Les processions religieuses à Acoz

LA PROCESSION DU SAINT-SACREMENT

C’était une procession publique où l’hostie sainte était portée en grande pompe à travers les rues du village au cours d’une déambulation, entrecoupée de stations et de prières à des autels provisoires et chapelles que l’on appelait pour la circonstance des reposoirs. Tous les paroissiens du village y participaient.

Elle était organisée chaque année le dimanche qui suit la Fête-Dieu (le jeudi qui suit la Trinité).

Dans notre village, comme dans d’autres où l’on marche à la Sainte-Rolende, la Compagnie de Marcheurs participait à la procession. Tambours, fifres et fanfares animaient  la sortie. Suite à la disparition de la Compagnie d’Acoz à la Pentecôte en 1949, le cortège religieux était constitué du curé accompagné des marguilliers de la Fabrique d’Eglise qui portaient le dais (dans les années 50-60 : Jean HOSPEL, Joseph GENOT, Marcel DUMONT, Albert STEVAUX, Joseph ELOY, Marcel DEBERGH, Baron Edouard PIRMEZ) le protégeant du soleil ou des diverses intempéries ; et des deux côtés, les hommes l’escortaient, tenant en main un flambeau, signe de dévotion et de respect.

Procession dais 500

Les petites filles ayant fait leur « petite communion » dans l’année ouvraient le cortège en parsemant le chemin de pétales de fleurs, suivies par les plus âgées ayant accompli leur profession de foi, revêtues de leur belle robe blanche.

Les révérendes sœurs de la Providence (Soeurs Irma, Camille et Julienne) ainsi que les institutrices de l’Ecole du couvent accompagnaient les enfants porteurs de diverses bannières et oriflammes.

St-Sacrement 1945-46 2 640 NB

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1946-47 – Les enfants de choeur, de gauche à droite : Charles DUMONT, Joseph THYS, Michel JACQUES et Roland BIRON. On y reconnaît Elisabeth GIGOT (mère de Roland BIRON), Madame GENOT (institutrice à l’école du couvent) et la Révérende Soeur Supérieure Irma.

Les Anciens Combattants et Prisonniers de Guerre étaient aussi présents avec leurs drapeaux tricolores.

Venait ensuite la statue de la Vierge Marie, portée par les jeunes filles célibataires.

Notre garde-champêtre Marcel BERNY (voir le livre ACOZ de A à Z, tome 1, pages 6-11) réglait la circulation, alors encore assez fluide.

A la sortie de la grand-messe célébrée en l’église paroissiale Saint-Martin, le cortège religieux se mettait en route en empruntant un parcours bien défini.

 

MONIQUE BERNY 500
Monique BERNY vers 1952-53.

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1946-47 – Claire BERTULOT entourée de petits anges.

La première halte avait lieu à la rue des Ecoles, à la chapelle Saint-Roch appartenant à la famille MATHUES. Après quelques prières et une première bénédiction, la procession se se dirigeait vers le Calvaire DEMEURE, à droite en montant la Raguette. (Cette chapelle fut rénovée en 1993 par la Marche Saint-Roch et Saint-Frégo et fut dédiée à ce moment à saint Frégo (voir le livre « ACOZ de A à Z, tome 1, pages 186-205). C’était ensuite la chapelle Saint-Roch (dite « chapelle SCIEUR »), sise à la rue de Moncheret, qui accueillait les pèlerins. Un dernier arrêt était programmé à la chapelle Sainte-Rolende du château d’Acoz, avant la rentrée solennelle et la dernière bénédiction sur le parvis de l’église Saint-Martin.

Chapelle Mathues 500
Rue des Ecoles – La chapelle Saint-Roch, propriété de la famille MATHUES. (Elle fut abattue vers 1960 pour faire place à un garage. Remplacée par une potale toujours visible de nos jours).
CHAPELLE ST-FREGO 640
L’actuelle chapelle Saint-Frégo.
Chapelle saint-Roch 640
La chapelle Saint-Roch (dite « chapelle SCIEUR »), sise à la rue de Moncheret).
CHAPELLE CHATEAU 640
La chapelle dédiée à sainte Rolende, à l’intérieur du château d’Acoz.
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1955-56 – La procession à la sortie du château d’Acoz.

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1955-56 – La Fanfare Royale d’Acoz. On y reconnaît : Jean-Claude CASTIN, René DUFLOT, Léonard CHARLIER, Albert TOUSSAINT et Georges CHARLIER.
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1950 – La Fanfare Royale d’Acoz à la rentrée de la procession. Au premier plan, de gauche à droite : Fernand DEGRAUX (secrétaire communal), Michel GANGOLF (secrétaire de la fanfare) et X WAUTELET (vice-président de la fanfare).

LA PROCESSION DU 15 AOUT

Celle-ci était organisée le 15 août, jour de la fête de l’Assomption, dédiée à la Vierge Marie. Moins imposante que celle du Saint-Sacrement et appelée « petit tour » en raison du fait que l’on ne passait pas au château.

FETE ASSOMPTION 640
Vers 1953 – On y reconnaît, de gauche à droite : X, Christiane ERNOULD, Lucy CESARATO, Anna (Anaïs) CREMELIE et Claudine DEGRAUX. A l’arrière plan : le curé FLEURQUIN et le garde-champêtre Marcel BERNY. (A gauche avec le volet mi-baissé : la boucherie tenue par Michel et Suzanne GANGOLF).

Vers 1965, comme un peu partout, ces manifestations religieuses ont disparu.

ANECDOTE

En 1956, lors de la construction des premières cités le long de la rue de la Raguette, l’abbé Albert DOUBLET avait décidé d’allonger le parcours en passant devant ces nouvelles habitations. Il ne fallait pas chercher très loin pour comprendre le pourquoi. Une grande rivalité existait entre notre curé et le pouvoir communal de l’époque dirigé par Fernand POULEUR, initiateur de ces récentes maisons qui abritaient une grande majorité de familles socialistes. Mais tout cela s’est passé sans problèmes et… la procession  terminée, la plupart des paroissiens se retrouvaient attablés au café « CHEZ LIEN ». Notre bon curé DOUBLET n’a pu s’empêcher de rejoindre le « CAFE HANQUART » pour « taquiner  son ennemi de cœur » à savoir le bourgmestre Fernand POULEUR. (Voir le livre ACOZ de A à Z, tome 1, page 61).

 

LES ROGATIONS

Les processions des rogations étaient au nombre de trois et avaient lieu les trois jours précédant le jeudi de l’Ascension, c’est-à-dire les 37e, 38e et 39e jours après Pâques.

A la demande des agriculteurs locaux, leur but était de prier pour protéger les animaux, les champs et les cultures.

rogations

Enfant de chœur vers 1958-59, les souvenirs sont toujours présents dans mon esprit : après la messe célébrée vers 07 heures du matin, la procession se formait,  la grande croix en tête, portée par un enfant de chœur. Le curé en surplis, chapelet en mains, récitait des prières en communion avec les pèlerins. Les différentes familles de cultivateurs étaient présentes.  Chaque jour, le trajet différait ;  on empruntait l’actuelle rue de la Scavée pour atteindre la prairie juste en face du cimetière. Sur place,  le prêtre chantait en latin la litanie des saints. Après chaque citation, les pèlerins reprenaient en chœur : « Te rogamus audi nos » ce qui signifiait « Nous te demandons de nous entendre » et « Ora Pro Nobis » (« Priez pour nous »). La cérémonie se terminait par la bénédiction du lieu avant de reprendre le chemin de l’église. Le lendemain, on prenait la direction du chemin de Joncret jusqu’au lieu-dit « Le Grand Arbre » (voir ce blog : « Toponymie » dans la catégorie « patrimoine » – avril 2018), et le dernier jour celle qui menait au lieu-dit « La Croix d’Acoz », à la sortie du village en allant vers Gerpinnes.

Joseph THYS, enfant de chœur vers 1950, se souvient que le curé FLEURQUIN bénissait des bouts de bois que les paroissiens plantaient dans leur jardin en guise de protection contre le mauvais temps, espérant une bonne récolte de légumes.

Au cours des années, les fermes ont disparu une à une, les processions n’attiraient plus beaucoup de pèlerins et seront supprimées vers 1965.

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Mes remerciements à Monique BERNY, Francine DEMEY, Roland BIRON, Joseph THYS, Michel et Claude JACQUES pour l’aide apportée à la rédaction de ce dossier.

 

© Alain GUILLAUME – Octobre 2019.