves se relaient pour conduire le minibus bénévolement. Cela porte ses fruits car en 1975 une troisième classe primaire est ouverte et confiée à Marie-Christine BAYONNET.
  • En 1977, une 4ème classe est ouverte et confiée à Marie-Chantal SUAIN, épouse BOLLE, jusqu’en juin 1981. En septembre de la même année, Anne GALAND la remplace.
  • En 1985, l’inspectrice maternelle propose de réaliser un module psychomoteur. Un groupe de parents d’élèves décident de le construire et d’aménager de nouveaux sanitaires sur l’emplacement de l’ancienne serre des religieuses. L’architecte Philippe BUSINE et Monsieur BERTHOLET, professeur de menuiserie, leur prodiguent conseils et assistance. Tous travaillent bénévolement en juillet et août. Les nouveaux locaux sont inaugurés en septembre en présence du ministre Philippe MAYSTADT.
  • En 1989, Madame GALAND part à la pension et est remplacée par Marie-Delphine MEES.
  • Malgré la suppression du transport scolaire, le nombre d’élèves augmente progressivement. En septembre 1996, une 3ème classe maternelle est ouverte et confiée à Cécile PAQUET. Le pouvoir organisateur envisage la construction de nouveaux locaux en surélevant le réfectoire, mais ce projet est rejeté. Il décide alors de passer par un emprunt et achète le terrain jouxtant l’école pour y construire 4 nouvelles classes.
  • En 1998, Mesdames HONTOIR et GERARDS partent en « Disponibilité Précédant la Pension de Retraite ». 70 élèves sont inscrits en primaire et 50 en maternelle.
  • Le 1er septembre 1998, Benoit BAMPS est nommé directeur et Christelle DAMANET remplace Madame HONTOIR.
  • Le nombre d’élèves continue de croître.
  • Un grand préau est installé.
  • Grâce à des subsides exceptionnels en 2001, deux nouvelles classes sont construites.
  • Par sécurité, le grand noyer de la cour de récréation doit être abattu.
  • Le 18 janvier 2007, Benoit BAMPS quitte Acoz pour rejoindre l’Ecole Fondamentale de Loverval, Anne-Sophie ESPEEL le remplace.

  • Un conteneur est aménagé à côté du petit local sous le préau, il accueille des classes pour demi-groupe.
  • Le Collège Saint-Augustin qui vient de construire de nouveaux bâtiments, offre à l’école 2 conteneurs qui seront aménagés en deux classes pour le degré supérieur.

Actuellement(2021) «  l’ASBL Ecole Fondamentale Libre Mixte d’Acoz » compte 4 classes maternelles et 7 classes primaires avec une direction sans classe. 75 enfants sont inscrits en maternelle et 145 en primaire.

Les photos de classes

Ecole d Acoz 1898 640

 

 

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Dossier réalisé sur base d’archives personnelles, d’archives de feus Joseph ELOY et Marcel MEUNIER, du travail de fin d’étude réalisé par Nathalie SOUMOY ; avec la précieuse collaboration de Rolande MAROIT, ancienne directrice.

Les identifications des photos de classes sont dues en grande partie à Rolande MAROIT et Anne-Marie HOTTAT.

 

© Alain GUILLAUME – Avril 2021

Le quai de déchargement des sablières

Suite au déboisement de la vallée située au lieu-dit « Vô-Biesme », à gauche de la route N 975 Acoz-Bouffioulx , les vestiges de l’ancien quai de déchargement des sablières sont à nouveau visibles.

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QUAI 3 640

QUAI 4 640

Jusqu’en 1930, l’activité des sablières de Joncret et Lausprelle était en plein essor. Après l’extraction du sable, celui-ci était chargé dans des wagonnets, tirés par une locomotive à vapeur qui partait de la limite Joncret-Les Flaches, au niveau de la rue du Pachy. Les convois se succédaient à intervalles réguliers et se dirigeaient vers la station d’Acoz. Ils empruntaient le lieu-dit « Dessus-du-Bois », descendaient la vallée en serpentant avant d’atteindre le quai où les wagonnets basculaient pour laisser glisser le sable jusqu’au niveau de la route.

JONCRET-ACOZ 640

Au nombre de deux, les petites locomotives « DECAUVILLE » avaient leur point d’attache dans un hangar situé dans une prairie appartenant à Félix HOSPEL, à hauteur du « V » formé par les rues du Dessus-du-Bois et de la Raguette.

Ces locomotives appartenaient à la famille GREGOIRE, négociante, qui achetait le sable aux différents propriétaires et exploitants des sablières. Les sables, de différentes qualités, étaient vendus dans la sidérurgie, la construction, les verreries et les fonderies de la région.

LOCOMOTIVE 1930 640

HANGAR 640

Vers 1937, la voie a été déferrée et les transports par camions ont pris le relais.

La famille GREGOIRE résidait dans la villa, appelée « Villa Mon Caprice », « Villa des Lutins » et « Villa Grégoire », sise à l’actuelle rue de la Raguette 7a à Acoz. Elle fut ensuite rachetée par la famille STEVAUX et actuellement propriété de la veuve et des enfants de Bertrand THIBAUT.

VILLA GREGOIRE 640

La grande sablière vers 1920

Au chemin de Joncret, en face de la propriété de René VANDEVERRE, la sablière est aujourd’hui complètement remblayée. L’exploitation de sable y avait débuté avant 1875. En cours de remblayage, au début des années 60, l’excavation à combler recevra notamment toutes les terres, les ossements, les débris de cercueils et pierres tombales en provenance de l’ancien cimetière d’Acoz désaffecté, contigu à l’église paroissiale Saint-Martin. Les terres provenant des tunnels creusés pour le passage de la R3 à Couillet ont également été versées à cet endroit.

SABLIERE 1920 640

SABLIERE COMBLEE 640

Les sablières et argilières

Aux sablières TIERCET, LOSSON et HUDLOT, on n’extrayait pas seulement plusieurs sortes de sable, du maigre et du gras, mais aussi de l’argile. Il fallait absolument décaper les couches supérieures avant d’atteindre le sable. Les ouvriers étaient munis « d’(h)awias » ou « d’(h)awelètes », houes étroites aux fers allongés et courbés, bien utiles pour trancher les terres grasses. On peut donc dire qu’ils étaient occupés à « (h)aw’ter » l’argile. Cette dernière alimentait les poteries de Bouffioulx et environs.

SABLIERE-ARGILIERE 1935 640

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Dossier réalisé sur base d’archives personnelles, ainsi que celles de Marcel MEUNIER et Joseph ELOY, avec la collaboration de René VANDEVERRE et de Geneviève LUSIAUX.

© Alain GUILLAUME – Mars 2021.

 

Précisions de Gaby STEVAUX

A propos l’article intitulé « LE QUAI DE DECHARGEMENT DES SABLIERES », je tiens à apporter cette précision : la famille GREGOIRE a résidé à une époque dans cette maison  – qui est devenue la nôtre – à la rue de la Raguette et c’est cette même famille qui l’a vraisemblablement fait construire. On l’appelait effectivement « Villa Mon Caprice », « Villa des Lutins » ou « Villa Grégoire ». Mais cette maison a d’abord été vendue à la famille TOURNAY qui y a ajouté des annexes (voir photos jointes). Mes parents l’ont ensuite rachetée en l’état en 1953 à Aimée-Marie DESCHEPPER (28/04/1901), veuve de Louis TOURNAY (suivant l’acte de vente).  La photo intitulée « ACOZ – ORCHESTRE DE LA DUCASSE – 1925 » de René Mathieu publiée antérieurement sur le blog illustre déjà les transformations. Mais je ne sais absolument rien de cette famille TOURNAY, malheureusement.

12 avril 2021.

Affiche du tirage au sort

Au XIXème siècle, jusqu’en 1909, le service militaire était fonction d’une loterie.

Le Hainaut était divisé en cantons de milice ; les conscrits se rendaient au siège de leur bureau de recrutement, où ils « tiraient » avec les jeunes gens de quelques autres localités.

Le tirage au sort désignait les miliciens appelés à servir dans l’armée. Seuls, les fils soutiens de famille, les mariés d’avant le tirage, et les ecclésiastiques étaient exemptés du service militaire.

Étaient aussi exemptés du service militaire tous ceux qui étaient handicapés physiques, les accidentés ou invalides, de même ceux reconnus déments.

Le degré d’instruction des conscrits n’était pas pris en considération ; qu’ils soient des plus instruits ou illettrés, le service militaire devait être accompli par tous les appelés par le sort.

TIRAGE AU SORT 640_InPixio

TIRAGE SORT ACOZ 150

© Alain GUILLAUME – Mars 2021.

Deux pierres gravées de la Tour Octavienne ressuscitées

Peu de temps après la démolition de la Tour Octavienne, Alain PAQUET et son père Robert ont découvert dans les décombres de l’édifice deux pierres gravées en latin. Plutôt que de les laisser dans l’oubli à tout jamais, ils ont préféré les dégager et les ont placées dans le parterre de la maison familiale.

Suite à la vente récente de la propriété (la villa située dans un sous-bois, au lieu-dit « La Croix d’Acoz »), Alain m’a contacté et a émis le souhait de leur trouver une digne « sépulture ». Il ne m’a pas fallu longtemps pour proposer la borne-mémoire dédiée à l’écrivain, sise sur la RAVeL. Rendez-vous avec l’échevin de la culture Michel ROBERT, fidèle complice de notre histoire locale, qui me rejoint avec enthousiasme dans le projet.

Récemment, le service des travaux de la commune de Gerpinnes a effectué le placement, en attendant la pose d’un panneau signalétique. Début de ce mois de mars, celui-ci était fixé.

PIERRE 1 TRADUITE 640

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POSE DES PIERRES 640

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Nous avons voulu marquer l’événement en rassemblant les acteurs de ce retour aux sources.

BORNE MEMOIRE 1 640

© Alain GUILLAUME – Mars 2021.

Octave PIRMEZ : « Lettre à Maurice »

Lettre d’Octave PIRMEZ destinée à son neveu Maurice PIRMEZ (1864-1928), fils d’Emile et de Louise FORTEMPS.

LETTRE A MAURICE 640

Chapelle de l’Epine, dans le bois de Montplaisir

Château d’Acoz, le 26 mai 1875.

Mon cher Maurice,

Je viens de peindre une image au-dessus de ma lettre pour qu’elle vous rappelle Acoz. C’est la petite chapelle que j’ai élevée dans le bois de Montplaisir pour remercier Dieu de m’avoir guéri d’un accident à l’œil.

Vous voyez grailler les corbeaux après lesquels j’ai tiré et j’ai indiqué par une croix l’endroit la haye (haie) d’épines où j’ai été blessé.

Derrière la chapelle, il y a un bas-relief de bronze qui me représente.

CHAPELLE BOIS MON PLAISIR 450

Arrière chapelle 450

plaque chapelle zoom 400

(Voir mon livre « ACOZ de A à Z », tome 1, pages 174 à 177).

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Tous mes remerciements à la société « Le Vieux Châtelet » pour l’autorisation de reproduction du document original.

© Alain GUILLAUME – Février 2021.

Octave PIRMEZ a écrit en wallon

Par Jean-Luc FAUCONNIER, Président de l’Association littéraire wallonne de Charleroi      Jean-Luc FAUCONNIER 150

Alain GUILLAUME a eu l’excellente initiative de confier à Èl Môjo dès Walons la copie d’un document qui répond à la question que se posait  Jean FAUCONNIER  (1915 – 2000)  dans  un article  intitulé « Octave PIRMEZ a-t-il écrit en wallon ? »1

L’auteur de cet article y reproduisait une liste de 129 mots wallons avec leur traduction en français et se demandait si ce « lexique personnel » n’allait pas servir à écrire un texte où notre langue régionale aurait joué un rôle plus ou moins important.

Le document transmis par Alain GUILLAUME reprend un court texte – un dialogue – entièrement  en  wallon, portant  comme  titre « Excursion au pays des Peaux-noires » et il est illustré d’un dessin dû à Octave PIRMEZ qui représente deux ouvriers, avec à l’arrière-plan, ce qui pourrait être une entreprise sidérurgique. Le « solitiare d’Acoz » a donc bien écrit en wallon.

EXCURSION PAYS PEAUX NOIRES 640

Ce texte est-il le seul du genre ? La question demeure sans réponse jusqu’à ce jour puisque les « archives » de la famille PIRMEZ ont probablement disparu.2

Nous reproduisons ci-dessous le texte dans une transcription du manuscrit – quelques doutes concernant la lecture de celui-ci subsistent – et une version dans une transcription basée sur le système Feller.

Transcription 640

Il n’est pas question ici d’évoquer la qualité littéraire de ce dialogue. Octave PIRMEZ a dû y reprendre des éléments de conversation qu’il a pu entendre chez des « gens du peuple » à Châtelet, où il naquit, à Châtelineau, où il a résidé durant son enfance, où encore à Acoz, où il a vécu une grande partie de sa vie.

Quoiqu’il en soit, la langue qu’il utilise – ce qui est aussi celle de sa liste lexicale – est le wallon occidental et plus particulièrement celui de la région 1b telle qu’elle a été délimitée par Adelin GRIGNARD3.

Cette petite aire située au nord de la Sambre; c’est une région agricole où se sont néanmoins développées des industries (charbonnages, entreprises sidérurgiques, poteries) dans sa partie septentrionale. Elle est limitée, à l’ouest, par le ruisseau d’Hanzinne et, à l’est, par la Biesme4. Elle jouxte le domaine du wallon central dont elle possède quelques traits spécifiques tels l’article défini li et la voyelle d’appui épenthétique : li gamin ‘le gamin’, li feume, ‘la femme’; i va a scole, ‘il va à l’école’, ène bèle sicole, ‘une belle école’.

Quelques remarques sur le texte

  • qu’as´ ? ‘qu’a-tu ?’ ; il s’agit de la forme interrogative devenue archaïque, avec une sonorisation du –s de la deuxième personne de la conjugaison. Il s’agit d’une formulation qu’on retrouve dans : q(w)è dis ? ‘que dis-tu ?’, qwè vous ? ‘que veux-tu’, èyu/èwou vas´ ? ‘où vas-tu ?’
  • sot dwârmant, ‘loir’ avec la diphtongaison typique de la région 1b que l’on retrouve dans dwârmu, ‘dormir’.
  • ti, ‘tu’ ; le tutoiement est dans certaines communes considéré comme grossier ; le ti est pour certains encore plus grossier que le tu emprunté au français. Ici l’auteur ne craint pas d’user du tutoiement et du ti car il met en scène deux travailleurs au discours relativement peu policé.
  • Le è fermé nasal [ẽ] noté –én, est une voyelle typique du wallon occidental ; néanmoins, dans la partie septentrionale de la région 1b, la dénasalisation est fréquente et c’est bien [ne] que l’on entend, notamment à Acoz.
  • mougnî, ‘manger’. Le verbe s’utilise avant tout pour les animaux ; pour les humains on se sert de mindjî. Cet usage peut se justifier étant donné que nous avons à faire ici à un dialogue très « familier ». On ajoutera qu’en wallon central, cette distinction n’est guère de mise, c’est mougnî qu’est d’usage général.
  • tote, ‘toute’. Il s’agit ici d’un trait du wallon central où le [ò] o ouvert tonique passe à [o] o alors qu’en wallon occidental, il devient [u] ou. Il semble que l’auteur ait hésité puisqu’il utilise tote ovreuwe, ‘toute ouverte’, stomac´, ‘estomac ; poitrine’ mais routér, ‘faire route ; marcher’. On ajoutera que c’est stomac´ qui figure dans la liste de 129 termes évoquée ci-dessus.
  • ovreuwe, ‘ouverte’ ; la finale féminine –euwe des participes passés des verbes qui ont u au masculin (ouvru, –euwe) constitue un trait de la région 1b devenu un archaïsme remplacé qu’il est par ouvru, –ûwe.
  • vî sto, litt. : ‘vieux poteau’ est un terme familier qu’on peut rendre par ‘vieux copain’. On retrouve des formulations synonymes telles vi scan’çon, ‘vieux caleçon’, vî scorion, ‘vieux lacet de cuir’…
  • quôrts, litt. : ‘quarts’ ; c’est un terme qui est d’un usage très courant en wallon-central ; il est moins usité en wallon occidental où c’est liârds qui est plus fréquemment utilisé pour désigner l’argent en tant qu’espèce numéraires. Le terme désigne à l’origine un quart de sou, soit un liard dans le système monétaire si complexe de l’Ancien Régime.
  • m’ vét, litt. : ‘mon vit’ ; il s’agit aussi d’une interpellation familière et devenue archaïque, similaire dans sa conception a mi coye, ‘ma couille’ typique du wallon oriental. Le terme devait probablement avoir perdu son sens précis sous la plume de l’auteur. Pour l’anecdote linguistique, on ajoutera que vît a subsisté à Fleurus et dans ses environs dans la locution vît d’ tchén, ‘vit de chien’ pour désigner la toupie-sabot qui ressemble, avec de l’imagination, à un appendice canin.
  • vos l’avouz dit, ‘vous l’avez dit’ ; cette forme du verbe avoir à la deuxième personne du pluriel de l’indicatif présent est devenue archaïque alors qu’elle était autrefois très courante dans la région 1b. Elle est remplacée par avèz à l’heure actuelle.
  • dji n’è pou pus, ‘je n’en peux plus’ ; dans la région 1b, c’est bien le pronom personnel è, ‘en’ qui est d’usage alors que dans la plus grande partie de l’aire du wallon occidental c’est dè / din qui est usité.
  • (è)yîr, ‘hier’ est la forme ‘pleine’ qui peut s’élider en ’yîr et même îr ; nous avons opté pour ’yîr qui évite l’hiatus dans une séquence du type dispûs ’yîr.
  • al at’léye, ‘à l’attelage’ ; quand il s’agit des humains yèsse a l’at’léye, c’est être soumis à un travail très dur, comme celui d’une bête de trait.
  • on-z-a s’ marone, ‘on a sa culotte’ ; plutôt que faire la liaison on-a qui permet d’éviter l’hiatus, l’auteur utilise un [z] z non « étymologique » ; une pratique courante dans la région 1b.
  • vîyès djins, ‘vieilles personnes’ ; dans cette locution, l’auteur restitue bien la sonorisation de l’adjectif qualificatif antéposé à un nom féminin pluriel : ène vîye djint – dès vîyès djins.
  • a michî, ‘à entrer’ ; le verbe michî / muchî possède le sens premier de ‘cacher’ mais dans la région1b, il est fréquemment utilisé avec le sens de ‘entrer, rentrer’.
  • è têre, ‘en terre’ ; la préposition é ‘en’ ne subsiste plus guère que dans quelques expressions telles, è l’ér´, ‘en l’air’ ; elle est de plus en plus remplacée par an probablement sous l’influence du français.
  • crôs stofé, litt. : ‘gras étouffé’ ; fromage gras traditionnel au lait battu ; boulète est un synonyme. On notera le recours à crôs, ‘gras’ qui est de mise dans la région 1b.
  • vôrèt, ‘vaudrait’ ; il s’agit d’une forme qui n’est pas locale et on devrait s’attendre à vôreut.
  • môtchyi, ‘amoché’( ?) cette transcription n’est pas sûre; signalons que motchi est une forme que l’on rencontre à Fleurus et non dans la région 1b.
  • potéye, ‘potée’ ; en principe, le contenu d’un pot mais dans un sens dérivé répandu dans tout le wallon occidental, le terme désigne un grand verre de genièvre qui faisait, chez les cabaretiers honnêtes, environ 4,5 centilitres.
  • pèkèt, ’alcool aromatisé de baies de genévrier’; le terme pèkèt désigne le genévrier ainsi que ses baies; par métonymie, il nomme aussi la boisson alcoolisée aromatisée par ces baies.
  • bôyârd, c’est quelqu’un qui bée aux corneilles et, par glissement de sens, un niais, un nigaud. Le suffixe –ârd, peut-être d’influence française, concurrence le suffixe –ôd ; on note aussi bien bôyârd que bôyôd comme blèfârd / blèfôd ’baveur’, chitârd, chitôd, ‘foireux ; peureux ; tricheur’; le féminin ne connaît, lui que la forme bôyôde, blèfôde, chitôde.

Ce fragment en langue wallonne prouve donc qu’Octave PIRMEZ a bien écrit en wallon, un wallon qu’il semblait bien connaître5. S’était-il intéressé à notre « langue patrimoniale » pour rédiger d’autres textes – disparus à tout jamais? –, textes qu’il aurait intégrés dans cette hypothétique Excusion au pays des peaux-noires?

Le « solitaire d’Acoz », celui qu’on présente souvent comme un aristocrate égocentrique, un dandy « fin du siècle » aurait utilisé la langue du peuple comme on la parlait à son époque? Il faut donc transcender cette image, quasiment caricaturale, qui résume mal le personnage car Octave PIRMEZ fut sensible aux misères des classes laborieuses, il était aussi un pacifiste, un homme qui aimait la nature et qui la respectait… Tout ceci ne répond pourtant pas à la question… mais pourquoi ne pas y répondre par le biais d’une de ses « pensées » extraite de Feuillées : « J’ai hérité de raisonner : l’âme s’altère aux effets de la pensée. »

                                                                                   Jean-Luc FAUCONNIER.

  1. Cet article paru dans la revue de l’École normale de Nivelles, en 1949, puis remanié et étoffé sous le titre « Les Pirmez et le wallon » dans le 13ième annuaire de Le Vieux Châtelet en 1973. Sous une version profondément revue et sous le même titre, il figure dans èl bourdon, numéros 465, 466 et 467 (mai, avril et juin 1994). Dans les deux premiers numéros, l’auteur analyse une liste de 129 mots wallons avec leur traduction française, liste dressée par Octave PIRMEZ et dans le troisième, une courte liste de 11 mots qui fut retrouvée dans un registre où Léonard PIRMEZ (1793 – 1866) transcrivait sa correspondance commerciale ; il avait intitulé cette liste : « Mots wallons dont l’origine est évidemment latine et qui n’ont pas leurs analogues en français ». Moins connu qu’Octave PIRMEZ, ce Léonard, était le grand-oncle de l’écrivain.
  1. Paul CHAMPAGNE (1894 – 1974) a consacré bon nombre de ses travaux à Octave PIRMEZ et il avait eu l’occasion de pouvoir accéder aux documents relatifs à l’auteur qui était conservés au château d’Acoz. Celui-ci avait été acheté par les PIRMEZ, en 1860, à Gérard d’UDEKEM (1785 – 1866) et, il fut revendu par ceux-ci en 2001.
  1. Adelin GRGINARD, Phonétique et morphologie des Dialectes de L’Ouest-wallon, éditées par Jules FELLER, Liège, Société liégeoise de Littérature Wallonne, 1908.

Les principales municipalités de la région 1b sont, grosso modo, du nord au sud et de l’ouest à l’est : Châtelet [Ch61] – Bouffioulx [Ch66] – entité de Châtelet –, Presles [Ch67] – entité d’Aiseau-Presles –, Acoz [Ch69], Gougnies [Ch71], Villers-Poterie [Ch70], Joncret [Ch68], Gerpinnes [Ch72] – entité de Gerpinnes –, Hanzinne [Ph3], Hanzinelle [Ph9], Morialmé [Ph15], Saint-Aubin [Ph23], Florennes [Ph24], Flavion [Ph26], Corenne [Ph25] – entité de Florennes –, Biesme [Na130], Biesmerée [Ph17], Oret [Ph10], Stave [Ph16] – entité de Mettet –.

On ajoutera que ces différentes municipalités s’étendent sur deux provinces – Hainaut, Namur –, trois arrondissements – Charleroi, Namur, Philippeville – et, sous l’Ancien Régime, qu’elles relevaient de la Principauté épiscopale de Liège ou du Comté de Namur. Une complexité administrative qui n’a pas empêché une certaine cohérence linguistique.

  1. Le ruisseau d’Hanzinne – village où il prend sa source – est aussi appelé Ruisseau d’Acoz et dans la région de Châtelet, la Biesme ; c’est d’ailleurs dans cette ville qu’il se déverse dans la Sambre. La Biesme, quant à elle, prend sa source à Oret et se jette dans la Sambre à Aiseau. Une troisième Biesme coule à travers Fosse-la-Ville pour trouver son confluent dans la Sambre à Auvelais. Preuve que l’étymon de Biesme était un nom commun d’origine celtique qui désignait des cours d’eaux fréquentés par les castors.
  1. On sait que Marguerite CLEENEWERCK de CRAYENCOURT (1903 – 1987) alias Marguerite YOURCENAR appréciait beaucoup Octave PIRMEZ, par ailleurs son cousin de la 2e à la 4e génération ; elle a consacré quelques dizaines de pages à la visite qu’Octave PIRMEZ rendit en 1875 à Louis TROYE (1804 – 1875), son oncle et gouverneur du Hainaut de 1849 à 1870, en son château de Marbaix-la-Tour et cela dans Souvenirs pieux, Paris, GALLIMARD, 1974.

Pour l’occasion, Octave PIRMEZ partit d’Acoz pour se rendre à Marbaix-la-Tour, au château de la Pasture, résidence de son parent. Marguerite YOURCENAR lui fait suivre un itinéraire qui ne fut certainement pas celui d’Octave PIRMEZ, licence littéraire et licence littéraire aussi quand elle rapporte que le cavalier a demandé son chemin à une charmante paysanne qui lui répondit dans un « ancien français »; c’était certes du wallon et Octave PIRMEZ le comprenait fort bien, ce qui ne semble pas être le cas de sa petite nièce.

Traduction 640

Nos remerciements à Jean-Luc FAUCONNIER pour la parution de cet article dans le mensuel « EL BOURDON ».

COUVERTURE EL BOURDON 640

EL BOURDON COUV 2 640

© Alain GUILLAUME – Février 2021.

 

Le café DAFFE-TENRET

Suite à la vente de leur maison familiale sise à la rue de Moncheret 137, Etienne et Luc ELOY, deux des enfants de Joseph et Francine ELOY-BOUSETTE, m’avaient invité à la visite des lieux.

La maison de la famille DAFFE 640

A la première approche, on découvre la trace d’une annonce peinte au-dessus de la porte d’entrée. On peut y deviner le mot « CAFÉ », les deux autres lignes sont très difficiles à déchiffrer, pouvant avec peine reconnaître quelques lettres.

ANNONCE CAFE WEB

En me replongeant dans mes archives… une affiche, jaunie par le temps et dépliée avec délicatesse, annonce la vente publique de sable, organisée par l’administration communale d’Acoz, le 18 décembre 1923. (Voir ce blog, catégorie « souvenirs », janvier 2021). Au dos de ce document, la mention manuscrite : « Du café DAFFE-TENRET ». Dans le dossier consacré à « la carrière de grès à Acoz » (voir ce blog, catégorie « Acoz d’antan », de mars 2019), on apprend que cette propriété appartenait au couple Sylvain et Aline DAFFE-TENRET, arrière-grands-parents maternels de Thérèse, Etienne, Luc, Anne, Béatrice et Xavier.

nouveau document 2020-01-06 22.16.50

Xavier DAFFE Adolphine MATHIEU 640

TENRET Théophile DEMEURE Hortense 640

On peut donc en déduire qu’Aline TENRET, épouse Sylvain DAFFE, y tenait un débit de boissons.

D’après les dires de Joseph et Francine, en ligne 3, il y serait inscrit « négociant en alcools et spiritueux ». On y devine encore le mot. « Négociant ».

Cette enseigne devait donc ressembler à cette reconstitution :

façade et annonce WEB

Une deuxième découverte

Lors de la visite de l’intérieur de l’immeuble, Etienne tenait à me montrer l’archelle à verres, toujours présente dans la pièce qui faisait office de café, ainsi qu’un vestige scellé dans la cave.

Vue intérieure 640

Horloge Daffe-Tenret 640

POMPE A BIERE 640

Les explications d’Etienne :

« Devant l’archelle à verres que tu as photographiée, il y avait un comptoir sur lequel était fixée une pompe à main qui servait à aspirer de l’air et l’envoyer dans cette cuve pour le stocker sous pression. Cette cuve était reliée au tonneau de bière par un petit tuyau le mettant sous pression afin d’envoyer la bière au comptoir. Lorsque la pression diminuait, la personne ne devait pas descendre à la cave pour en remettre, il lui suffisait d’actionner la pompe du bar.

Si on observe bien la cuve, on remarque un cercle au centre, qui est un couvercle avec joint afin de garantir l’étanchéité. De part et d’autre de ce couvercle, on voit 2 oreilles rectangulaires qui étaient traversées par une barre très rigide avec en son centre une grosse vis de pression pour maintenir le couvercle bien fermé.

On distingue aussi, 4 petites buselures qui servaient à recevoir les tuyaux d’entrée d’air et de sortie vers le ou les tonneaux ainsi qu’un manomètre.

En quelque sorte, c’est l’ancêtre de la bonbonne de gaz actuelle. »

Café Daffe-Tenret avant 1915 640

MAISON DAFFE-TENRET 640

L’activité du café doit avoir cessé vers 1926, date du décès d’Aline. Leur fille Lucie avait épousé Gaston BOUSETTE en 1919. Le couple habitera sous le toit familial. (Voir le livre « ACOZ ET LA GUERRE 14-18 – Geneviève LUSIAUX et GUY ANTOINE – pages 105).

BOUSETTE-DAFFE 640

 

L’annexe

L’annexe de cette grande demeure était occupée par les bureaux de la carrière de grès, gérée par Sylvain DAFFE jusqu’à la fin des activités vers 1929. Le bureau des postes y sera installé en 1952 jusqu’à sa fermeture en 1986. (Voir ce blog, catégorie « souvenirs « , d’octobre 2020.) Elle sera abattue le 12 décembre 2020. (Voir ce blog, catégorie « souvenirs « , de décembre 2020).

Le nouveau propriétaire

En ce début d’année 2021, j’ai fait la connaissance du nouveau propriétaire. Il s’agit de Julien MENEGUZZI. Il a grandi dans notre village, à la rue des Ecoles, voisin de la famille CHIF. Souvenons-nous, sa maman tenait un salon de toilettage pour chiens.

Il est indépendant et gère la sprl A.T.A., aménagements techniques et artisanat.

Julien MENEGUZZI 640

Les travaux vont bon train et la partie droite du bâtiment sera bientôt complètement rénovée.

Julien m’a expliqué qu’il avait remblayé la cave où se trouvait la cuve et où y étaient emmurés deux coffres forts. Avant le remblaiement, il y a déposé une lettre ainsi qu’une bouteille de trappiste ORVAL.

Ces coffres forts auraient-ils été placés lors de la constitution de la société de carrière de grès ?

Tournons-nous vers Etienne ELOY :

« Ils ont été placés après l’exploitation de la carrière. Papa était très précautionneux étant donné que le bureau de poste pouvait attirer les vols. On y déposait les documents importants, contrats d’assurance, carnet de mariage, actes notariés, clés du bureau de poste, etc…

Si le nouveau propriétaire a déposé une bouteille et une lettre, pour qu’un jour peut-être…

Papa, lui, avait l’habitude lors des travaux d’écrire sur les murs les dates de ceux-ci, le temps qu’il faisait ainsi que les événements marquants de la vie pendant les travaux. Parfois, il écrivait aussi sur une planchette qu’il déposait dans un gitage ou un faux plafond en fonction des travaux réalisés.

Quand nous avons vidé la maison, nous avons retrouvé un petit carrelage de sol sur lequel notre grand-père Gaston BOUSETTE avait lui aussi inscrit un commentaire :

CARRELAGE ELOY 400dpi légendée

C’était probablement une tradition dans la famille ELOY-BOUSETTE car je fais de même. »

 © Alain GUILLAUME – Février 2021.

Anciennes affiches

AF CURAGE CORS EAU 1922 640_InPixio

TIRAGE AU SORT 640_InPixio

TIRAGE SORT ACOZ 150

AF VENTE SABLE 1923 640_InPixio

AF VIANDE 640_InPixio

Le bâtiment sis sur la place de l’église, abritant les bureaux de l’administration communale d’Acoz, fut incendié le 24 août 1914. Il fallut attendre 8 ans avant de lancer la souscription en marché public en vue de sa reconstruction. Les bureaux avaient été transférés dans l’immeuble sis derrière l’église qui accueillait l’école gardienne et le presbytère.

AF RECONSTRCT COMMUNE ACOZ 1922 640_InPixio

© Alain GUILLAUME – Janvier 2021.

Les « magasins » à Acoz

Bien avant les supermarchés « libre-service » qui ont vu le jour en Belgique début des années 60, beaucoup de petites épiceries étaient implantées dans les villages. Acoz était particulièrement bien servi avec 6 petits commerces. Dans ceux-ci, c’est l’épicière derrière son comptoir qui remplissait votre panier. Toutes les denrées étaient exposées dans les nombreuses étagères qui ornaient les 4 murs.

Les souvenirs de mon enfance ont rejailli…

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« CHEZ MARTHE »

Marthe MEUNIER avait repris le commerce de sa mère Clémentine (Clémence) BOLLE, épouse Alfred MEUNIER, sis à l’actuelle rue de Moncheret, 115. Elle était propriétaire des lieux qu’elle partageait avec son amie Emilie BORBOUSE. Sa clientèle était surtout constituée des personnes du quartier.  Ici, pas de frigo ce qui signifiait l’absence de produits périssables. La fermeture du commerce, due à son décès, eut lieu en 1970.

Rue de Moncheret 115 640

MARTHE MEUNIER 640

Emilie BORBOUSE était la fille de Joseph BORBOUSE, fusillé par les Allemands à Gerpinnes le 26 août 1914. (voir l’ouvrage « ACOZ ET LA GUERRE 14-18 » page 160 – Geneviève LUSIAUX et Guy ANTOINE).

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« LOUIS DELHAIZE »

LOUIS DELHAIZE 400

Sis juste derrière le monument aux morts, à l’actuelle rue de Moncheret, il était mis en gérance par la maison-mère de Ransart. De nombreux tenanciers y sont passés : Suzanne LEFÈVRE, de 1945 jusqu’à son mariage en 1947 ; Victorine BEGON, avant son mariage avec Camille SAUME, dans les années 1948 à 1951 ; Lambertine PIETTE, épouse Marcel COUGNON, de 1951 à 1953 ; Marie DAMAS en 1953 ; Michel et Jeanine SMITS-MALEVEZ, vers 1960 ; André et Andrée ROMAIN-DANCART, originaires de Biesme, dans les années 1965 ; René et Lydia MOURIALMÉ-HÉRODE de 1970 jusqu’à sa fermeture en 1974. Cette boutique offrait un grand éventail de produits dont un étal de fruits et légumes frais. L’immeuble fut abattu début 1976 pour faire place à l’imposant bâtiment qui allait abriter les puissants ordinateurs de la RTT-BELGACOM-PROXIMUS.

LOUIS DELHAIZE 1973 640

LOUIS DELHAIZE 640

SUZANNE LEFEVRE 640

CAMILLE VICTORINE BEGON 640

Marcel GOUGNON Lambertine PIETTE 640

Michel Jeanine SMITS-MALEVEZ 640

André André ROMAIN 640

LYDIA RENE MOURIALME 640

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« MRC » Magasin Régional de Charleroi

Situé à l’actuelle rue Saint-Martin 12, il fut d’abord tenu par Joseph et Olga HENRIET-EVLARD (grands-parents paternels de Jean-Louis et de Stéphane), originaires de Wanfercée-Baulet.

Georges et Claire NOCENT-YERNAUX l’ont repris en 1959 jusqu’en 1971, aidés par leurs deux filles Josiane et Marie-Thérèse. Vers 1965, l’enseigne fut reprise par la société « BIEN-ÊTRE ». Marie-Claire KAISIN géra le commerce de 1971 à 1980.

Employé aux usines de Moncheret à Bouffioulx, Georges fournissait de petites commandes à diverses connaissances jusqu’au jour où une dénonciation mit fin à ces petites relations commerciales.

Le commerce sera repris par diverses personnes pour fermer définitivement vers 1991. A noter le dépôt de la boulangerie-pâtisserie SCHAMP de Marcinelle vers 1980.

Souvenir de Frédéric GUILLAUME

« Lors des inondations en 1987, les soldats américains basés à Florennes sont venus aider les sinistrés. Ils s’approvisionnaient en bière à ce magasin. »

Rue St-Martin 12 640

OLGA EVLARD (HENRIET) 640

Georges Claire NOCENT-YERNAUX 640

Marie-claire KAISIN 640

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AU DESSUS-DU-BOIS

Dans sa maison, à l’actuelle rue du Dessus-du-Bois 4, Marie-Alice DEMEURE, épouse de Victor DELFORGE, ouvre en 1925 un commerce d’épicerie. Suite au décès de son mari, elle se remarie en 1929 avec Nicolas SINET. En 1940, rajout de « vente de margarine, tabac, cigarettes, primeurs, fruits et pommes de terre ». Le 31 décembre de la même année, nouvelle modification au  registre de commerce. Sont adjoints : « vente d’articles d’épicerie, alimentation, vin, mercerie (laine, fils, boutons, élastiques, etc…), bonneterie (bas, chaussettes, etc…), lingerie et aunage, quincaillerie (tasses, assiettes, verres, etc…) ».

Le 1er janvier 1945, cessation du commerce. Le 20 juin 1945, réouverture par Lucien SAINTHUILE, qui sera aidé quelques années plus tard par sa jeune épouse Denise BEQUET.

Le 10 novembre 1951, le couple quitte Acoz pour reprendre un commerce de tissus-aunage-mercerie à Fosses-la-Ville.

Le commerce s’est poursuivi quelques années, notamment sous l’enseigne « COOP ». La succursale aurait été gérée par Andrée LEMARQUE, épouse d’Yvan SAINTHUILE.

Actuellement, l’immeuble est occupé par Monique SAINTHUILE, propriétaire des lieux.

Rue Dessus-du-Bois 4 640

SINET-DEMEURE 640

LUCIEN DENISE 640

Andrée LEMARQUE 640

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« COOP »

COOP 400

Vers 1960, Simone DEMEURE, épouse d’Adelin DAUBRESSE, ouvrira une succursale en son domicile, rue des Ecoles 57. Quelques années plus tard, sa fille Marcelle, épouse de René DEGRAUX, reprit le commerce. La clientèle était surtout composée des habitants du Dessus-du-Bois et des rangées de cités de la rue de la Raguette. Cessation des activités commerciales vers 1975-1976.


Rue des Ecoles 57 640

COOP VERS 1960 1 et 2 620

Marcelle DAUBRESSE René DEGRAUX 640

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« COURTHEOUX »

COURTHEOUX 400

Vers 1960, Flora DENAYER, épouse de Fernand ANDRÉ, tint une succursale à la rue du Centre 7, (place de l’Eglise). Le magasin fermera ses portes vers 1970 pour cause de santé.

Fernand Flora ANDRE-DENAYER 640

MONETA 400

Rue du Centre 7 640

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« COURTHEOUX  » à la rue de la Raguette

En 1968, Michel WERTZ et son épouse Victoria BRAECKMAN inauguraient une nouvelle succursale à la rue de la Raguette 43.  Cette épicerie allait connaître un bel essor avec une clientèle issue du nouveau quartier de la cité Hector POULEUR. Michel allait ouvrir un commerce de bonbonnes de gaz « Esso » avec livraison à domicile.

MICHEL WERTZ 640

Vers 1980, se lançant dans la vente de légumes et primeurs sur les marchés régionaux et un commerce de vins, ils remettaient le commerce à Georges et Lorette BRISON-TENRET.

GEORGES BRISON LORETTE TENRET 640

CHEZ LORETTE 1 et 2 640

Le succès allait grandissant et la surface du commerce ne convenait plus pour y pratiquer une vente de plus en plus diversifiée avec les charcuteries et produits surgelés. En 1986, un bâtiment tout neuf allait voir le jour dans la même rue, au 71a.

Rue de la raguette 71a 640

Il y accueillera une supérette et un département boucherie-charcuterie tenu par leur fils Didier et son épouse Bernadette HOQUART. En 1991, ces derniers reprennent le commerce du café « Au Voltigeur ».

Didier Bernadette 640

Quant à la supérette, elle ferma ses portes en 1995.

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« CHEZ ALINE »

En 1946, ma mère, Aline MONTEL, quitta son village natal de Tarcienne pour reprendre la petite épicerie sise au pied de l’actuelle rue Saint-Martin 1, qui était tenue par sa petite-cousine Léa (Elia) MOURAUX, épouse Ernest DELESCAILLE. On y trouvait de tout, des aliments de première nécessité aux produits d’entretien, un dépôt de pains du boulanger du village Raymond SCIEUR, avec un panier de pâtisseries les samedi et dimanche, dépôt de teinturerie et nettoyage à sec…  Toutes les denrées étaient entreposées dans des bacs en bois et étaient vendues en vrac dans des sacs en papier. Une balance à platines avec poids était posée sur le comptoir. A noter que ces poids étaient présentés régulièrement au contrôle organisé par l’administration des poids et mesures. Les poids en fonte grise de fer et de carbone, de forme cylindrique ou de forme hexagonale étaient présentés au service de l’État « Poids et Mesures » qui vérifiait l’exactitude des balances et des accessoires utilisés dans le commerce. Lors de la vérification (au milligramme près) un poinçon était frappé sur les poids.  Ce poinçon était constitué d’une lettre qui correspondait à l’année du contrôle et appelé « poinçon de la bonne foi ».

Fin du commerce en 1970 pour cause de santé.

Rue St-Martin 1 640

ACOZ vers 1905 640

Georges-Aline 640

Tante Augusta 640

TIMBRES VALOIS 400 2

Balance 640

Anecdotes et souvenirs personnels

La dernière semaine d’octobre était un moment intense dans le magasin de ma mère. La vente de potées de chrysanthèmes révolutionnait les habitudes de la famille. Lorsque Monsieur VASSART, horticulteur à Châtelet, venait décharger les 200 potées commandées, ces dernières étaient entreposées dans tout le rez-de-chaussée : cuisine, arrière-cuisine, salle à manger, magasin n’étaient plus qu’une fleur. Evidemment pour les conserver en état de fraîcheur, le chauffage était coupé dans toutes les pièces. Certains clients demandaient le dépôt de leur potée sur la tombe familiale. Ce service était assuré par mon frère Jules et moi-même. Je me souviens encore de l’emplacement de la plupart d’entre elles.

Chrysanthème blanc 640

C’était une journée d’hiver, en plein dégel, une fidèle cliente présente entame la conversation dans un wallon digne des pièces théâtrales. Apparaît Madame Andrée GENOT, institutrice à l’école du couvent. Là, on se retourne vers la langue de Molière. Et la cliente s’exclame avec une voix pleine d’assurance : « l’hiver est out’, i r’lèche » (du wallon « rlègnî » qui signifie – participe passé « dégelé »).

On y vendait du pétrole au litre. Il était entreposé dans un tonneau métallique à l’entrée du magasin.  Le dimanche matin, les deux sœurs DEMEURE, Julia (mère de Franz PHILIPPE) et Louisa, se rendaient à la messe dominicale. Elles faisaient un arrêt au magasin pour… passer les paumes des mains sur le dessus de la cuve, rendue grasse suite aux diverses manipulations. D’un geste précis, elles les passaient ensuite sur leur chevelure coiffée d’un fin filet. Voilà peut-être… l’origine de la lotion « Pétrole Hahn » !

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« LES QUATRE SAISONS »

C’est en juin 1994 que Philippe FRERES ouvre une épicerie à la rue de Moncheret 46, juste en face de la rue de la Raguette,  dans l’immeuble qui avait accueilli jadis le café « A la Ville de Thuin » (voir mon livre « ACOZ de A à Z », tome 2, page 225). Elle portera l’enseigne « Les Quatre Saisons » en faisant référence à la cloison du sas d’entrée qui était composée de quatre vitres sablées à l’acide représentant les quatre saisons.

Rue de Moncheret 46 640

LA VILLE DE THUIN 500

Philippe FRERES 640

Au fil des jours, une petite clientèle fidèle lui rendait visite régulièrement. On pouvait y trouver un peu de tout, conserves, fromages, charcuteries, produits d’entretien,…

Lorsque le magasin « SPAR » a rouvert ses portes à Villers-Poterie, les ventes ont baissé et il atteignait péniblement le seuil de la rentabilité. En août 1998, il dut se résigner à fermer définitivement.

« C’est une époque que je ne regrette pas même si je n’ai pas gagné de l’or en barre. C’était, malgré tout, l’occasion de voir les anciens du village tout en étant le lieu de rendez-vous de quelques jeunes de la fanfare qui squattaient mon arrière-boutique. Les dimanches, l’apéro au comptoir se terminait parfois à 15 heures. Je devais fermer pendant 24 heures, du dimanche 13 heures au lundi 13 heures ! C’est évidemment lorsque j’ai annoncé que j’étais contraint de fermer que tout le monde me disait que c’était malheureux, qu’un magasin de dépannage était bien utile dans le village. Mais ce n’est pas avec les cigarettes qu’on fait du beurre. Pour faire du frais, il faut du débit… Enfin bref, une expérience intéressante que je réitérerais certainement, mais différemment. C’est étrange, je n’ai tenu ce magasin que quatre ans, j’ai pourtant l’impression que c’était une éternité ».

Il se souvient de ce soir où il fut témoin de l’attaque du fourgon au Crédit Communal : « un brouhaha se faisait entendre au pied de la Raguette, je sortis tout comme Didier MARTIN qui vivait au-dessus du magasin. Au premier coup de feu, nous sommes évidemment rentrés. Après les faits, nous apercevions, par les perforations des balles dans le flanc du fourgon, ce malheureux convoyeur agonisant. Lorsqu’on ouvrit la porte, c’était trop tard, il n’y avait plus rien à faire ».

 

Petites anecdotes de Philippe

Le pied de la Raguette était un point stratégique pour les accidents. Les constats se faisaient bien souvent dans mon arrière-boutique… parfois autour d’une chope.

Lors de la reconstitution pour l’attaque du fourgon, les magistrats sont venus prendre une tasse de café au magasin…

Un dimanche matin, Robin LECOYER, beau-fils de René JACQUES, est descendu acheter des croquettes de pomme de terre pour le dîner de midi. Il tomba dans un traquenard avec Didier MARTIN, Pierre-Louis MADOUX (dit « le Blanc »), André CELANT, Jean-François CHARLET et moi-même évidemment. Les tournées défilaient jusqu’à ce qu’apparaisse René JACQUES dans le dos de Robin, son beau-fils. L’ambiance aidant, on prévient que René était derrière lui mais il riait en pensant à une blague. Lorsqu’il entendit la douce voix de René lui dire : « Robin, ta mère te préparera les croquettes pour le souper ». Robin s’est bien sûr carapaté en oubliant les croquettes, on ne le revit que quelques semaines plus tard…

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Roland BIRON me signalait que d’autres commerces avaient existé dont l’épicerie chez Mademoiselle LECLERCQ (en face du ballodrome), à l’entre-deux guerres.

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Depuis quelques années, le seul magasin existant à Acoz est situé à la rue de la Raguette 43, dans l’immeuble qui abritait l’ancien « Courthéoux ». Il porte l’enseigne « Maxialimentation ».

Rue de la Raguette 43 640

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Dans notre région, le premier libre-service intégral s’est implanté au boulevard Tirou à Charleroi sous l’enseigne « DELHAIZE ». Faut-il rappeler que l’histoire de ce géant de la distribution, commencée il y a 125 ans, est intimement liée à la région carolorégienne. C’était le 12 octobre 1962.

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TRACT 640

© Alain GUILLAUME- Décembre 2020.

Le livre est disponible

Comme promis, mon ouvrage « PHOTOTHEQUE ACOZIENNE » est en vente à partir de ce lundi 7 décembre.

ALAIN ET LIVRE 2020

Vous pouvez l’acquérir à l’IMPRIMERIE GUILLAUME, rue de Moncheret 28 à Acoz.

Les règles d’hygiène et de distanciation seront d’application.

18 euros à payer en espèces (le bancontact étant réservé à usage professionnel).

Horaire : du lundi au jeudi de 8 heures 30 à 12 heures et de 13 heures 30 à 17 heures. (le vendredi jusqu’à 16 heures).

                                                                           Alain GUILLAUME.

Sortie prochaine du livre « Photothèque acozienne »

Les tiroirs de nos souvenirs sont souvent de véritables dortoirs au sein desquels sommeillent les images du passé.

Cet ouvrage leur est consacré. Plus de 700 photos « oubliées » n’avaient jamais été publiées dans les deux tomes « ACOZ de A à Z » ni dans les nombreux dossiers du blog de notre village.

Certaines ne sont pas de bonne qualité, mais il me semblait aujourd’hui opportun de les réveiller.

Elles sont classées par catégorie : les marches folkloriques, la fanfare, les orchestres de ducasse, les usines de Moncheret, la jeunesse, le 900e, le son et lumière, l’administration communale, l’école communale, le château et « un peu de tout » repris dans le pêle-mêle.

Je tiens à remercier les personnes qui ont accepté de me confier ces petits trésors et m’ont ainsi aidé à réaliser ce recueil.

                                                                                           Alain GUILLAUME.

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18 EUROS – EN VENTE A PARTIR DU 7 DECEMBRE 2020

Uniquement à l’imprimerie Guillaume, rue de Moncheret 28 à 6280 Acoz (071 50 10 43)

Accueil au comptoir respectant les règles de distanciation.

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Quelques exemplaires des ouvrages « ACOZ de A à Z » tomes 1 et 2 sont encore disponibles pour 30 euros (les deux tomes).

TOMES 1 et 2 640

© Alain GUILLAUME – Novembre 2020.

 

 

Alain GUILLAUME

Le pré-RAVeL – tronçons 2 et 3

D’une longueur de 1.600 mètres, le premier tronçon du pré-RAVeL a été inauguré le 18 septembre 2011 (voir mon livre « ACOZ de A à Z », tome 2, pages 93 à 109).

De suite, il fut emprunté par bon nombre de promeneurs et on attendait avec une certaine impatience la prolongation promise.

C’est début septembre 2014 que les premiers coups de pelleteuses ont tracé le parcours. De nombreuses réactions des riverains n’ont pas tardé lorsque l’on s’est rendu compte que l’on abattait la rangée de sapins qui bordaient le ruisseau d’Hanzinne, à hauteur du château.

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Ces travaux, subsidiés par la Région Wallonne, ont pris de l’ampleur : la grand-route, à hauteur de la chapelle Saint-Roch jusqu’à l’entrée du château allait être déplacée, laissant ainsi un stationnement aisé pour les habitants devant leur propriété ; de nouvelles lignes électriques et  téléphoniques ont été enfouies, un parking voyait le jour ; une barrière en bois naturel fut placée pour la sécurité des futurs promeneurs… et, la cerise sur la gâteau, la plantation d’arbustes et fleurs vivaces par les services communaux.

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Quelques mois ont suffi pour réaliser cette merveille. D’une longueur de 600 mètres, elle aboutit à la rue de la Figotterie… en attendant le 3e tronçon qui nous est promis dans le courant de 2019.

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Fin 2e tronçon 640

La promesse fut tenue puisque l’inauguration officielle de ce troisième tronçon eut lieu le 16 octobre 2019. Celui-ci, d’une longueur de 1.510 mètres, relie Acoz à la limite de la commune de Châtelet, au pied de la rue du Petit Floreffe. Ce prolongement a pu se réaliser en partie grâce à des subsides provenant de Crédits d’impulsion de la Région Wallonne. Nous disposons donc d’un pré-RAVeL d’une longueur totale de 3.780 mètres, sur l’ancienne ligne de chemin de fer 138 Châtelet-Florennes.

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Début 3e tronçon 640

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En 2021, trois tronçons seront réalisés sur l’ancienne ligne 137 Châtelet-Mettet.

En effet, des promesses de subsides ont été faites en répondant à des appels à projets, notamment dans le cadre de la Mobilité douce 2018, Mobilité active « fast 2030 », et dans le cadre du dernier Plan d’Investissement.

Celle ligne 137 reliera la rue de Moncheret à la sortie de Villers-Poterie, tout en construisant un pont au PX, ce qui nous donnera 1.580 mètres supplémentaires, soit un total de 5.360 mètres.

Il ne restera plus à l’avenir qu’à faire la jonction Villers-Poterie-Gougnies pour atteindre la limite de nos voisins de Mettet, soit 2.720 mètres.  On obtiendra ainsi 8.080 mètres de voies lentes qui traverseront nos campagnes et relieront ainsi la moitié de nos villages.

Il n’est pas exclu que l’on puisse un jour envisager la possibilité de rentrer dans le centre de Gerpinnes de la rue  L. François à la rue Dancart par la tranchée qui appartient actuellement à un privé (660 mètres).

Pour information, les travaux qui ont été réalisés à ce jour et ceux qui vont normalement l’être l’an prochain s’élèveront au total à 1.329.000 € et auront obtenu 817.000 € de subsides, ce qui correspond à une moyenne de 61,5% de taux de subvention. Pas mal !

Lors de cette inauguration Philippe BUSINE, Bourgmestre de Gerpinnes a tenu à remercier :

  • les pionniers du tout premier projet : les bénévoles du PCDN qui ont débroussaillé certains tronçons et assuré un entretien minimum pour garantir le passage sur la ligne 138.
  • l’asbl « Les Chemins du Rail » pour leurs conseils avisés.
  • les pouvoirs subsidiant pour avoir été attentifs aux projets et avoir délié leurs bourses,
  • l’entreprise EUROVIA qui a exécuté ce dernier chantier dans des conditions parfois difficiles,
  • le Département Nature et Forêt et le SPW pour leurs interventions ponctuelles sur ce chantier,
  • le cercle d’histoire de Gerpinnes qui s’est occupé de la sauvegarde du patrimoine ferroviaire.

© Alain GUILLAUME – Novembre 2020.

Les pionniers du pré-RAVeL

Le samedi 13 janvier 2001, à l’initiative de l’asbl GERPINNES ENVIRONNEMENT et de son président Walter MAURO, Philippe DE LAERE, Raphaël DEMUYNCK, David LUCCA, Alain PAQUET et Philippe FRERES se sont donné rendez-vous sur l’ancienne ligne de chemin de fer 138 Châtelineau-Florennes pour une journée de gestion du futur pré-RAVeL.

Ces menus travaux avaient pour but de débroussailler et d’élargir le petit sentier au départ de l’ancienne gare d’Acoz-Centre, en direction de Gerpinnes.

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Grâce à ces bénévoles, les amoureux de promenades et de la nature ont pu profiter de cet endroit calme, en dehors des inconvénients de la vie moderne.

Il aura fallu attendre avril 2011 pour le début des travaux et le dimanche 11 septembre de la même année pour l’inauguration officielle. (Voir l’article dans mon livre « ACOZ de A à Z, tome 2, pages 92 à 111).

© Alain GUILLAUME – Octobre 2020.

L’histoire des bureaux de poste d’Acoz

L’une des premières tâches du Gouvernement provisoire de la Belgique, institué au lendemain de la Révolution de 1830, est de constituer une « Administration nationale des Postes » chargée de coordonner les différents services et de les adapter aux nouveaux besoins d’expansion économique et culturelle du pays.

L’Administration générale des Postes est régulièrement réformée et souvent associée au télégraphe et aux chemins de fer. Elle fusionne, en effet, le 11 avril 1849, avec les services des chemins de fer et devient l’Administration des Chemins de fer, Postes et Télégraphes… P.T.T.

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En 1911, l’Administration des postes, déjà chargée de recevoir des dépôts d’espèce et d’effectuer des remboursements pour le compte de la Caisse générale d’Épargne et de Retraite, se voit confier la gestion de l’Office des Chèques postaux, créé par la loi du 28 décembre 1912, sous la dénomination « Service des comptes courants, chèques et virements ».

Par la loi du 6 juillet 1971, l’Administration des Postes est détachée du ministère des Postes, Télégraphe et Téléphone et est transformée en un organisme d’intérêt public sous le nom de Régie des postes, institution d’intérêt public de catégorie A.

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En 2010, La Poste devient « Bpost » avec un logo moderne tout en montrant les racines locales belges de l’entreprise, avec le « B ».

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En janvier 2011, le marché postal belge est entièrement ouvert à la concurrence. Le 21 juin 2013, Bpost fait ses premiers pas sur les marchés boursiers et devient une entreprise cotée en bourse.

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Le 25 novembre 1887, ouverture du premier bureau à Acoz. Aucune archive ne nous précisera l’endroit.

Au début du 20e siècle, vers 1910, Octave POULEUR et son épouse Aline PHILIPPE, font construire leur maison le long de la grand-route, l’actuelle rue de Moncheret 30. Une fois le couple installé, Aline y gérera le bureau de poste jusqu’à l’âge de la retraite vers 1940-1945.

Aline PHILIPPE 640

Commune et poste 1910 640

ACOZ, la poste, vers 1910 640

Le 24 août 1914, l’immeuble est incendié par l’armée allemande. Un an plus tard, c’est un imposant bâtiment tout en briques qui allait se dresser, en retrait de quelques mètres par rapport à l’ancien bâtiment.

POSTE ALINE PHILIPPE 1915 640

Après la seconde guerre mondiale, la « Villa Bolle » sise à la rue des Ecoles, en face de la ruelle Marie Chinon, allait accueillir le nouveau bureau de poste. La gestion est confiée à Flore BODART, épouse Louis SACRÉ, ancienne perceptrice d’Ermeton-sur-Biert. C’est en ces lieux, vers 1945, que Joseph ELOY, fraîchement engagé, allait y prester ses premières journées.

BUREAU POSTE 1940 640

Flore Bodart 640

Madame SACRÉ décédera en 1949, le bureau aurait été transféré en face, dans la maison familiale de Camille et Marie DEBERGH-CLEDA. La pièce de droite, au rez-de-chaussée, aurait été aménagée en bureau.

bureau poste DEBERGH 640

En 1950, Joseph ELOY, originaire de Presles, épouse Francine BOUSETTE et le couple s’installera dans la maison familiale de Gaston et Lucie BOUSETTE-DAFFE, à l’actuelle rue de Moncheret 137.

Joseph ELOY 17aout1974 640

Deux ans plus tard, suite à la proposition de Joseph, l’annexe de cette maison allait devenir le quatrième bureau de poste d’Acoz.  A noter que cette annexe avait déjà connu une activité commerciale puisque les bureaux de la carrière DAFFE y étaient installés jusqu’en 1929 (voir le dossier dans ce blog : « LA CARRIERE DE GRES » – catégorie « Acoz d’antan » – Mars 2019).

BUREAU POSTE ELOY 640

Ce lieu allait connaître une importante activité. Outre le bureau avec guichets destinés à accueillir la clientèle, un service de tri du courrier pour Acoz, Lausprelle, Villers-Poterie occupait une grande partie de la pièce. Trois facteurs y étaient affectés : Robert GRAMME pour Acoz, Robert PHILIPPE pour Villers-Poterie et Edgard BARBIAUX pour Lausprelle. Plus tard, Gougnies allait aussi dépendre du bureau d’Acoz.

Robert GRAMME 320x420

ROBERT PHILIPPE 320x420

Edgard BARBIAUX 320x420

Les sacs contenant le courrier non trié arrivaient par le premier train et plus tard par autobus, avant que la poste ne se dote de camions. A noter qu’il y avait 2 tournées de distribution du courrier : une très tôt le matin et la seconde dans l’après-midi. Le travail des facteurs consistait au tri et la distribution du courrier, le paiement des pensions, la vente de timbres postaux et fiscaux, le relevé des boîtes aux lettres publiques ainsi que l’expédition – par train et autobus – des sacs du courrier sortant.

Camionnette 1959 640

Vers 1975, Il y avait trois services : celui de Joseph ELOY et celui de Martine VAN LANGENHOVE. Le troisième consistait en un renfort lors des jours de paiement des pensions ; à cette époque, beaucoup d’Acoziens venaient y percevoir leur pension mensuelle.

Martine VAN LANGENHOVE 320x420

Le service de Joseph ELOY commençait très tôt, à 5 heures 15 pour la réception du camion-courrier et à 4 heures 50 le jour de paiement des pensions. Lors des congés et absences de Joseph ELOY, la responsabilité était confiée à Martine VAN LANGENHOVE.

Ce dernier bureau de poste a malheureusement été la victime de deux agressions : la première le 4 juin 1985, les malfrats emportant la somme de 150.000 francs belges ; la seconde avec coup de feu le 21 février 1986. Suite à ces hold-up, Joseph fut très affecté et sa carrière allait s’arrêter là. Il décédera en juin 1986, quelques mois seulement après avoir été victime du hold-up à main armée, sans avoir eu la moindre reconnaissance de la part de la régie postale.

Holdup 04061985 640

Holdup 21021986 640

Des restructurations et modifications du bâtiment ont suivi les évènements. Le  bureau d’Acoz, qui a toujours dépendu de celui de Bouffioulx, disparaîtra en 1986.

Joseph ELOY vers 1970 640

LES FACTEURS DEPENDANT DU BUREAU D’ACOZ

Robert GRAMME (tournée Acoz)

Robert PHILIPPE (Villers-Poterie jusqu’en 1971)

André FAUCONNIER (tournée Acoz)

Edgard BARBIAUX (tournée Lausprelle)

Pierre CHERMANNE (tournées Lausprelle et ensuite Acoz)Pierre CHERMANNE 320x420

Michel GOFFIN (Villers-Poterie et Gougnies – serv. motorisé)                Michel GIFFIN 320x400

Raymond LOSSON (tournée et halte Gougnies – motorisation) Raymond LOSSON 320x420

Freddy VANESPEN (remplaçant- décédé très jeune dans un accident de moto à la Sarthe Châtelet)

André MICHAUX (remplaçant)

Robert TONNON (tournée Villers-Poterie)           ROBERT TONNON 320x420

Michel NANNAN (tournée Lausprelle)                 MICHEL NANNAN 320x420

Michel VAN MEERBEECKE dit « FESSE » (tournée Acoz)

Joseph HERCOT (remplaçant- décédé très jeune dans un accident de moto à Pont-de-Loup)

Pierre BEUGNIER (tournée à Acoz)

François COBUT (tournée Lausprelle)           FRANCOIS COBUT 320x420  

     

PERCEPTEURS ET GUICHETIERS DES BUREAUX DE POSTE D’ACOZ

Aline PHILIPPE

Flore BODART (Madame SACRÉ)

Joseph ELOY

Martine VAN LANGENHOVE (titulaire du guichet N° 2)

Thierry LOUIS                                                       Thierry LOUIS 320x420

Danielle BINON                                                      Danielle BINON 320x420

Marie-José ABBELOOS (épouse Emile MOUCHET)Marie-José ABBELOOS 320x420

Liliane HUBERT                                                     Liliane HUBERT 320x400

LE SERVICE TELEPHONIQUE

Le pupitre répartiteur manuel était installé dans la salle des guichets de la gare. Il assumait également le service du téléphone public. Lorsque la station d’Acoz fut fermée au trafic en 1959, les services télégraphiques et téléphoniques publics furent assurés par la poste locale. C’est ainsi qu’un appareil était mis à la disposition des Acoziens jusqu’en 1960, lors de l’installation des cabines publiques dans le village.

Paul ERNOULD 640

Ecritoire 640

Un autre aspect de service était la prise en charge et la distribution des express. Les envois CX (express) ne souffrant aucun retard, c’était le personnel du chemin de fer qui assurait le port à domicile. La fonction de porteur d’avis et télégrammes était également assurée par des garçons de 11-13 ans, après la fin des classes.

Dès 1867, la Caisse Générale d’Epargne et de Retraite (C.G.E.R.) s’intéresse à l’épargne des écoliers et collabore pour ce faire avec le Ministère de l’Instruction publique. En 1870, l’administration des postes met ses 425 bureaux à disposition de la CGER, ce qui dote celle-ci d’un réseau à travers tout le pays.

SOUVENIRS

En 1957, lors de mes études primaires à l’école communale, notre instituteur Monsieur BEAURIR, gérait nos carnets d’épargne. Il se rendait personnellement à la poste pour y déposer nos petites économies. Il nous rendait notre carnet dans lequel le préposé de bureau de poste avait apposé des timbres de valeurs en francs belges.

LIVRET 640

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Tous mes remerciements aux personnes qui m’ont aidé à réaliser ce dossier, particulièrement à Etienne et Luc ELOY, Martine VAN LANGENHOVE et Michel GOFFIN.

© Alain GUILLAUME – Octobre 2020.

Cérémonie d’hommage à Hector POULEUR

Suite à l’article relatif au procès de l’assassinat d’Hector POULEUR, Roland BIRON a réagi en nous présentant un article paru dans le quotidien « LE RAPPEL » du vendredi 29 septembre 1944.

On sait que la série des crimes odieux que la fureur rexiste avait déchaînée sur la région  de Charleroi n’a, hélas ! pas épargné Acoz. Elle a même sévi pendant plusieurs jours dans le charmant et paisible village. Vers la fin de juillet, des membres d’un mouvement de résistance, à ce que l’on suppose, abattirent chez eux le père et la mère d’un légionnaire du front de l’Est.

Ce fut le signal.

A l’occasion de l’enterrement de ces deux civils, une trentaine de « noirs » saccagèrent plusieurs maisons du hameau de Lausprelle, puis descendirent dans le centre de la commune et s’en prirent au château de Monsieur le Baron PIRMEZ.

La brigade allemande de Gerpinnes avertie, accourut et s’apprêtait à ouvrir le feu sur les « noirs », mais une trentaine de Feldgendarmes firent leur apparition et de concert avec les traîtres, continuèrent le pillage.

Ce ne devait pas être fini.

Le lendemain, une sinistre rumeur courait de porte en porte.

Une voiture s’était arrêtée devant la maison de Monsieur Hector POULEUR, ancien combattant de 1914, conseiller communal et président de la Commission d’Assistance Publique. On venait enlever Monsieur POULEUR. Deux heures plus tard, la famille apprenait que le malheureux avait été tué dans le bois de Nalinnes.

Cet affreux drame venait s’insérer dans la série rouge qui débuta par l’assassinat de Monsieur Emmanuel DUMONT de CHASSART, bourgmestre de Saint-Amand et qui continua avec les assassinats de Monsieur HIERNAUX, ancien ministre, du Comte d’Outrelmont et de sa femme, à Ham-sur-Heure et de plusieurs autres pour atteindre son point culminant le 18 août. Plus de soixante personnes furent lâchement abattues par les rexistes et leurs complices allemands.

A l’époque, il n’y eut pas de cérémonies religieuses car la terreur régnait à ce point que les enterrements eux-mêmes servaient de prétextes à de nouveaux assassinats. Mais lundi dernier, l’Administration Communale d’Acoz a fait célébrer un service solennel  à la mémoire de Monsieur Hector POULEUR. Ce fut l’occasion pour la population d’Acoz et des villages environnants de rendre à ce martyr un suprême et éclatant hommage de vénération.

Une foule que l’on peut bien qualifier d’innombrable a assisté à la cérémonie.

La messe fut célébrée par Monsieur le Curé d’Acoz, assisté de ses confrères de Lausprelle et de Joncret. Une demi-douzaine de drapeaux faisait comme une garde d’honneur. Le catafalque, gardé par des représentants des armées de 1914 et de 1940 était recouvert du drapeau national.

Au cimetière, Monsieur MEUNIER, échevin, lut l’allocution suivante que Monsieur le Bourgmestre, retenu à Bruxelles par la situation politique, avait préparée :

« L’Administration Communale d’Acoz a voulu rendre un suprême hommage à la mémoire d’un de ses administrateurs les plus dévoués qui fût lâchement assassiné à la veille de la délivrance de pays.

Monsieur POULEUR mettait son temps, son intelligence et son activité au service de ses concitoyens. Ils lui en conserveront une reconnaissance méritée.

Combattant de la guerre de 1914-1918, il ne doutait pas que, cette fois encore,  la justice et le droit triompheraient finalement.

Il aurait pu longtemps encore apporter son précieux concours à notre administration. La brutalité d’un assassin nous en a privés.

Nous conserverons sa mémoire comme celle d’un bon patriote, d’un bon serviteur du Pays et de la Commune.

Puisse la considération dont son nom restera entouré, adoucir la douleur de sa famille.

Nous adressons à celle-ci, au nom de la population, une pensée émue et un suprême hommage, confiant que Dieu aura accueilli celui qu’elle pleure, comme un soldat courageux  et un martyr de la liberté.

Hector POULEUR est mort en effet pour la patrie. Il est de ceux qui maintenant réclament là-haut la justice sur la terre et la paix pour les hommes de bonne volonté ».

TOMBE HECTOR POULEUR 640

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Des souvenirs d’Elisabeth GIGOT, relatés à son fils Roland :

Une voiture, circulant sur la chaussée Châtelet-Gerpinnes, s’arrête à hauteur d’un passant. L’un des passagers lui demande l’adresse de la maison où réside Hector POULEUR. Sans se douter du but de la visite, l’adresse leur est donnée immédiatement. Ce passant n’était autre que Louis BOURBOUSE, neveu d’Hector POULEUR.

Maison Hector POULEUR 640

René et Elisabeth BIRON-GIGOT occupaient l’une des maisons sises à gauche en montant la rue de la Raguettte, juste avant la rue des Ecoles. Elisabeth a vu une grosse voiture noire qui prenait la direction de Lausprelle. Il y avait quatre occupants dont Hector POULEUR. Ce dernier ne portait pas sa casquette, ce qui l’a troublée.

Selon les dires d’Ida HOUYOUX, lors de son enlèvement, Hector a voulu emporter sa casquette. L’un des futurs assassins aurait déclaré : « ça ne vaut pas la peine, on n’en a pas pour longtemps ! »

IDA HOYOUX ET FAMILLE 640

© Alain GUILLAUME – Septembre 2020.

Le procès des assassins d’Hector POULEUR

Dernièrement, Jean HOUASSIN de Villers-Poterie m’a offert ce carnet rédigé par Marcel MEUNIER. En le feuilletant, j’ai découvert une multitude d’articles de presse concernant des faits qui se sont passés à Acoz.

J’ai de suite été intéressé par des coupures de presse relatant le procès des assassins d’Hector POULEUR.

Je les ai retranscrites pour vous présenter une agréable lecture.

Encore un sombre drame, aussi odieux qu’imbécile, dont les tueurs rexistes ont à répondre. Celui qui coûta la vie à Hector POULEUR, conseiller communal à Acoz et président des Anciens Combattants 1914-1918. Un honnête homme, avons-nous déjà dit, qu’abattirent comme un chien les spadassins de l’ordre anciennement nouveau.

La foule est exceptionnellement nombreuse, qui garnit jusqu’à ses moindres recoins, le vaste prétoire. Une assistance-record qui bat « celle de Daumeries ». Beaucoup de femmes. La délégation d’Acoz est particulièrement importante.

Public bien sage qui sera tout yeux et tout oreilles jusqu’à la fin de l’audience.

Cinq accusés ont été cités, ce sont, dans l’ordre :

Victor DUBREUCQ, cordonnier, 55 ans, avenue Vandervelde 10 à Bouffioulx

Jean AVART, négociant, 31 ans, rue Neuve 51 à Charleroi

Jules ROOSENS, plombier-zingueur, 43 ans, rue de Beaumont 175 à Marchienne-au-Pont

Georges DE HEUG, négociant, 52 ans, quai de Brabant 17 à Charleroi, résidant à Montigny-le-Tilleul

Jean RYS, employé, 41 ans,  chaussée de Mons 22 à Dampremy. Ce dernier court encore. On le sait, c’est un récidiviste du crime qui se fit la main en abattant Emmanuel DUMONT de CHASSART, bourgmestre de Saint-Amand.

A 2 heures 40, les autres accusés, suivant de près les membres du Conseil de Guerre que préside Monsieur le Juge SALLIEZ, pénètrent dans la loge vers laquelle convergent mille paires d’yeux.

Visages divers. Ames d’une égale noirceur. Leurs regards inquiets embrassent furtivement la nombreuse assemblée à la recherche, semble-t-il, d’une figure amie.

AVART, cette vieille connaissance des habitants du prétoire, n’a pas abandonné son attitude méditative, contrite et humiliée des précédentes audiences  au cours desquelles il se fit infliger à trois reprises la peine de mort. Il a engraissé, le gaillard. Il fait penser à un frère lai écoutant humblement une homélie de son prieur. DUBREUCQ a l’air d’un paisible artisan, ROOSENS d’un gaillard qui n’a pas froid aux yeux, qui dissimule derrière de larges lunettes d’écailles. DE HEUG, qu’enveloppe un large loden beige, a le masque dur et paraît s‘ennuyer très fort de se trouver là.

L’AUDIENCE

Dès le début de l’audience, Maître GALLEZ, défenseur de DUBREUCQ, se basant sur la défaillance de RYS, demande la disjonction de l’affaire en ce qui concerne son client.

On ne voit pas très bien la portée de ces conclusions que le Conseil rejette après deux minutes de délibération.

L’ACTE D’ACCUSATION

Monsieur le Substitut de l’Auditeur MAYENCE qui instruit plus particulièrement le cas de tous les tueurs, a maintenant la parole pour faire l’exposé. Nos lecteurs les connaissent. Résumons-les brièvement en suivant l’acte d’accusation.

Le 24 juillet 1944, les époux DESCARTES, parents d’un légionnaire, étaient abattus par les patriotes à Acoz-Lausprelle. Le jour de leurs funérailles, plusieurs maisons sont saccagées dans le hameau par les Rexistes. L’ire de ceux-ci n’était pas encore apaisée. Il fallait encore faire mieux. Ou pire. Le 28, AVART et RYS, qui étaient attablés au Café Métropole tenu par le rexiste Jean FINET, aux Quatre-Bras de Gilly, s’y rencontrent fortuitement avec Victor DUBREUCQ, chef de Rex-Bouffioulx. On remplit les verres et on parle naturellement des événements d’Acoz. Justement une bombe vient d’éclater chez le légionnaire HENROT, chaussée de Châtelet à Gilly. AVART et RYS sont donc démontés. Il leur faut une victime expiatoire. Mais laquelle ? Cela tombe bien. DUBREUCQ est là qui leur donne trois noms, dont celui d’Hector POULEUR. Celui-ci est donc condamné à mort. Quels seront les exécuteurs de ces basses œuvres ? DE HEUG et ROOSENS ont justement eu des ennuis avec les patriotes. On leur fait la proposition au local rexiste de Charleroi. ROOSENS se récuse mais il accepte d’être de l’expédition. DE HEUG, au contraire, revendique l’honneur d’abattre POULEUR. Comme il n’a qu’un revolver de pacotille, RYS lui en fournit un plus adéquat. RYS qui est au volant de l’auto, ROOSENS, AVART et DE HEUG partent donc pour Acoz. POULEUR est arrêté à son domicile et emmené vers la bois de la Ferrée à Nalinnes. On le fait descendre. RYS fait un signe et DE HEUG l’abat d’un coup de revolver dans la nuque. Il tire un deuxième coup, à bout touchant dans l’oreille. Veut en tirer un troisième mais l’arme qui est pleine de sang s’enraye.

Leur coup fait, les quatre complices rentrent à Charleroi, abandonnent leur innocente victime dans un fossé.

L’auditeur termine cet impressionnant exposé en révélant que AVART a proposé à l’Etat-Major de Rex d’accorder à Georges DE HEUG, la « Croix du Sang ». Un « oh ! » prolongé court dans l’auditoire.

L’INTERROGATOIRE

Monsieur le Président SALLIEZ procède maintenant à un court interrogatoire.

DUBREUCQ nie les faits. Il n’a désigné personne à la vindicte rexiste.

AVART est plus loquace et plus sincère. Il reconnaît sa participation au crime dont il décrit les différentes phases : « ni RYS, ni moi, nous ne connaissions POULEUR ». Sur une question du Président, AVART déclare : « il me répugne d’accuser un absent (RYS) mais dans l’intérêt de la vérité je me vois forcé de le faire ».

Interrogé à son tour,  DE HEUG se dit d’accord avec le récit que vient de faire AVART. « Mais on a profité de mon état de surexcitation pour faire pression sur moi. Moi-même, je me sentais menacé… ».

Monsieur le Président : « on n’a pas dû faire beaucoup de pression, je crois ! ».

DE HEUG : « on m’avait dit que POULEUR était un communiste dangereux ».

ROOSENS, lui, ne voulait pas participer à l’expédition : « mais RYS était un type sournois, il fallait s’en défier ». (Rire de l’auditoire).

DUBREUCQ nie avoir été le chef de groupe de Rex-Bouffioulx-Acoz-Gerpinnes. Aussi ne connaissait-il pas POULEUR. Qu’il dit.

Monsieur l’Auditeur MAYENCE : « vous jouez sur les mots comme vous n’avez cessé de la faire au cours de l’instruction ! ».

LES TEMOINS

En vêtements noirs, Madame POULEUR, née Ida HOUYOUX, veuve de la victime, paraît la première au lutrin des témoins. Avec des sanglots dans la voix, elle évoque l’arrestation de son mari.

Monsieur le Président : « DUBREUCQ connaissait-il votre mari ? ».

Madame POULEUR : « avant la guerre, nous portions chez lui nos chaussures à réparer ».

DUBREUCQ : « je l’ignorais ».  (Rires).

Son fils, Monsieur Roger POULEUR, confirme cette émouvante déposition.

Après quoi, on reprend l’audition des témoins. Yvonne COLLYNS et Louis BOURBOUSE n’apprennent rien de nouveau.

C’est chez le détenu Jean FINET, cafetier à Gilly, que les accusés ont décidé leurs représailles contre POULEUR dont le nom fut donné par DUBREUCQ, mais le détenu ne se souvient de rien. Il ne se souvient pas davantage de la bombe qui explosa chez son ami HENROT. Mais AVART intervient : « il faut que tout le monde prenne ses responsabilités petits et grands. C’est par nous que vous avez appris cette explosion » jette-t-il au témoin qui reste avec sa mémoire bouchée.

AVART intervient encore pour démentir DUBREUCQ au sujet des dénégations de celui-ci quant à son activité politique. Monsieur l’Inspecteur VAN CAUTER confirme que DUBREUCQ était mêlé aux pourparlers en vue des représailles. Mais le prévenu s’esquive toujours derrière l’un ou l’autre faux-fuyant : « si BERTRAND était rentré, il pourrait rétablir la vérité ». Maître MAYENCE : « nous le tenons, il est ici ». DUBREUCQ accuse le coup. AVART : « nous avons été trompés. Nous avons su trop tard que l’exécution de POULEUR ne se justifiait pas ». Maître MAYENCE : « quel est l’assassinat qu’on pouvait justifier ». AVART : « aucun, évidemment ».

ROOSENS, interrogé, déclare qu’il n’a pas voulu tuer par simple dégoût du meurtre : « c’est RYS qui a inventé l’histoire que je m’étais dérobé parce que j’étais cardiaque ». 

En résumé, seul, DUBREUCQ s’est réfugié dans le maquis des dénégations.

LA PARTIE CIVILE

Plaidant pour la partie civile, Maître GEORGE ne manque pas, au seuil de sa plaidoirie, d’évoquer la mémoire de Monsieur Hector POULEUR, décrivant le patriotisme et l’esprit de dévouement envers ses concitoyens. Autant de choses, dit l’avocat, qui les désignaient à la vindicte de tueurs infâmes qui ont écrit une des pages les plus atroces de notre histoire.

Maître GEORGE s’efforce d’établir la responsabilité de DUBREUCQ qui savait à quelles gens il avait affaire. En leur livrant le nom de POULEUR, il savait que c’était un malheureux condamné d’avance. Car il savait les terribles précédents de Saint-Amand et d’ailleurs.

La partie civile ne s’étend pas davantage sur la responsabilité trop évidente des quatre autres complices et il développe aussitôt ses conclusions réclamant à ces cinq hommes, solidaires, le payement d’un dédommagement moral et matériel évalué à environ un million de francs.

LE REQUISITOIRE

Entre des phrases sobres, claires, incisives, Monsieur l’Auditeur MAYENCE échafaude son réquisitoire. Ce crime, dit-il, s’est perpétré sous le sceau de la cruauté et de la lâcheté.

L’organe de la loi amène tout d’abord sous ses fourches caudines, le prévenu DUBREUCQ qu’il débusque de son paravent de mensonges et de dénégations. Il a, dit-il, effectué, dénoncé à l’ennemi un honnête citoyen qui paya de sa vie cette dénonciation.

DUBREUCQ n’ignorait pas le sort qui serait réservé à Monsieur POULEUR. Il ne pouvait pas l’ignorer car il savait de quoi étaient capables RYS et AVART qui avaient déjà fait leurs preuves.

Monsieur MAYENCE évoque la participation respective des autres accusés dans le crime, a des mots très durs pour ROOSENS « qui faisait volontiers le bravache sur les trams » et fait passer une vague d’émotion dans tout l’auditoire quand il retrace la scène au cours de laquelle Georges DE HEUG, « ce bourgeois bien éduqué avec pignon sur rue » tua froidement, à bout touchant un bon père de famille.

Ce crime odieux, s’écrie-t-il, sous une tempête d’applaudissements, qui ne peut être sanctionné que par la peine de mort.

Dans leur box, les accusés sont livides. Seul AVART ne bronche pas. Il a l’habitude. Les paupières de DUBREUCQ battent derrière les orbes de ses lunettes. ROOSENS se gratte le menton et DE HEUG se masse les doigts.

LES PLAIDOIRIES

A Maître Joseph CHAUDRON incombe la lourde tâche d’essayer de sauver AVART d’une quatrième peine de mort. Il s’en acquitte, comme dans ses précédentes plaidoiries, en essayant de faire passer son client pour un taré, un malade, un irresponsable.

La tactique est peut-être bonne. Encore qu’elle n’a aucune chance de succès. Pas auprès de l’assistance certainement qui mêle ses rires à ses protestations.

Maître GALLEZ, défenseur de DUBREUCQ, ROOSENS et DE HEUG, demande quelques heures de répit pour revoir le dossier.

Il plaidera donc ce vendredi à 2 heures 30.

L’audience est levée à 5 heures.                                                                             

A. R.

La foule était aussi dense que la veille. Comme hier aussi la table de la presse fait figure d’un îlot contre quoi battent les flots d’un public de plus en plus envahissant. Il n’écume tout de même pas mais il gène néanmoins les journalistes qui sont obligés de défendre ou reconquérir leurs chaises avant de pouvoir travailler à l’aise.

A 2 heures 45, les membres du Conseil de Guerre prennent place au siège. Les quatre prévenus sont aussitôt introduits dans leur box, cependant que la salle tout entière ondule et s’exclame.

LES PLAIDOIRIES

DUBREUCQ

Maître GALLEZ présente aussitôt la défense de Victor DUBREUCQ. L’avocat reconnaît que le prévenu faisait bien partie des formations politiques de Rex et en vient rapidement à aborder la question la plus épineuse pour son client, accusé surtout d’une « dénonciation ayant entraîné la mort de la victime ».

On sait que DUBREUCQ, malgré l’affirmation des enquêteurs et d’AVART lui-même, nie avoir donné le nom de POULEUR aux tueurs décidés à faire des représailles pour venger la mort des époux DESCARTES. La tactique du défenseur consiste donc, non sans adresse, à jeter un doute qui doit bénéficier à l’accusé. Y réussira-t-il ?

En attendant de le savoir, DUBREUCQ qui reste immobile, les mains derrière le dos, ne paraît pas être dans ses pantoufles. Et même, continue l’avocat, si DUBREUCQ a réellement dénoncé, il ne l’a fait qu’à des Belges. Monsieur l’Auditeur MAYENCE : « qui portaient l’uniforme de la Wehrmacht ». En terminant, Maître GALLEZ réclame encore la disjonction du cas de son client.

DE HEUG

Maître J. CHAUDRON parle ensuite pour DE HEUG « qui a tiré qu’en vertu d’un ordre de RYS ». (Rires dans la salle). DE HEUG, ajoute-t-il, au milieu d’une hilarité de la salle, voudrait demander pardon.

L’honorable défenseur faisait ensuite état de la surexcitation dans laquelle se trouvait son client à la suite d’un attentat et de menaces qu’il venait d’être l’objet, pour essayer d’expliquer le geste du tueur. Si la guerre n’était pas venue, DE HEUG, dit-il, serait resté un honnête homme.

A ce moment de la plaidoirie, DE HEUG a le visage décomposé. On devine ses efforts pour se contenir. Finalement, il pleure.

Maître CHARDON, dans sa péroraison, évoque les « bons et loyaux services » à DE HEUG qui fut volontaire de guerre en 1914. Maître MAYENCE : « pardon ! DE HEUG m’a déclaré qu’il était honteux d’avoir été volontaire de guerre et qu’il avait tout fait pour réparer cette erreur… ». (Sensation dans l’auditoire). DE HEUG jette deux mots à voix basse à son défenseur qui nie ces propos sacrilèges. Bon prince, Monsieur l’Auditeur MAYENCE n’insiste pas.

ROOSENS

Reprenant la parole, Maître GALLEZ, défendant ROOSENS, prétend, non sans habileté, que son client ne peut être considéré comme auteur ou co-exécuteur. Tout au plus, doit-on le juger comme un complice…

L’honorable avocat fait ensuite valoir des services rendus à des concitoyens par ROOSENS qui refusa d’ailleurs une levée d’otages quand sa maison fut l’objet d’un attentat. C’est pourquoi il réclame, en fin de compte, l’indulgence du Conseil de Guerre.

« N’avez-vous plus rien à ajouter pour votre défense ? » demande le Président SALLIEZ aux accusés.

AVART, le seul qui soit demeuré impassible au cours des débats, déclare : « j’ai toujours fait et je ferai tout pour amener la lumière. Je regrette que tous n’aient pas agi de même. Je demande, si c’est possible, l’indulgence pour ROOSENS ».

De son côté,  DE HEUG nie avoir regretté l’erreur d’avoir été volontaire de guerre. Une voix dans la salle : « menteur ! ».

Sur une réplique de l’Auditeur MAYENCE qui s’offre à faire venir un témoin, les débats sont déclarés clos.

A 3 heures 35, le Conseil de Guerre se retire pour délibérer.

A 4 heures 25, il rentre dans la salle. Mauvais signe pour les accusés, Monsieur le Président SALLIEZ invite le public à s’abstenir de toute manifestation. Puis, au milieu d’un silence impressionnant, il donne lecture de l’arrêt.

Les conclusions de DUBREUCQ tendant à ce que son cas soit disjoint, sont rejetées.

Ensuite, dans un jugement longuement motivé, le Président du Conseil de Guerre lit les « attendus » de l’arrêt qui concluent à la condamnation à mort des cinq accusés : DUBREUCQ, AVART, ROOSENS, DE HEUG et RYS.

Ne tenant pas compte de l’invitation qui lui a été faite par le Président, l’assemblée éclate en bravos qui s’apaisent d’ailleurs d’eux-mêmes.

Madame POULEUR et sa famille ont obtenu 791.721 francs à titre de dommages-intérêts.

Les condamnés qui ont accueilli le verdict sans broncher, sont ensuite emmenés, poursuivis par les cris de la foule.

                                                                                                                             A. R.

Les 4 enfants du couple Hector et Ida POULEUR-HOUYOUX

LES EXECUTIONS

Les accusés ont été exécutés le 10 novembre 1947 avec 22 autres condamnés à mort, dans la cour de la caserne de gendarmerie de Charleroi.

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A signaler que la famille ROOSENS, honorablement connue dans la région de Tarcienne, n’a aucun lien de parenté avec le condamné Jules ROOSENS.

© Alain GUILLAUME – Août 2020.


Décès de Léon HACHEZ

La famille vous fait part du décès de

Léon HACHEZ

époux de Marie-Thérèse NOCENT

Léon HACHEZ 300

survenu à Loverval le 17 août 2020, à l’âge de 76 ans.

Les funérailles religieuses, suivies de l’inhumation au cimetière d’Acoz, seront célébrées en l’église paroissiale Saint-Michel de Gerpinnes le vendredi 21 août 2020 à 10 heures.

Léon repose au funérarium Gabriel POSTIAU, rue de la Scavée 32 à Acoz où les visites sont souhaitées le mardi 18 de 14 à 16 heures et les mercredi 19 et jeudi 20 de 17 à 19 heures.

Le jour des funérailles, rendez-vous au funérarim à 9 heures.

Levé du corps à 9 heures 45.

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Pompes funèbres SPRL GABRIEL POSTIAU

Rue de la Scavée 32 – 6280 ACOZ
Succursale :
Rue de Philippeville 134 – 6120 NALINNES
Tél/Fax 071 50 40 65 – GSM 0495 26 12 12

 

Alain GUILLAUME – Août 2020.

 

Une première philatélique à Acoz

Extrait des archives de Joseph ELOY ()

par Etienne et Luc ELOY    Etienne ELOY 150     Luc ELOY 150

 

Qu’appelle-t-on bureau de poste temporaire ?

C’est un bureau créé spécialement à l’occasion d’une manifestation commerciale philanthropique, philatélique ou autres de durée limitée et fonctionnant pendant la durée de celle-ci.

Généralement dotés d’un timbre à date spécial, souvent décoratif, les bureaux mis en service dans le canton datent surtout de 1962.

Le premier d’entre eux fut mis en service lors de la grande fancy-fair organisée à Acoz dans le parc du Château Pirmez en juillet 1937.

Cette fancy-fair était organisée au profit de la plaine de plein air du Bois Marcelle à Marcinelle.

Un feuillet-souvenir numéroté affranchi des timbres 447 à 454 (Souvenir de la reine Astrid) a été émis et vendu au bénéfice du même organisme.

timbres 640

 

© Alain GUILLAUME – juin 2020.