Le quai de déchargement des sablières

Suite au déboisement de la vallée située au lieu-dit « Vô-Biesme », à gauche de la route N 975 Acoz-Bouffioulx , les vestiges de l’ancien quai de déchargement des sablières sont à nouveau visibles.

VÔS BIESME MÂRTIA 640

QUAI 1 640

QUAI 2 640

QUAI 3 640

QUAI 4 640

Jusqu’en 1930, l’activité des sablières de Joncret et Lausprelle était en plein essor. Après l’extraction du sable, celui-ci était chargé dans des wagonnets, tirés par une locomotive à vapeur qui partait de la limite Joncret-Les Flaches, au niveau de la rue du Pachy. Les convois se succédaient à intervalles réguliers et se dirigeaient vers la station d’Acoz. Ils empruntaient le lieu-dit « Dessus-du-Bois », descendaient la vallée en serpentant avant d’atteindre le quai où les wagonnets basculaient pour laisser glisser le sable jusqu’au niveau de la route.

JONCRET-ACOZ 640

Au nombre de deux, les petites locomotives « DECAUVILLE » avaient leur point d’attache dans un hangar situé dans une prairie appartenant à Félix HOSPEL, à hauteur du « V » formé par les rues du Dessus-du-Bois et de la Raguette.

Ces locomotives appartenaient à la famille GREGOIRE, négociante, qui achetait le sable aux différents propriétaires et exploitants des sablières. Les sables, de différentes qualités, étaient vendus dans la sidérurgie, la construction, les verreries et les fonderies de la région.

LOCOMOTIVE 1930 640

HANGAR 640

Vers 1937, la voie a été déferrée et les transports par camions ont pris le relais.

La famille GREGOIRE résidait dans la villa, appelée « Villa Mon Caprice », « Villa des Lutins » et « Villa Grégoire », sise à l’actuelle rue de la Raguette 7a à Acoz. Elle fut ensuite rachetée par la famille STEVAUX et actuellement propriété de la veuve et des enfants de Bertrand THIBAUT.

VILLA GREGOIRE 640

La grande sablière vers 1920

Au chemin de Joncret, en face de la propriété de René VANDEVERRE, la sablière est aujourd’hui complètement remblayée. L’exploitation de sable y avait débuté avant 1875. En cours de remblayage, au début des années 60, l’excavation à combler recevra notamment toutes les terres, les ossements, les débris de cercueils et pierres tombales en provenance de l’ancien cimetière d’Acoz désaffecté, contigu à l’église paroissiale Saint-Martin. Les terres provenant des tunnels creusés pour le passage de la R3 à Couillet ont également été versées à cet endroit.

SABLIERE 1920 640

SABLIERE COMBLEE 640

Les sablières et argilières

Aux sablières TIERCET, LOSSON et HUDLOT, on n’extrayait pas seulement plusieurs sortes de sable, du maigre et du gras, mais aussi de l’argile. Il fallait absolument décaper les couches supérieures avant d’atteindre le sable. Les ouvriers étaient munis « d’(h)awias » ou « d’(h)awelètes », houes étroites aux fers allongés et courbés, bien utiles pour trancher les terres grasses. On peut donc dire qu’ils étaient occupés à « (h)aw’ter » l’argile. Cette dernière alimentait les poteries de Bouffioulx et environs.

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Dossier réalisé sur base d’archives personnelles, ainsi que celles de Marcel MEUNIER et Joseph ELOY, avec la collaboration de René VANDEVERRE et de Geneviève LUSIAUX.

© Alain GUILLAUME – Mars 2021.

 

Précisions de Gaby STEVAUX

A propos l’article intitulé « LE QUAI DE DECHARGEMENT DES SABLIERES », je tiens à apporter cette précision : la famille GREGOIRE a résidé à une époque dans cette maison  – qui est devenue la nôtre – à la rue de la Raguette et c’est cette même famille qui l’a vraisemblablement fait construire. On l’appelait effectivement « Villa Mon Caprice », « Villa des Lutins » ou « Villa Grégoire ». Mais cette maison a d’abord été vendue à la famille TOURNAY qui y a ajouté des annexes (voir photos jointes). Mes parents l’ont ensuite rachetée en l’état en 1953 à Aimée-Marie DESCHEPPER (28/04/1901), veuve de Louis TOURNAY (suivant l’acte de vente).  La photo intitulée « ACOZ – ORCHESTRE DE LA DUCASSE – 1925 » de René Mathieu publiée antérieurement sur le blog illustre déjà les transformations. Mais je ne sais absolument rien de cette famille TOURNAY, malheureusement.

12 avril 2021.

Affiche du tirage au sort

Au XIXème siècle, jusqu’en 1909, le service militaire était fonction d’une loterie.

Le Hainaut était divisé en cantons de milice ; les conscrits se rendaient au siège de leur bureau de recrutement, où ils « tiraient » avec les jeunes gens de quelques autres localités.

Le tirage au sort désignait les miliciens appelés à servir dans l’armée. Seuls, les fils soutiens de famille, les mariés d’avant le tirage, et les ecclésiastiques étaient exemptés du service militaire.

Étaient aussi exemptés du service militaire tous ceux qui étaient handicapés physiques, les accidentés ou invalides, de même ceux reconnus déments.

Le degré d’instruction des conscrits n’était pas pris en considération ; qu’ils soient des plus instruits ou illettrés, le service militaire devait être accompli par tous les appelés par le sort.

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TIRAGE SORT ACOZ 150

© Alain GUILLAUME – Mars 2021.

Deux pierres gravées de la Tour Octavienne ressuscitées

Peu de temps après la démolition de la Tour Octavienne, Alain PAQUET et son père Robert ont découvert dans les décombres de l’édifice deux pierres gravées en latin. Plutôt que de les laisser dans l’oubli à tout jamais, ils ont préféré les dégager et les ont placées dans le parterre de la maison familiale.

Suite à la vente récente de la propriété (la villa située dans un sous-bois, au lieu-dit « La Croix d’Acoz »), Alain m’a contacté et a émis le souhait de leur trouver une digne « sépulture ». Il ne m’a pas fallu longtemps pour proposer la borne-mémoire dédiée à l’écrivain, sise sur la RAVeL. Rendez-vous avec l’échevin de la culture Michel ROBERT, fidèle complice de notre histoire locale, qui me rejoint avec enthousiasme dans le projet.

Récemment, le service des travaux de la commune de Gerpinnes a effectué le placement, en attendant la pose d’un panneau signalétique. Début de ce mois de mars, celui-ci était fixé.

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POSE DES PIERRES 640

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Nous avons voulu marquer l’événement en rassemblant les acteurs de ce retour aux sources.

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© Alain GUILLAUME – Mars 2021.

Octave PIRMEZ : « Lettre à Maurice »

Lettre d’Octave PIRMEZ destinée à son neveu Maurice PIRMEZ (1864-1928), fils d’Emile et de Louise FORTEMPS.

LETTRE A MAURICE 640

Chapelle de l’Epine, dans le bois de Montplaisir

Château d’Acoz, le 26 mai 1875.

Mon cher Maurice,

Je viens de peindre une image au-dessus de ma lettre pour qu’elle vous rappelle Acoz. C’est la petite chapelle que j’ai élevée dans le bois de Montplaisir pour remercier Dieu de m’avoir guéri d’un accident à l’œil.

Vous voyez grailler les corbeaux après lesquels j’ai tiré et j’ai indiqué par une croix l’endroit la haye (haie) d’épines où j’ai été blessé.

Derrière la chapelle, il y a un bas-relief de bronze qui me représente.

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Arrière chapelle 450

plaque chapelle zoom 400

(Voir mon livre « ACOZ de A à Z », tome 1, pages 174 à 177).

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Tous mes remerciements à la société « Le Vieux Châtelet » pour l’autorisation de reproduction du document original.

© Alain GUILLAUME – Février 2021.

Octave PIRMEZ a écrit en wallon

Par Jean-Luc FAUCONNIER, Président de l’Association littéraire wallonne de Charleroi      Jean-Luc FAUCONNIER 150

Alain GUILLAUME a eu l’excellente initiative de confier à Èl Môjo dès Walons la copie d’un document qui répond à la question que se posait  Jean FAUCONNIER  (1915 – 2000)  dans  un article  intitulé « Octave PIRMEZ a-t-il écrit en wallon ? »1

L’auteur de cet article y reproduisait une liste de 129 mots wallons avec leur traduction en français et se demandait si ce « lexique personnel » n’allait pas servir à écrire un texte où notre langue régionale aurait joué un rôle plus ou moins important.

Le document transmis par Alain GUILLAUME reprend un court texte – un dialogue – entièrement  en  wallon, portant  comme  titre « Excursion au pays des Peaux-noires » et il est illustré d’un dessin dû à Octave PIRMEZ qui représente deux ouvriers, avec à l’arrière-plan, ce qui pourrait être une entreprise sidérurgique. Le « solitiare d’Acoz » a donc bien écrit en wallon.

EXCURSION PAYS PEAUX NOIRES 640

Ce texte est-il le seul du genre ? La question demeure sans réponse jusqu’à ce jour puisque les « archives » de la famille PIRMEZ ont probablement disparu.2

Nous reproduisons ci-dessous le texte dans une transcription du manuscrit – quelques doutes concernant la lecture de celui-ci subsistent – et une version dans une transcription basée sur le système Feller.

Transcription 640

Il n’est pas question ici d’évoquer la qualité littéraire de ce dialogue. Octave PIRMEZ a dû y reprendre des éléments de conversation qu’il a pu entendre chez des « gens du peuple » à Châtelet, où il naquit, à Châtelineau, où il a résidé durant son enfance, où encore à Acoz, où il a vécu une grande partie de sa vie.

Quoiqu’il en soit, la langue qu’il utilise – ce qui est aussi celle de sa liste lexicale – est le wallon occidental et plus particulièrement celui de la région 1b telle qu’elle a été délimitée par Adelin GRIGNARD3.

Cette petite aire située au nord de la Sambre; c’est une région agricole où se sont néanmoins développées des industries (charbonnages, entreprises sidérurgiques, poteries) dans sa partie septentrionale. Elle est limitée, à l’ouest, par le ruisseau d’Hanzinne et, à l’est, par la Biesme4. Elle jouxte le domaine du wallon central dont elle possède quelques traits spécifiques tels l’article défini li et la voyelle d’appui épenthétique : li gamin ‘le gamin’, li feume, ‘la femme’; i va a scole, ‘il va à l’école’, ène bèle sicole, ‘une belle école’.

Quelques remarques sur le texte

  • qu’as´ ? ‘qu’a-tu ?’ ; il s’agit de la forme interrogative devenue archaïque, avec une sonorisation du –s de la deuxième personne de la conjugaison. Il s’agit d’une formulation qu’on retrouve dans : q(w)è dis ? ‘que dis-tu ?’, qwè vous ? ‘que veux-tu’, èyu/èwou vas´ ? ‘où vas-tu ?’
  • sot dwârmant, ‘loir’ avec la diphtongaison typique de la région 1b que l’on retrouve dans dwârmu, ‘dormir’.
  • ti, ‘tu’ ; le tutoiement est dans certaines communes considéré comme grossier ; le ti est pour certains encore plus grossier que le tu emprunté au français. Ici l’auteur ne craint pas d’user du tutoiement et du ti car il met en scène deux travailleurs au discours relativement peu policé.
  • Le è fermé nasal [ẽ] noté –én, est une voyelle typique du wallon occidental ; néanmoins, dans la partie septentrionale de la région 1b, la dénasalisation est fréquente et c’est bien [ne] que l’on entend, notamment à Acoz.
  • mougnî, ‘manger’. Le verbe s’utilise avant tout pour les animaux ; pour les humains on se sert de mindjî. Cet usage peut se justifier étant donné que nous avons à faire ici à un dialogue très « familier ». On ajoutera qu’en wallon central, cette distinction n’est guère de mise, c’est mougnî qu’est d’usage général.
  • tote, ‘toute’. Il s’agit ici d’un trait du wallon central où le [ò] o ouvert tonique passe à [o] o alors qu’en wallon occidental, il devient [u] ou. Il semble que l’auteur ait hésité puisqu’il utilise tote ovreuwe, ‘toute ouverte’, stomac´, ‘estomac ; poitrine’ mais routér, ‘faire route ; marcher’. On ajoutera que c’est stomac´ qui figure dans la liste de 129 termes évoquée ci-dessus.
  • ovreuwe, ‘ouverte’ ; la finale féminine –euwe des participes passés des verbes qui ont u au masculin (ouvru, –euwe) constitue un trait de la région 1b devenu un archaïsme remplacé qu’il est par ouvru, –ûwe.
  • vî sto, litt. : ‘vieux poteau’ est un terme familier qu’on peut rendre par ‘vieux copain’. On retrouve des formulations synonymes telles vi scan’çon, ‘vieux caleçon’, vî scorion, ‘vieux lacet de cuir’…
  • quôrts, litt. : ‘quarts’ ; c’est un terme qui est d’un usage très courant en wallon-central ; il est moins usité en wallon occidental où c’est liârds qui est plus fréquemment utilisé pour désigner l’argent en tant qu’espèce numéraires. Le terme désigne à l’origine un quart de sou, soit un liard dans le système monétaire si complexe de l’Ancien Régime.
  • m’ vét, litt. : ‘mon vit’ ; il s’agit aussi d’une interpellation familière et devenue archaïque, similaire dans sa conception a mi coye, ‘ma couille’ typique du wallon oriental. Le terme devait probablement avoir perdu son sens précis sous la plume de l’auteur. Pour l’anecdote linguistique, on ajoutera que vît a subsisté à Fleurus et dans ses environs dans la locution vît d’ tchén, ‘vit de chien’ pour désigner la toupie-sabot qui ressemble, avec de l’imagination, à un appendice canin.
  • vos l’avouz dit, ‘vous l’avez dit’ ; cette forme du verbe avoir à la deuxième personne du pluriel de l’indicatif présent est devenue archaïque alors qu’elle était autrefois très courante dans la région 1b. Elle est remplacée par avèz à l’heure actuelle.
  • dji n’è pou pus, ‘je n’en peux plus’ ; dans la région 1b, c’est bien le pronom personnel è, ‘en’ qui est d’usage alors que dans la plus grande partie de l’aire du wallon occidental c’est dè / din qui est usité.
  • (è)yîr, ‘hier’ est la forme ‘pleine’ qui peut s’élider en ’yîr et même îr ; nous avons opté pour ’yîr qui évite l’hiatus dans une séquence du type dispûs ’yîr.
  • al at’léye, ‘à l’attelage’ ; quand il s’agit des humains yèsse a l’at’léye, c’est être soumis à un travail très dur, comme celui d’une bête de trait.
  • on-z-a s’ marone, ‘on a sa culotte’ ; plutôt que faire la liaison on-a qui permet d’éviter l’hiatus, l’auteur utilise un [z] z non « étymologique » ; une pratique courante dans la région 1b.
  • vîyès djins, ‘vieilles personnes’ ; dans cette locution, l’auteur restitue bien la sonorisation de l’adjectif qualificatif antéposé à un nom féminin pluriel : ène vîye djint – dès vîyès djins.
  • a michî, ‘à entrer’ ; le verbe michî / muchî possède le sens premier de ‘cacher’ mais dans la région1b, il est fréquemment utilisé avec le sens de ‘entrer, rentrer’.
  • è têre, ‘en terre’ ; la préposition é ‘en’ ne subsiste plus guère que dans quelques expressions telles, è l’ér´, ‘en l’air’ ; elle est de plus en plus remplacée par an probablement sous l’influence du français.
  • crôs stofé, litt. : ‘gras étouffé’ ; fromage gras traditionnel au lait battu ; boulète est un synonyme. On notera le recours à crôs, ‘gras’ qui est de mise dans la région 1b.
  • vôrèt, ‘vaudrait’ ; il s’agit d’une forme qui n’est pas locale et on devrait s’attendre à vôreut.
  • môtchyi, ‘amoché’( ?) cette transcription n’est pas sûre; signalons que motchi est une forme que l’on rencontre à Fleurus et non dans la région 1b.
  • potéye, ‘potée’ ; en principe, le contenu d’un pot mais dans un sens dérivé répandu dans tout le wallon occidental, le terme désigne un grand verre de genièvre qui faisait, chez les cabaretiers honnêtes, environ 4,5 centilitres.
  • pèkèt, ’alcool aromatisé de baies de genévrier’; le terme pèkèt désigne le genévrier ainsi que ses baies; par métonymie, il nomme aussi la boisson alcoolisée aromatisée par ces baies.
  • bôyârd, c’est quelqu’un qui bée aux corneilles et, par glissement de sens, un niais, un nigaud. Le suffixe –ârd, peut-être d’influence française, concurrence le suffixe –ôd ; on note aussi bien bôyârd que bôyôd comme blèfârd / blèfôd ’baveur’, chitârd, chitôd, ‘foireux ; peureux ; tricheur’; le féminin ne connaît, lui que la forme bôyôde, blèfôde, chitôde.

Ce fragment en langue wallonne prouve donc qu’Octave PIRMEZ a bien écrit en wallon, un wallon qu’il semblait bien connaître5. S’était-il intéressé à notre « langue patrimoniale » pour rédiger d’autres textes – disparus à tout jamais? –, textes qu’il aurait intégrés dans cette hypothétique Excusion au pays des peaux-noires?

Le « solitaire d’Acoz », celui qu’on présente souvent comme un aristocrate égocentrique, un dandy « fin du siècle » aurait utilisé la langue du peuple comme on la parlait à son époque? Il faut donc transcender cette image, quasiment caricaturale, qui résume mal le personnage car Octave PIRMEZ fut sensible aux misères des classes laborieuses, il était aussi un pacifiste, un homme qui aimait la nature et qui la respectait… Tout ceci ne répond pourtant pas à la question… mais pourquoi ne pas y répondre par le biais d’une de ses « pensées » extraite de Feuillées : « J’ai hérité de raisonner : l’âme s’altère aux effets de la pensée. »

                                                                                   Jean-Luc FAUCONNIER.

  1. Cet article paru dans la revue de l’École normale de Nivelles, en 1949, puis remanié et étoffé sous le titre « Les Pirmez et le wallon » dans le 13ième annuaire de Le Vieux Châtelet en 1973. Sous une version profondément revue et sous le même titre, il figure dans èl bourdon, numéros 465, 466 et 467 (mai, avril et juin 1994). Dans les deux premiers numéros, l’auteur analyse une liste de 129 mots wallons avec leur traduction française, liste dressée par Octave PIRMEZ et dans le troisième, une courte liste de 11 mots qui fut retrouvée dans un registre où Léonard PIRMEZ (1793 – 1866) transcrivait sa correspondance commerciale ; il avait intitulé cette liste : « Mots wallons dont l’origine est évidemment latine et qui n’ont pas leurs analogues en français ». Moins connu qu’Octave PIRMEZ, ce Léonard, était le grand-oncle de l’écrivain.
  1. Paul CHAMPAGNE (1894 – 1974) a consacré bon nombre de ses travaux à Octave PIRMEZ et il avait eu l’occasion de pouvoir accéder aux documents relatifs à l’auteur qui était conservés au château d’Acoz. Celui-ci avait été acheté par les PIRMEZ, en 1860, à Gérard d’UDEKEM (1785 – 1866) et, il fut revendu par ceux-ci en 2001.
  1. Adelin GRGINARD, Phonétique et morphologie des Dialectes de L’Ouest-wallon, éditées par Jules FELLER, Liège, Société liégeoise de Littérature Wallonne, 1908.

Les principales municipalités de la région 1b sont, grosso modo, du nord au sud et de l’ouest à l’est : Châtelet [Ch61] – Bouffioulx [Ch66] – entité de Châtelet –, Presles [Ch67] – entité d’Aiseau-Presles –, Acoz [Ch69], Gougnies [Ch71], Villers-Poterie [Ch70], Joncret [Ch68], Gerpinnes [Ch72] – entité de Gerpinnes –, Hanzinne [Ph3], Hanzinelle [Ph9], Morialmé [Ph15], Saint-Aubin [Ph23], Florennes [Ph24], Flavion [Ph26], Corenne [Ph25] – entité de Florennes –, Biesme [Na130], Biesmerée [Ph17], Oret [Ph10], Stave [Ph16] – entité de Mettet –.

On ajoutera que ces différentes municipalités s’étendent sur deux provinces – Hainaut, Namur –, trois arrondissements – Charleroi, Namur, Philippeville – et, sous l’Ancien Régime, qu’elles relevaient de la Principauté épiscopale de Liège ou du Comté de Namur. Une complexité administrative qui n’a pas empêché une certaine cohérence linguistique.

  1. Le ruisseau d’Hanzinne – village où il prend sa source – est aussi appelé Ruisseau d’Acoz et dans la région de Châtelet, la Biesme ; c’est d’ailleurs dans cette ville qu’il se déverse dans la Sambre. La Biesme, quant à elle, prend sa source à Oret et se jette dans la Sambre à Aiseau. Une troisième Biesme coule à travers Fosse-la-Ville pour trouver son confluent dans la Sambre à Auvelais. Preuve que l’étymon de Biesme était un nom commun d’origine celtique qui désignait des cours d’eaux fréquentés par les castors.
  1. On sait que Marguerite CLEENEWERCK de CRAYENCOURT (1903 – 1987) alias Marguerite YOURCENAR appréciait beaucoup Octave PIRMEZ, par ailleurs son cousin de la 2e à la 4e génération ; elle a consacré quelques dizaines de pages à la visite qu’Octave PIRMEZ rendit en 1875 à Louis TROYE (1804 – 1875), son oncle et gouverneur du Hainaut de 1849 à 1870, en son château de Marbaix-la-Tour et cela dans Souvenirs pieux, Paris, GALLIMARD, 1974.

Pour l’occasion, Octave PIRMEZ partit d’Acoz pour se rendre à Marbaix-la-Tour, au château de la Pasture, résidence de son parent. Marguerite YOURCENAR lui fait suivre un itinéraire qui ne fut certainement pas celui d’Octave PIRMEZ, licence littéraire et licence littéraire aussi quand elle rapporte que le cavalier a demandé son chemin à une charmante paysanne qui lui répondit dans un « ancien français »; c’était certes du wallon et Octave PIRMEZ le comprenait fort bien, ce qui ne semble pas être le cas de sa petite nièce.

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Nos remerciements à Jean-Luc FAUCONNIER pour la parution de cet article dans le mensuel « EL BOURDON ».

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© Alain GUILLAUME – Février 2021.