Les pionniers du pré-RAVeL

Le samedi 13 janvier 2001, à l’initiative de l’asbl GERPINNES ENVIRONNEMENT et de son président Walter MAURO, Philippe DE LAERE, Raphaël DEMUYNCK, David LUCCA, Alain PAQUET et Philippe FRERES se sont donné rendez-vous sur l’ancienne ligne de chemin de fer 138 Châtelineau-Florennes pour une journée de gestion du futur pré-RAVeL.

Ces menus travaux avaient pour but de débroussailler et d’élargir le petit sentier au départ de l’ancienne gare d’Acoz-Centre, en direction de Gerpinnes.

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Grâce à ces bénévoles, les amoureux de promenades et de la nature ont pu profiter de cet endroit calme, en dehors des inconvénients de la vie moderne.

Il aura fallu attendre avril 2011 pour le début des travaux et le dimanche 11 septembre de la même année pour l’inauguration officielle. (Voir l’article dans mon livre « ACOZ de A à Z, tome 2, pages 92 à 111).

© Alain GUILLAUME – Octobre 2020.

L’histoire des bureaux de poste d’Acoz

L’une des premières tâches du Gouvernement provisoire de la Belgique, institué au lendemain de la Révolution de 1830, est de constituer une « Administration nationale des Postes » chargée de coordonner les différents services et de les adapter aux nouveaux besoins d’expansion économique et culturelle du pays.

L’Administration générale des Postes est régulièrement réformée et souvent associée au télégraphe et aux chemins de fer. Elle fusionne, en effet, le 11 avril 1849, avec les services des chemins de fer et devient l’Administration des Chemins de fer, Postes et Télégraphes… P.T.T.

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En 1911, l’Administration des postes, déjà chargée de recevoir des dépôts d’espèce et d’effectuer des remboursements pour le compte de la Caisse générale d’Épargne et de Retraite, se voit confier la gestion de l’Office des Chèques postaux, créé par la loi du 28 décembre 1912, sous la dénomination « Service des comptes courants, chèques et virements ».

Par la loi du 6 juillet 1971, l’Administration des Postes est détachée du ministère des Postes, Télégraphe et Téléphone et est transformée en un organisme d’intérêt public sous le nom de Régie des postes, institution d’intérêt public de catégorie A.

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En 2010, La Poste devient « Bpost » avec un logo moderne tout en montrant les racines locales belges de l’entreprise, avec le « B ».

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En janvier 2011, le marché postal belge est entièrement ouvert à la concurrence. Le 21 juin 2013, Bpost fait ses premiers pas sur les marchés boursiers et devient une entreprise cotée en bourse.

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Le 25 novembre 1887, ouverture du premier bureau à Acoz. Aucune archive ne nous précisera l’endroit.

Alice Daffe 640

Au début du 20e siècle, vers 1910, Octave POULEUR et son épouse Aline PHILIPPE, font construire leur maison le long de la grand-route, l’actuelle rue de Moncheret 30. Une fois le couple installé, Aline y gérera le bureau de poste jusqu’à l’âge de la retraite vers 1940-1945.

Aline PHILIPPE 640

Commune et poste 1910 640

ACOZ, la poste, vers 1910 640

Le 24 août 1914, l’immeuble est incendié par l’armée allemande. Un an plus tard, c’est un imposant bâtiment tout en briques qui allait se dresser, en retrait de quelques mètres par rapport à l’ancien bâtiment.

POSTE ALINE PHILIPPE 1915 640

Après la seconde guerre mondiale, la « Villa Bolle » sise à la rue des Ecoles, en face de la ruelle Marie Chinon, allait accueillir le nouveau bureau de poste. La gestion est confiée à Flore BODART, épouse Louis SACRÉ, ancienne perceptrice d’Ermeton-sur-Biert. C’est en ces lieux, vers 1945, que Joseph ELOY, fraîchement engagé, allait y prester ses premières journées.

BUREAU POSTE 1940 640

Flore Bodart 640

Madame SACRÉ décédera en 1949, le bureau aurait été transféré en face, dans la maison familiale de Camille et Marie DEBERGH-CLEDA. La pièce de droite, au rez-de-chaussée, aurait été aménagée en bureau.

bureau poste DEBERGH 640

En 1950, Joseph ELOY, originaire de Presles, épouse Francine BOUSETTE et le couple s’installera dans la maison familiale de Gaston et Lucie BOUSETTE-DAFFE, à l’actuelle rue de Moncheret 137.

Joseph ELOY 17aout1974 640

Deux ans plus tard, suite à la proposition de Joseph, l’annexe de cette maison allait devenir le quatrième bureau de poste d’Acoz.  A noter que cette annexe avait déjà connu une activité commerciale puisque les bureaux de la carrière DAFFE y étaient installés jusqu’en 1929 (voir le dossier dans ce blog : « LA CARRIERE DE GRES » – catégorie « Acoz d’antan » – Mars 2019).

BUREAU POSTE ELOY 640

Ce lieu allait connaître une importante activité. Outre le bureau avec guichets destinés à accueillir la clientèle, un service de tri du courrier pour Acoz, Lausprelle, Villers-Poterie occupait une grande partie de la pièce. Trois facteurs y étaient affectés : Robert GRAMME pour Acoz, Robert PHILIPPE pour Villers-Poterie et Edgard BARBIAUX pour Lausprelle. Plus tard, Gougnies allait aussi dépendre du bureau d’Acoz.

Robert GRAMME 320x420

ROBERT PHILIPPE 320x420

Edgard BARBIAUX 320x420

Les sacs contenant le courrier non trié arrivaient par le premier train et plus tard par autobus, avant que la poste ne se dote de camions. A noter qu’il y avait 2 tournées de distribution du courrier : une très tôt le matin et la seconde dans l’après-midi. Le travail des facteurs consistait au tri et la distribution du courrier, le paiement des pensions, la vente de timbres postaux et fiscaux, le relevé des boîtes aux lettres publiques ainsi que l’expédition – par train et autobus – des sacs du courrier sortant.

Camionnette 1959 640

Vers 1975, Il y avait trois services : celui de Joseph ELOY et celui de Martine VAN LANGENHOVE. Le troisième consistait en un renfort lors des jours de paiement des pensions ; à cette époque, beaucoup d’Acoziens venaient y percevoir leur pension mensuelle.

Martine VAN LANGENHOVE 320x420

Le service de Joseph ELOY commençait très tôt, à 5 heures 15 pour la réception du camion-courrier et à 4 heures 50 le jour de paiement des pensions. Lors des congés et absences de Joseph ELOY, la responsabilité était confiée à Martine VAN LANGENHOVE.

Ce dernier bureau de poste a malheureusement été la victime de deux agressions : la première le 4 juin 1985, les malfrats emportant la somme de 150.000 francs belges ; la seconde avec coup de feu le 21 février 1986. Suite à ces hold-up, Joseph fut très affecté et sa carrière allait s’arrêter là. Il décédera en juin 1986, quelques mois seulement après avoir été victime du hold-up à main armée, sans avoir eu la moindre reconnaissance de la part de la régie postale.

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Des restructurations et modifications du bâtiment ont suivi les évènements. Le  bureau d’Acoz, qui a toujours dépendu de celui de Bouffioulx, disparaîtra en 1986.

Joseph ELOY vers 1970 640

LES FACTEURS DEPENDANT DU BUREAU D’ACOZ

Robert GRAMME (tournée Acoz)

Robert PHILIPPE (Villers-Poterie jusqu’en 1971)

André FAUCONNIER (tournée Acoz)

Edgard BARBIAUX (tournée Lausprelle)

Pierre CHERMANNE (tournées Lausprelle et ensuite Acoz)Pierre CHERMANNE 320x420

Michel GOFFIN (Villers-Poterie et Gougnies – serv. motorisé)                Michel GIFFIN 320x400

Raymond LOSSON (tournée et halte Gougnies – motorisation) Raymond LOSSON 320x420

Freddy VANESPEN (remplaçant- décédé très jeune dans un accident de moto à la Sarthe Châtelet)

André MICHAUX (remplaçant)

Robert TONNON (tournée Villers-Poterie)           ROBERT TONNON 320x420

Michel NANNAN (tournée Lausprelle)                 MICHEL NANNAN 320x420

Michel VAN MEERBEECKE dit « FESSE » (tournée Acoz)

Joseph HERCOT (remplaçant- décédé très jeune dans un accident de moto à Pont-de-Loup)

Pierre BEUGNIER (tournée à Acoz)

François COBUT (tournée Lausprelle)           FRANCOIS COBUT 320x420  

     

PERCEPTEURS ET GUICHETIERS DES BUREAUX DE POSTE D’ACOZ

Aline PHILIPPE

Flore BODART (Madame SACRÉ)

Joseph ELOY

Martine VAN LANGENHOVE (titulaire du guichet N° 2)

Thierry LOUIS                                                       Thierry LOUIS 320x420

Danielle BINON                                                      Danielle BINON 320x420

Marie-José ABBELOOS (épouse Emile MOUCHET)Marie-José ABBELOOS 320x420

Liliane HUBERT                                                     Liliane HUBERT 320x400

LE SERVICE TELEPHONIQUE

Le pupitre répartiteur manuel était installé dans la salle des guichets de la gare. Il assumait également le service du téléphone public. Lorsque la station d’Acoz fut fermée au trafic en 1959, les services télégraphiques et téléphoniques publics furent assurés par la poste locale. C’est ainsi qu’un appareil était mis à la disposition des Acoziens jusqu’en 1960, lors de l’installation des cabines publiques dans le village.

Paul ERNOULD 640

Ecritoire 640

Un autre aspect de service était la prise en charge et la distribution des express. Les envois CX (express) ne souffrant aucun retard, c’était le personnel du chemin de fer qui assurait le port à domicile. La fonction de porteur d’avis et télégrammes était également assurée par des garçons de 11-13 ans, après la fin des classes.

Dès 1867, la Caisse Générale d’Epargne et de Retraite (C.G.E.R.) s’intéresse à l’épargne des écoliers et collabore pour ce faire avec le Ministère de l’Instruction publique. En 1870, l’administration des postes met ses 425 bureaux à disposition de la CGER, ce qui dote celle-ci d’un réseau à travers tout le pays.

SOUVENIRS

En 1957, lors de mes études primaires à l’école communale, notre instituteur Monsieur BEAURIR, gérait nos carnets d’épargne. Il se rendait personnellement à la poste pour y déposer nos petites économies. Il nous rendait notre carnet dans lequel le préposé de bureau de poste avait apposé des timbres de valeurs en francs belges.

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Tous mes remerciements aux personnes qui m’ont aidé à réaliser ce dossier, particulièrement à Etienne et Luc ELOY, Martine VAN LANGENHOVE et Michel GOFFIN.

© Alain GUILLAUME – Octobre 2020.

Cérémonie d’hommage à Hector POULEUR

Suite à l’article relatif au procès de l’assassinat d’Hector POULEUR, Roland BIRON a réagi en nous présentant un article paru dans le quotidien « LE RAPPEL » du vendredi 29 septembre 1944.

On sait que la série des crimes odieux que la fureur rexiste avait déchaînée sur la région  de Charleroi n’a, hélas ! pas épargné Acoz. Elle a même sévi pendant plusieurs jours dans le charmant et paisible village. Vers la fin de juillet, des membres d’un mouvement de résistance, à ce que l’on suppose, abattirent chez eux le père et la mère d’un légionnaire du front de l’Est.

Ce fut le signal.

A l’occasion de l’enterrement de ces deux civils, une trentaine de « noirs » saccagèrent plusieurs maisons du hameau de Lausprelle, puis descendirent dans le centre de la commune et s’en prirent au château de Monsieur le Baron PIRMEZ.

La brigade allemande de Gerpinnes avertie, accourut et s’apprêtait à ouvrir le feu sur les « noirs », mais une trentaine de Feldgendarmes firent leur apparition et de concert avec les traîtres, continuèrent le pillage.

Ce ne devait pas être fini.

Le lendemain, une sinistre rumeur courait de porte en porte.

Une voiture s’était arrêtée devant la maison de Monsieur Hector POULEUR, ancien combattant de 1914, conseiller communal et président de la Commission d’Assistance Publique. On venait enlever Monsieur POULEUR. Deux heures plus tard, la famille apprenait que le malheureux avait été tué dans le bois de Nalinnes.

Cet affreux drame venait s’insérer dans la série rouge qui débuta par l’assassinat de Monsieur Emmanuel DUMONT de CHASSART, bourgmestre de Saint-Amand et qui continua avec les assassinats de Monsieur HIERNAUX, ancien ministre, du Comte d’Outrelmont et de sa femme, à Ham-sur-Heure et de plusieurs autres pour atteindre son point culminant le 18 août. Plus de soixante personnes furent lâchement abattues par les rexistes et leurs complices allemands.

A l’époque, il n’y eut pas de cérémonies religieuses car la terreur régnait à ce point que les enterrements eux-mêmes servaient de prétextes à de nouveaux assassinats. Mais lundi dernier, l’Administration Communale d’Acoz a fait célébrer un service solennel  à la mémoire de Monsieur Hector POULEUR. Ce fut l’occasion pour la population d’Acoz et des villages environnants de rendre à ce martyr un suprême et éclatant hommage de vénération.

Une foule que l’on peut bien qualifier d’innombrable a assisté à la cérémonie.

La messe fut célébrée par Monsieur le Curé d’Acoz, assisté de ses confrères de Lausprelle et de Joncret. Une demi-douzaine de drapeaux faisait comme une garde d’honneur. Le catafalque, gardé par des représentants des armées de 1914 et de 1940 était recouvert du drapeau national.

Au cimetière, Monsieur MEUNIER, échevin, lut l’allocution suivante que Monsieur le Bourgmestre, retenu à Bruxelles par la situation politique, avait préparée :

« L’Administration Communale d’Acoz a voulu rendre un suprême hommage à la mémoire d’un de ses administrateurs les plus dévoués qui fût lâchement assassiné à la veille de la délivrance de pays.

Monsieur POULEUR mettait son temps, son intelligence et son activité au service de ses concitoyens. Ils lui en conserveront une reconnaissance méritée.

Combattant de la guerre de 1914-1918, il ne doutait pas que, cette fois encore,  la justice et le droit triompheraient finalement.

Il aurait pu longtemps encore apporter son précieux concours à notre administration. La brutalité d’un assassin nous en a privés.

Nous conserverons sa mémoire comme celle d’un bon patriote, d’un bon serviteur du Pays et de la Commune.

Puisse la considération dont son nom restera entouré, adoucir la douleur de sa famille.

Nous adressons à celle-ci, au nom de la population, une pensée émue et un suprême hommage, confiant que Dieu aura accueilli celui qu’elle pleure, comme un soldat courageux  et un martyr de la liberté.

Hector POULEUR est mort en effet pour la patrie. Il est de ceux qui maintenant réclament là-haut la justice sur la terre et la paix pour les hommes de bonne volonté ».

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Des souvenirs d’Elisabeth GIGOT, relatés à son fils Roland :

Une voiture, circulant sur la chaussée Châtelet-Gerpinnes, s’arrête à hauteur d’un passant. L’un des passagers lui demande l’adresse de la maison où réside Hector POULEUR. Sans se douter du but de la visite, l’adresse leur est donnée immédiatement. Ce passant n’était autre que Louis BOURBOUSE, neveu d’Hector POULEUR.

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René et Elisabeth BIRON-GIGOT occupaient l’une des maisons sises à gauche en montant la rue de la Raguettte, juste avant la rue des Ecoles. Elisabeth a vu une grosse voiture noire qui prenait la direction de Lausprelle. Il y avait quatre occupants dont Hector POULEUR. Ce dernier ne portait pas sa casquette, ce qui l’a troublée.

Selon les dires d’Ida HOUYOUX, lors de son enlèvement, Hector a voulu emporter sa casquette. L’un des futurs assassins aurait déclaré : « ça ne vaut pas la peine, on n’en a pas pour longtemps ! »

IDA HOYOUX ET FAMILLE 640

© Alain GUILLAUME – Septembre 2020.