Une Charronnerie à Acoz

Dernièrement, Jacques VANDENBOSCH et Mireille RAVASIO (veuve de Michel SCIEUR) m’ont remis d’anciennes photos qui m’ont interpelé et qui méritent des recherches approfondies.

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A gauche, la maison abritait la famille Léopold et Adolphine GILLES-RIDELLE (voir le livre « ACOZ ET LA GUERRE 14-18 «  – Geneniève LUSIAUX – page 61). Fin du 19e siècle, Léopold exerçait le métier de charron dans l’atelier attenant au corps de logis. La charronnerie consistait à la fabrication et à la réparation de chariots et charrettes, plus précisément aux grosses roues en bois, cerclées par un renforcement en métal. Il s’agissait donc d’une menuiserie-forge.

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Au début du siècle dernier, à la fin de l’activité professionnelle, leur fils Jules et son épouse Joséphine PHILIPPE ont occupé les lieux avec leur fille prénommée Marie. Cette dernière avait épousé un appelé Hector DERENNE, originaire de Gerpinnes-Flaches.

La maison à route de la rue de la Tour Octavienne appartenait à Marcel (dit « Marcel Pèrinne ») et Germaine TENRET-DEGRAUX. Le couple a eu 5 enfants : Marie-Julie, Jules, Alice, André et Edgard. Ils y tenaient une ferme avec l’aide de Marie-Julie, épouse de Joseph VANDENBOSCH. Ces derniers ont eu trois enfants, à savoir Jacqueline, Jacques et Jean (voir mon livre « ACOZ de A à Z », tome 2, pages 170 et 176).

Dans les années 50-55, la petite demeure attenant à la charronnerie fut occupée par Elise PERSIN (dite « Elise d’el Cabane »), son fils Marcel PIERARD, ainsi que son frère Arthur.

Elise et Arthur PERSIN
Vers 1956. De gauche à droite : Augusta DEREINE (victime des inondations du 24 août 1987), Jacqueline VANDENBOSCH, Elise PERSIN, Michèle BERGER, Jean VANDENBOSCH et Arthur PERSIN.

En 1959-1960, les annexes furent abattues pour faire place à une nouvelle maison qu’occupèrent Marie-Julie, Joseph et leurs enfants.

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Quant à la maison familiale des TENRET, elle fut rachetée par Michel et Mireille SCIEUR-RAVASIO vers 1975.

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Alain GUILLAUME – Août 2018.

 

 

La barrière « zébrée »

En revoyant cette photo représentant Emile POULEUR, dit « Mon’dî », en compagnie de son petit-fils Jacques BERTULOT, un souvenir me revient à l’esprit.

Barrière

Depuis des décennies, les deux clubs de football carolos, à savoir les « Zèbres » du Sporting et les « Dogues » de l’Olympic, attiraient la grande foule lors de mémorables derbies qui étaient disputés dans une ambiance folle où les supporters des 2 camps se charriaient sans cesse tout en se respectant.

A Acoz, Joseph TENRET (père de Ginette, Lorette, Jean-Pierre et Bernard) était un dogue acharné. Son voisin, Santo BRIOLA préférait l’équipe des Zèbres…

Nous sommes le 17 mai 1966. Un événement sportif se déroule à Bruxelles. Le Royal Sporting Club de Charleroi y dispute un test match contre Watershei pour l’ascension en division 1 nationale. Les carolos l’emportent 2-0, ce qui leur permet de rejoindre l’élite. La « fiesta » peut commencer…

Le lendemain matin, Joseph sort de son café situé au carrefour de la rue des Ecoles et son regard est de suite attiré vers son jardin sis juste en face. Quelle surprise ! La barrière était recouverte de peinture noire et blanche ! Les barres verticales zébrées lui ont indiqué de suite l’auteur de ce chef d’œuvre.

Notre dogue de cœur venait de se faire charrier.

Je viens de retrouver une photo avec cette fameuse barrière zébrée.

Béatrice CHARLES Barrière

Alain GUILLAUME – Juillet 2018.

La croix près de « La Tourette »

Quelle est donc l’origine de cette croix sise en face de « La Tourette », dite « Tour Léonienne », non loin de l’immeuble du Docteur Bernard ALEXANDRE ?

On peut lire dans les archives de la Fabrique d’Eglise de la paroisse Saint-Martin d’Acoz :

« … Don de Eugène-François de Dorlodot, Maître de Forge, ayant sa fonderie à la rue de Moncheret à Acoz, à 200 mètres de la gare.

Le  Baron de Dorlodot a a également fait don du Christ sur la croix au cimetière, ainsi que de 4 petits Christs de 50 centimètres pour les quatre points cardinaux… ».

Dans l’ouvrage écrit par Jacques FRANCOIS, à l’occasion des 75 ans de l’église de Lausprelle. On y lit :

« Il ressort des renseignements fournis en 1979 par Miche1 TOURNAY de Loverval, fils du pharmacien de ce lieu et ancien propriétaire de la villa  « Les Lutins », rue de la Raguette à Acoz, que sa famille descend en ligne directe des HELSON, eux-mêmes apparentés aux DEMERBE. Selon lui, un HELSON, originaire d’Acoz, devint directeur des Forges et Hauts Fourneaux de La Providence à leurs débuts en 1838. Celui-ci aurait décidé que la première coulée de fonte servirait à fabriquer quatre « Christ » identiques, pour être placés aux alentours d’Acoz et Lausprelle. Afin de concrétiser ses intentions, quatre calvaires furent installés aux endroits suivants :

  • le premier, en face de « La Tourette » des de DORLODOT, dite « Tour Léonienne » (en bordure de la propriété du Docteur ALEXANDRE, proche de l’embranchement de la rue de la Scavée), entouré de 2 pins sylvestres abattus en 1980 ou 1981. C’est le seul qui soit demeuré en place, argenté et fixé sur une croix en béton ;
  • un second appelé « Le Grand Bon Dieu », cloué sur croix et fixé au tronc d’un énorme chêne, à mi-côte de la rue du Petit Floreffe et à proximité de la barrière de Mademoiselle de DORLODOT. Lorsque cet arbre fut abattu vers 1980, des voisins auraient, paraît-il, identifié la personne ayant emporté ce Christ ;
  •  un troisième dit « Croix Michel », situé en un lieu appelé « Le Grand Arbre », sur la  route allant de Joncret vers Acoz. Le pharmacien TOURNAY ayant appris que cet arbre venait d’être abattu par la foudre, vers 1925, vint récupérer le Christ, qui a depuis lors été replacé sur le caveau de sa famille, au cimetière de Gilly ;
  • un quatrième Christ se trouvait dressé à l’entrée de Lausprelle, en direction de Couillet. 0n en a gardé un vague souvenir, car disparu depuis très longtemps ».

Revenons à celle qui était abritée sous deux magnifiques pins parasols, non loin du cimetière. Bernard ALEXANDRE se souvient qu’elle fut volée un samedi matin par des gens venus sur place avec une remorque. L’opération fut très rapide. Ce vol eut lieu vers 1986.

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La croix actuelle (en pierre) a été fixée par Léon GERARDS ; son beau-frère Roland BOLLE, fossoyeur, l’avait récupérée au cimetière. Elle a subi l’œuvre de vandales mais Léon GERARDS l’a réparée et refixée.

CROIX EN PIERRE

Autres précisions :

  • cette croix fut implantée sur une enclave de terrain appartenant à la famille de DORLODOT, ce qui peut apporter un argument à l’origine de cette famille de toutes les croix  ;
  • quant aux deux pins parasols, ils ont été abattus fin 1984.

Le Christ du cimetière d’Acoz

Ayant appris l’existence de ce Christ, je me suis rendu au cimetière… et miracle ! Il est toujours bien présent, fixé sur une croix en bois. J’avoue n’avoir jamais pris attention à lui.

CHRIST CIMETIERE

Vous pouvez le découvrir sans difficulté, au bout de l’allée centrale du « vieux cimetière ».  Recouvert d’une couche de peinture que les intempéries tentent d’effacer, il attend patiemment un brin de toilette.

Alain GUILLAUME – Juillet 2018.

Octave PIRMEZ et la Tour Octavienne

(Notes de feu Joseph ELOY, écrites vers 1980).

Joseph ELOY était une figure marquante de notre village.

Sous-percepteur des Postes au bureau d’Acoz, il s’était lancé dans la politique locale d’abord comme conseiller communal pour ensuite devenir échevin des travaux de 1971 à 1976.

Il était aussi conseiller à la Fabrique d’Eglise de la paroisse Saint-Martin.

Vers 1965, il avait fondé le C.R.H.A. (Cercle de Recherche Historique d’Acoz) avec Marcel MEUNIER et Jacques FRANCOIS. A eux trois, ils ont recueilli de nombreux documents, photos anciennes et archives d’une grande valeur pour notre patrimoine..

Le 25 octobre 1980, lors de l’inauguration de la stèle de la famille d’Udekem d’Acoz, le cercle historique avait organisé une exposition au château d’Acoz où l’on a pu se rendre compte du précieux travail que ces trois personnes avaient réalisé.

Malheureusement, à leur mort, toute cette richesse locale a «  disparu »… quelques documents furent « sauvés » par le Centre Culturel de Gerpinnes.

                                                                                               Alain GUILLAUME.

 

…Qui n’a pas entendu parler d’Octave Pirmez, cet écrivain de talent qui a marqué son époque d’une empreinte profonde ?

Il était né à Châtelet en 1832. Domicilié au château d’Acoz, il y décédera le 1er mai 1883, des suites d’un refroidissement.

Il se retirait volontiers dans une tour située à l’écart, dans un milieu sylvestre, qu’il fit construire en bordure de l’ancien chemin qui conduisait à Villers-Poterie. L’endroit était propice au recueillement et à l’inspiration.

Cette tour fut dénommée par la suite « la Tour Octavienne ».

Il ne s’agit pas d’une tour ayant un quelconque intérêt militaire. C’est avant tout un ermitage vertical, du type moyenâgeux car Octave PIRMEZ était un romantique. Le style est gothique mais avec des meurtrières… ogivales ! Elle possède un porche Louis XVI dans le détail mais de proportions… romanes ! Il n’y a donc rien de valable ni par ancienneté ni par unité de style d’époque.

En fait, cette tour pourrait très bien se situer entre le « pigeonnier » du XVIIIe et le donjon de guerre du XIIe.

Actuellement, ce bâtiment est tombé dans un état de décrépitude et d’abandon, et les descendants du poète se désintéressent totalement de son maintien ou de sa restauration. Nous sommes loin de l’engouement qui marqua les festivités du centenaire de la naissance de l’écrivain, cérémonies qui furent honorées de la visite de Sa Majesté le Roi Albert 1er.

Mais revenons au poète. Il a écrit, entre autres, « Les Feuillées », « Heures de Solitude », « Pensées et Maximes », « Rémo, Souvenirs d’un Frère ». Il excellait aussi dans le dessin et le croquis mais ceux-ci sont demeurés inédits jusqu’à ce jour

Un autre trait de la personnalité d’Octave PIRMEZ était l’indépendance. Celui que l’on a appelé « le Solitaire d’Acoz » était demeuré célibataire mais on lui a connu des maîtresses. Il en a entretenu jusqu’à trois en même temps. D’un heureux caractère, il aimait les facéties. Ce pince-sans-rire ne se privait nullement de faire des blagues, même aux dépens de ses maîtresses. N’avait-il pas imaginé un beau jour d’offrir une toilette identique à chacune d’elles et de les inviter toutes trois à un seul et même rendez-vous à la sortie de la grand-messe du dimanche célébrée en l’église d’Acoz. Lui seul, bien entendu, était absent, bien dissimulé à peu de distance de là pour observer ce qui allait se passer. Décrire la scène serait inutile, on peut facilement imaginer l’embarras des donzelles, sans parler des habitants d’Acoz qui s’en firent des gorges chaudes pendant longtemps…

(Voir l’ouvrage « ACOZ de A à Z » – Alain GUILLAUME –  tome 1 – pp. 210 à 213).

 

Alain GUILLAUME – Juin 2018.