La barrière « zébrée »

En revoyant cette photo représentant Emile POULEUR, dit « Mon’dî », en compagnie de son petit-fils Jacques BERTULOT, un souvenir me revient à l’esprit.

Barrière

Depuis des décennies, les deux clubs de football carolos, à savoir les « Zèbres » du Sporting et les « Dogues » de l’Olympic, attiraient la grande foule lors de mémorables derbies qui étaient disputés dans une ambiance folle où les supporters des 2 camps se charriaient sans cesse tout en se respectant.

A Acoz, Joseph TENRET (père de Ginette, Lorette, Jean-Pierre et Bernard) était un dogue acharné. Son voisin, Santo BRIOLA préférait l’équipe des Zèbres…

Nous sommes le 17 mai 1966. Un événement sportif se déroule à Bruxelles. Le Royal Sporting Club de Charleroi y dispute un test match contre Watershei pour l’ascension en division 1 nationale. Les carolos l’emportent 2-0, ce qui leur permet de rejoindre l’élite. La « fiesta » peut commencer…

Le lendemain matin, Joseph sort de son café situé au carrefour de la rue des Ecoles et son regard est de suite attiré vers son jardin sis juste en face. Quelle surprise ! La barrière était recouverte de peinture noire et blanche ! Les barres verticales zébrées lui ont indiqué de suite l’auteur de ce chef d’œuvre.

Notre dogue de cœur venait de se faire charrier.

Je viens de retrouver une photo avec cette fameuse barrière zébrée.

Béatrice CHARLES Barrière

Alain GUILLAUME – Juillet 2018.

La croix près de « La Tourette »

Quelle est donc l’origine de cette croix sise en face de « La Tourette », dite « Tour Léonienne », non loin de l’immeuble du Docteur Bernard ALEXANDRE ?

On peut lire dans les archives de la Fabrique d’Eglise de la paroisse Saint-Martin d’Acoz :

« … Don de Eugène-François de Dorlodot, Maître de Forge, ayant sa fonderie à la rue de Moncheret à Acoz, à 200 mètres de la gare.

Monsieur le Baron a également fait don du Christ sur la croix au cimetière, ainsi que de 4 petits Christs de 50 centimètres pour les quatre points cardinaux… ».

Je rejoins les commentaires de Bernard ALEXANDRE lorsqu’il pense que ces croix en béton auraient été plantées aux 4 coins cardinaux du village : la première en face de « La Tour Léonienne », la deuxième à la rue du Petit Floreffe (dans le bois qui descend vers Bouffioulx), la troisième dans les fonds d’Acoz, et la quatrième au sommet de la côte vers Gerpinnes (ce serait plausible, d’où le nom du lieu-dit « La Croix d’Acoz »).

Revenons à celle qui était abritée sous deux magnifiques pins parasols, non loin du cimetière. Bernard ALEXANDRE se souvient qu’elle fut volée un samedi matin par des gens venus sur place avec une remorque. L’opération fut très rapide. Ce vol eut lieu vers 1986.

Croix d'Acoz_1 1000_InPixio

La croix actuelle (en pierre) a été fixée par Léon GERARDS ; son beau-frère Roland BOLLE, fossoyeur, l’avait récupérée au cimetière. Elle a subi l’œuvre de vandales mais Léon GERARDS l’a réparée et refixée.

CROIX EN PIERRE

Autres précisions :

  • cette croix fut implantée sur une enclave de terrain appartenant à la famille de DORLODOT, ce qui peut apporter un argument à l’origine de cette famille de toutes les croix  ;
  • quant aux deux pins parasols, ils ont été abattus fin 1984.

 

Une seconde version de l’origine de ces croix se trouve dans le livre écrit par Jacques FRANCOIS, à l’occasion des 75 ans de l’église de Lausprelle. On y lit :

« Il ressort des renseignements fournis en 1979 par Miche1 TOURNAY de Loverval, fils du pharmacien de ce lieu et ancien propriétaire de la villa  « Les Lutins », rue de la Raguette à Acoz, que sa famille descend en ligne directe des HELSON, eux-mêmes apparentés aux DEMERBE. Selon lui, un HELSON, originaire d’Acoz, devint directeur des Forges et Hauts Fourneaux de La Providence à leurs débuts en 1838. Celui-ci aurait décidé que la première coulée de fonte servirait à fabriquer quatre « Christ » identiques, pour être placés aux alentours d’Acoz et Lausprelle. Afin de concrétiser ses intentions, quatre calvaires furent installés aux endroits suivants :

  • le premier, en face de « La Tourette » des de DORLODOT, dite « Tour Léonienne » (en bordure de la propriété du Docteur ALEXANDRE, proche de l’embranchement de la rue de la Scavée), entouré de 2 pins sylvestres abattus en 1980 ou 1981. C’est le seul qui soit demeuré en place, argenté et fixé sur une croix en béton ;
  • un second appelé « Le Grand Bon Dieu », cloué sur croix et fixé au tronc d’un énorme chêne, à mi-côte de la rue du Petit Floreffe et à proximité de la barrière de Mademoiselle de DORLODOT. Lorsque cet arbre fut abattu vers 1980, des voisins auraient, paraît-il, identifié la personne ayant emporté ce Christ ;
  •  un troisième dit « Croix Michel », situé en un lieu appelé « Le Grand Arbre », sur la  route allant de Joncret vers Acoz. Le pharmacien TOURNAY ayant appris que cet arbre venait d’être abattu par la foudre, vers 1925, vint récupérer le Christ, qui a depuis lors été replacé sur le caveau de sa famille, au cimetière de Gilly ;
  • un quatrième Christ se trouvait dressé à l’entrée de Lausprelle, en direction de Couillet. 0n en a gardé un vague souvenir, car disparu depuis très longtemps ».

 

 

Le Christ du cimetière d’Acoz

Ayant appris l’existence de ce Christ, je me suis rendu au cimetière… et miracle ! Il est toujours bien présent, fixé sur une croix en bois. J’avoue n’avoir jamais pris attention à lui.

CHRIST CIMETIERE

Vous pouvez le découvrir sans difficulté, au bout de l’allée centrale du « vieux cimetière ».  Recouvert d’une couche de peinture que le temps tente d’effacer, il serait peut-être temps de le « soigner ».

 

Alain GUILLAUME – Juillet 2018.