
© Alain GUILLAUME – Février 2019.
Vie locale d'un village au coeur de l'Entre-Sambre-et-Meuse

© Alain GUILLAUME – Février 2019.
Thierry FRIPPIAT, Administrateur du Cercle d’Histoire et de Généalogie de Gerpinnes (A.S.B.L.), m’a envoyé récemment cinq photos concernant la présence de l’armée australienne à Acoz en 1918-1919. Elles étaient accompagnées d’un article explicatif…
À Acoz, les photos conservées sont contemporaines du retour des troupes en Australie.
La première d’entre elles, datée du 7 avril 1919, montre une colonne de soldats du 48th Infantry Battalion, traversant le chemin de fer, à la sortie des bâtiments de Moncheret (dans les Fonds d’Acoz). Au verso, elle porte la légende : « Retour à la maison ! ».

Les suivantes sont issues de la collection du Lieutenant Bert Cameron (4th Div. Art. Brig) :
Au pied de la rue de la Raguette, des soldats immortalisent leur « dernière parade en Belgique ».

Au Château Pirmez, le Brigadier General William Livingstone Burgess lit une lettre, puis salue ses officiers avant son départ d’Acoz.


La localisation de la dernière photographie est incertaine.

Source : Australian War Memorial.
Publié par le Cercle d’Histoire et de Généalogie de Gerpinnes – Thierry FRIPPIAT
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Je crois que de la dernière photo a été prise à la rue des Ecoles, devant l’immeuble qui allait devenir le presbytère. Si on la compare avec une photo plus récente, on y distingue les 2 fenêtres ainsi que la porte d’entrée avec son abat-jour et les deux marches. Lors de l’installation du presbytère, le mur d’enceinte en pierre a été remonté par des rangées de briques pour atteindre une hauteur de plus de 2 mètres. Ce mur a été abattu vers 1970-1975 par l’Administration communale sur conseil de Joseph ELOY, alors Echevin des travaux. On distingue aussi la présence d’une pompe publique en fonte. Sur la photo datant de 1870, parue dans mon article sur la distribution d’eau à Acoz (voir mon livre « ACOZ de A à Z », tome 1, page 149) on remarque la présence d’une fontaine, ce qui conforte mon idée de localisation.
Grand merci à Thierry.
© Alain GUILLAUME – Février 2019.


En me montrant ces deux photos Gaby STÉVAUX me dit :
« Tu sais, Alain, ces deux photos sur lesquelles on reconnaît René DEGRAUX et moi sur le cheval ont été prises par mon père en juin 1957 à la période des foins. Ces photos me remémorent l’émoi et le trouble suscités au plus profond de mon âme d’enfant dans les jours qui ont suivi. Les détails très précis de cette histoire me serrent la gorge encore aujourd’hui comme si ces faits s’étaient déroulés hier ».
J’ai trouvé le récit de Gaby émouvant et attachant. Il sonne un peu comme un conte pour enfant. Voici ce que Gaby me dit :
« René DEGRAUX, le cheval et moi avons une histoire qui nous unit fortement, dans mon esprit en tous cas, une histoire aussi touchante et merveilleuse qu’elle puisse l’être dans la tête d’un gosse. Enfant de 6 ans, l’évènement avait suscité en moi une émotion tellement forte que mon histoire était devenue Histoire.
En fait, depuis ma plus tendre enfance j’étais fasciné, envouté même par le monde animal en général, par les grands chiens bien sûr – nous en avons eu beaucoup qui se sont succédé – mais j’avais aussi énormément d’affection pour d’autres animaux, comme les chevaux par exemple. Il faut dire qu’à la maison, outre notre chien qui était le copain quotidien de mes jeux et à qui je confiais mes joies et mes petits chagrins, nous étions entourés de nombreux d’animaux : poules, chèvres, lapins, dindons, canaris, poissons et même des abeilles puisque mon père possédait plus de trente ruches.
Toujours, je recherchais la compagnie des animaux. J’ai le contact facile avec eux, encore aujourd’hui. J’aime les approcher, les caresser bien sûr, mais aussi sentir leur chaleur, respirer leur odeur et, en leur parlant doucement, je tente de leur communiquer mon affection pour leur offrir mes différences d’humain. J’essaye de percevoir leurs sentiments, de comprendre ce qu’ils veulent me dire en m’efforçant de créer complicité et confiance avec eux. C’est sans doute ma situation familiale d’enfant unique qui explique cela, au moins en partie.
Comme les autres enfants de village, j’étais très proche de la nature. Mon grand-père m’apprenait à distinguer les différentes espèces d’oiseaux de nos régions et leurs chants, à jardiner aussi et, étant menuisier, il m’initiait au travail du bois et à l’usage des outils. Il m’expliquait comment discerner les principales essences et à reconnaître les arbres.
Bref ! René DEGRAUX, brave homme au demeurant mais blagueur aussi, a vite deviné mon attirance pour son cheval. Du coup, il n’a rien trouvé de mieux que de me fourrer dans la tête, moi tout gosse, qu’il pouvait me procurer un cheval. Ce serait même un jeune cheval, déjà dressé et parfaitement adapté à ma taille.
J’ai avalé ça tout cru !
Je croyais dur comme fer à cette idée d’autant plus que René m’avait habillement glissé dans l’oreille que ce cheval m’était promis par la baronne en signe d’amitié pour les services rendus par mes grands-parents et arrière-grands-parents. C’était vraisemblable pour moi puisque mon arrière-grand-père avait été jardinier au château d’Acoz et que mon grand-père y avait travaillé comme menuisier. D’ailleurs, à l’époque de cette histoire, alors que nous avions déjà aménagé à la rue de la Raguette, mon grand-père faisait encore des réparations au château.
Dès lors, persuadé que j’allais posséder un cheval pour moi tout seul, j’ai commencé à construire un box pour l’accueillir. Je savais me servir des outils de menuisier. En effet, ayant observé des heures durant jusqu’à en tomber de sommeil mon grand-père suant sang et eaux sur son établi, celui-là même sur lequel je travaille encore aujourd’hui, je savais très bien à quoi servaient et comment utiliser ses bouvets, trusquins, varlopes, scies à chantourner, gouges, planes, et autres vilebrequins. De plus, tous les matériaux nécessaires étaient à ma portée : planches, vis, clous, fils de fer, treillis. Rien ne manquait !
Je me suis donc mis à la tâche avec courage et détermination. Mes travaux allaient bon train, car la construction de ce box était devenue ma véritable obsession. On appellerait cela névrose obsessionnelle aujourd’hui. En effet, pendant des semaines, j’ai consacré le moindre de mes instants de liberté à la construction de mon rêve.
Mon père et mon grand-père ont bien essayé de freiner mes ardeurs en me disant :
– « Ton box est trop petit, ton cheval ne saura pas y entrer »
– « Mais si qu’il pourra y renter car c’est un petit cheval »
– « Et que vas-tu faire de ton cheval quand tu seras à l’école ? »
– « Eh bien je le laisserai brouter l’herbe des pelouses, en plus il nous évitera de devoir les tondre ! »
– « Oui, mais il faudra aussi le nourrir de blé et d’avoine !
– « Je lui donnerai des graines des poules ». Avais-je répondu.
Il faut dire qu’à cette époque nous avions beaucoup de poules, nous en avons eu près d’une centaine et nous vendions leurs œufs aux habitants du quartier. Notre réserve de graines était donc importante. Les graines que je croyais naïvement pouvoir être consommées par MON cheval ne manqueraient pas. J’étais dans ma bulle, je ne vivais qu’au travers de ma propre réalité : J’ALLAIS AVOIR UN CHEVAL ! Et peu importait ce que mon père et mon grand-père disaient.
A bout d’arguments et, bien conscients tous deux qu’ils brisaient un rêve de gosse, ils furent contraints à regret de me dire que René DEGRAUX m’avait fait une farce, que tout ça n’était pas vrai et que je m’étais monté la tête.
Je ne les ai pas crus et j’ai repris mon travail de plus belle, avec encore plus d’ardeur et de conviction. Mon obstination avait atteint un point tel que je ne prenais plus le temps de manger pour m’encourir aux travaux de construction de mon box.
Mon père s’est alors pris d’une colère noire justifiée par le fait que non seulement rien ne m’arrêtait mais surtout, je crois, PARCE QUE je persistais à croire ce que René m’avait fourré dans le crâne, mais pas ses démentis à lui, … mon père !
Vu l’impasse dans laquelle cette situation nous avait menés, mon père a dû se résoudre à aller trouver René pour le sermonner et lui enjoindre de me dire la vérité … ce que René a finalement fait.
J’ai beaucoup pleuré… »
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Suite à cet émouvant témoignage, j’ai voulu en savoir plus sur René et le cheval. J’ai donc contacté son petit-fils Michel qui m’a répondu :
« Le cheval s’appelait Mousette, un des trois chevaux de ma tante Germaine DEGRAUX (sœur de René) et de son époux Marcel TENRET qui tenaient la ferme à la rue des Ecoles (actuellement la propriété de la famille CHIF).
Ils ont déménagé vers 1954-55 pour occuper la maison natale de Marcel, à la rue de la Tour Octavienne (actuellement de Mireille RAVASIO, veuve de Michel SCIEUR). La ferme de la rue des Ecoles a été reprise par leur fils André et son épouse Georgette BERGER. Ces derniers ont eu trois enfants : Philippe, Marc et Rita.
Mes grands-parents habitaient à la ferme MEUNIER, à la rue des Ecoles (dans le cul de sac, en face de chez Etienne et Véronique BASTIN-DEGUELLE). Mes parents, mon frère René et moi-même partagions l’immeuble. »
© Alain GUILLAUME – Février 2019.
Cette photo m’a été transmise par Gaby STÉVAUX. La prise de vue a été réalisée par son père Albert en 1953, vraisemblablement dans la prairie en montant la Raguette où l’on a construit les premières rangées des cités Hector Pouleur.

© Alain GUILLAUME – Janvier 2019.
Suite à la publication de cette photo, Michel GÉRIMONT a tenu à réagir :
« Je me souviens que le traîneau sur lequel je suis assis m’a été offert par ma tante Gilberte, la soeur de ma mère. Elle l’avait commandé à René STÉVAUX, menuisier et grand-père de Gaby. Il était plus haut que ses voisins et en pur chêne.
A l’époque, on s’élançait du haut de la prairie, on tournait à gauche pour descendre à toute vitesse la rue de la Raguette jusque l’actuelle rue de Moncheret. L’inconvénient, c’était le sable et les cendres que les riverains étendaient sur tout notre parcours. »
Alain GUILLAUME – Février 2019.
Joseph THIRIAUX : El Cadeau (grand-père maternel de Michel et Bernadette GERIMONT). En 1913, Joseph THIRIAUX se rend à l’administration communale d’Acoz pour y déclarer la naissance de son fils Marcel (voir livre « ACOZ de A à Z » Alain GUILLAUME – tome 1, page 31). Tout heureux d’avoir un fils, il déclare « C’èst.in cadeau du Bon Diè ! ».
Laure LEFEVRE : Laure Carreau
Emile POULEUR : Mon’dî (du nom de sa mère Célinie MONDI(Y)).
Laure STEVAUX : Laure Broc
Famille MATHIEUX : Les Quètins (apparentée avec la famille DAFFE).
Laure BOURBOUSE : Laure Babette (de sa mère Elisabeth).
Zélie MATHIEUX : Zélie Chuchet (arrière-grand-mère de Philippe, Christine et Sylvie TOUSSAINT).
Fernand, Florent, Augustin MATHIEUX : Les Cages (voir livre « ACOZ de A à Z » – Alain GUILLAUME – tome 1, page 35).
Omer ABSIL : El Briqu’teus (en français : briqueteur). Il habitait la maison à la limite d’Acoz et Lausprelle, à gauche, non loin du ruisseau « la Blanchisserie ».
Juliette JUSTIN : El Nwâr’ Julièt’
Jean-Baptiste HOUYOUX : El Chî
Achille BOLLE : Magain
Julia BOLLE : Julia Titine
Victor HOUYOUX : D’jean Baule
Aline PHILIPPE : Aline Gustine (de sa mère Augustine) (grand-mère maternelle de Charles, Bernard et Chantal DUMONT).
Sylvain PHILIPPE : Sylvain Mayanne
Amand PHILIPPE : Amand Turlot
Aurélien POULEUR : El Siyen
Georges HANQUART : Can’drî (voir livre « ACOZ de A à Z » – Alain GUILLAUME – tome 1, page 15).
Alice DUPANLOUP : Alice du Ramoneû
Emile LOSSON : Jèjèt’
Edouard PHILIPPE : Douard Martin
Elise PERSIN : Elise del Cabane (elle aurait habité la maison de perception, au coin des rues des Ecoles et du Centre – actuellement statue Notre-Dame du Carrefour).
Ida HUBERT : Ida d’Onhaîye (grand-mère de Gérard VAN WALLENDAEL) (originaire d’Onhaye).
Victor TENRET : El Madjustêr (arrière-grand-père maternel de Charles, Bernard et Chantal DUMONT). Voir ce blog, catégorie « Patrimoine » 30 avril 2018.
Famille VAN ESPEN : Les Pines
Gustave BIRON : Gustave du Roncin (oncle de Joseph TENRET).
Jules POULEUR : Jules du Baudet
Charles CLOESEN : Châles Chaupîye
Famille DUBOIS : Al Viole
Emile TOUSSAINT : Emile del Pompe (ouvrier SNCB, responsable de la pompe annexe au château d’eau de la gare).
François GUYAUX : Tchantchèt
Henriette LEBON : Riyète du Chanty
Céleste CHARLIER : Céleste du Toquet (grand-mère de Marie-Louise et Christiane ERNOULD). Proviendrait de son arrière-grand-père Nicolas CHERMANNE).
Marie GILLAIN : Marîye Zèzète
Alice LIGOT : Alice de l’Abeille (magasin de la société « L’Abeille » à Lausprelle).
Léonie : Lèyonîye à Gayes
Joseph PARIS : Djosèf du Chabotî (de son père sabotier)
Joséphine TENRET : Fine del Gate (élevait des chèvres)
Jean-Baptiste LIEN : Piér’ di Spy (de sa localité d’origine)
Pierre PONCELET : El Nwâr Piér’
Maria, Marie et Mariette MORANVILLE : Les filles Kaber
Augustin DELPORTE : El Manau
Auguste WAYENS : El Cuch’
Edouard BOURBOUSE : Douard Babette (tenancier du café, vers 1945-1950, qui deviendra plus tard « El Coqui »).
Georges BROZE : Fifîye
COLLICHE : El Bossu Collich’
René DEGRAUX : El Bèrô (grand-père de René et Michel).
HUDLOT : El Tchat
Léon PHILIPPE : El Méss’ (instituteur à l’école communale d’Acoz).
Alexis SIMONS : El Piqueûr (ouvrier SNCB. Dans les chemins de fer, le piqueur était un agent technique qui avait pour tâche de seconder le conducteur de travaux, de surveiller les équipes d’ouvriers et la bonne marche des travaux).
Famille VANHERCK : Au Lauceau
René BIRON : Li P’tit Mayeûr (père de Roland). La famille BIRON est originaire de Bouffioulx-Chamborgneau).
Marcel TENRET : Marcel Pèrinne (grand-père maternel de Jacqueline, Jacques et Jean VANDENBOSCH).
Arthur BESOMBE : Fifi
Sylvain BOLLE : El Pètit Sylvain ou Tintin (dû à sa petite taille)
Léon BAILY : El Fî du Prêlî (ancien combattant 14-18). Voir le livre « ACOZ ET LA GUERRE 1914-1918 », Geneviève LUSIAUX, page 101.
Alfred DEBAUCHE : Frèdi du Maçon
Vital BERTULOT : Tchôdourt ou Tchodôr (père de René, Andrée et Yvette).
Calixte BERTULOT : Calixte d’In Mèt’ (père de Vital BERTULOT). De petite taille.
Willem BERTULOT : Buloque ou Barabas (père de Willy BERTULOT). Contremaître aux Laminoirs de Moncheret.
Willy BERTULOT : l’Agace ou l’Agasse (la pie). Contremaître aux Laminoirs de Moncheret.
Arthur LEFEVRE : Li Nwâr Congolès (a vécu au Congo avec sa famille).
Rosita DUBOIS : Rosita Nan.nan (épouse d’Alphonse MATHUES)
Rosa MABILLE : Rosa Nan.nan (avait épousé Georges DUBOIS, frère de Rosita).
Madame LOUIS : El Fîye des Quatôzes Fèsses (provient d’une famille de 7 filles).
Oscar BERTRAND : Papaye (a travaillé comme ouvrier communal à Acoz).
Edouard PIRMEZ : Cabillaud (sobriquet provenant de l’école de Maredsous).
André PIRMEZ : Rose (sobriquet provenant de l’école de Maredsous). Voir le livre « ACOZ de A à Z – Alain GUILLAUME – tome 2, page 113.
Octave PIRMEZ : Cougnou (frère jumeau de Marie-Louise). Sobriquet provenant de l’école de Maredsous).
Nestor FOURNIER : El cabinié (responsable du réseau électrique d’Acoz et Environs)
Arthur CORDIER : Pèpère Lolotte (grand-père maternel de Pierre et Noël BERNARD). « Lolotte » était le nom de son chien.
© Alain GUILLAUME – Janvier 2019.