La fermeture des usines de Moncheret

Le site métallurgique des usines de Moncheret était un fameux nid d’emplois qui a fait vivre des centaines de familles de la région.

Vers 1972, des rumeurs de fermeture se profilent et la réaction des responsables syndicaux ne se fait pas attendre.

J’ai retrouvé trace d’un premier courrier envoyé au président de la commission paritaire, en date du 5 mars 1973.

Monsieur le Président,

Les travailleurs de Moncheret, vivement émus par l’annonce de la fermeture de leur division, qui, à leur sens, est encore viable pour de nombreuses années, moyennant certains investissements, exigent de la part des responsables une révision de leur plan triangulaire, en tenant compte de la situation particulière de la région sud-est de Charleroi.

Moncheret a toujours été rentable mais exploité depuis 1938 jusqu’en 1966 par la société AMS (Aciéries et Minières de la Sambre) qui n’a fait aucun investissement, repris par la suite par la TMM (Thy-Monceau-Marcinelle) qui a fait travailler à plein rendement avec la même politique de non investissement. Malgré cela nous avons reçu, de 1966 à novembre 1972, des félicitations et marques de satisfaction sur la marche de Moncheret.

C’est pour ces raisons que nous ne pouvons admettre la position de la nouvelle société triangle qui en l’espace de trois mois veut nous faire croire que nous ne sommes plus viables.

                                                                       Les travailleurs de Moncheret

 

Situation géographique et économique de Moncheret et de son personnel

Le personnel occupé vient principalement de deux zones : celle de Bouffioulx à Mettet et environs ; celle de Bouffioulx à Florennes et environs.

Sur 653 personnes (30 employés et 623 ouvriers), les deux zones fournissent 470 employés et ouvriers. Il reste donc 183 membres du personnel qui viennent des communes de Châtelet, Châtelineau, Pont-de-Loup, Aiseau, Presles, etc.

Cette région a perdu grand nombre d’emplois au cours de ces dernières années ; Bouffioulx, par exemple, a perdu MAXIMA « La Biesme », des fonderies, des poteries, des carrières. Pour le reste des deux zones, sont disparues : carrières, sablières, marbrerie, scierie et combien d’autres exploitations familiales, sans oublier les petites exploitations agricoles.

La production de Moncheret

Elle est de plus ou moins 15.000 tonnes par mois en petits produits, fers marchands et spéciaux très élaborés qui, bien souvent, ne sont au départ que des billettes inutilisables sur des trains modernes. Les deux trains sont mécanisés de façon à travailler (suivant les produits) soit à la main, soit avec mécanisation, dans des temps de montage très courts.

Il faut aussi ajouter à cela les possibilités de parachèvement tels que découpage, perçage, épointage, mise en couleur, goudronnage, dressage, bottelage, etc.

                                 L’équipe FGTB-CMB de Moncheret – Mai 1973.

Un grand nombre de personnel qualifié gravitait autour des laminoirs, ce qui permettait à ces derniers d’être munis d’un bon outil de travail primordial pour sortir des profilés spéciaux et de très bonne qualité. Plusieurs écoles industrielles dont les plus réputées étaient « Les Aumôniers du Travail » et « L’Université du Travail » de Charleroi fournissaient de la main d’œuvre hautement performante. De plus, des cours du soir y étaient prodigués aux personnes qui désiraient se perfectionner dans un métier bien défini : ingénieur industriel, dessinateur industriel, électricien, bobineur, ajusteur, modeleur, menuisier…

 

« LE JOURNAL DE CHARLEROI » du 26 mars 1975

Adieu MONCHERET

C’est donc une longue histoire industrielle qui prendra fin puisque l’usine de Moncheret est très ancienne.

Elle se nommait jadis « Forges et Hauts-Founeaux de DORLODOT-HOUYOUX » sur le Ruisseau d’Hanzinne. Cette usine était anciennement une platinerie : elle est citée en 1704 et appartenait en 1810 à N.-J. LORENT & Cie. Par arrêté du 25 septembre 1829, le baron DECARTIER d’YVES fut autorisé à transformer cette platinerie en un haut-fourneau à fondre, au moyen du charbon de bois ou du coke, selon les qualités de fonte qui seraient demandées.

Le 16 mai 1855, Eugène-François de DORLODOT-HOUYOUX obtient la permission de construire un haut-fourneau au coke sur l’emplacement d’une foulerie que lui avait cédée le sieur G. BAILLY. Un arrêté du 27 février 1837 a autorisé l’ajout d’une affinerie à l’anglaise près de son haut-fourneau. Un troisième haut-fourneau a été autorisé le  12 novembre 1851.

On le voit, tout cela ne date pas d’hier et on lit dans « Souvenirs » du baron de DORLODOT publié en 1947 que les Forges d’Acoz, qui appartenaient également à sa famille, constituaient en 1869 une des plus fortes industries du pays. Les laminoirs occupaient à cette époque 1.295 ouvriers et produisaient 51.850 tonnes, tandis que pour cette branche, COCKERILL n’avait que 993 ouvriers pour une production de 29.475 tonnes.

En 1753, on comptait à Acoz : un haut-fourneau appartenant au comte de QUIEVRAIN, seigneur de Quiévrain ; une forge à deux affineries à M. PUISSANT de Marchienne.

La forge dite de Saint-Eloy a été autorisée le 25 avril 1761 ; le propriétaire alors était Joseph PUISSANT. En 1806, Gauthier PUISSANT changea cette forge en platinerie à cause de « circonstances désavantageuses ». Vers 1812, il y établit un laminoir en place de marteau. En 1826, Pierre-Joseph HOUYOUX, de Bousval, propriétaire de cette usine, y établit un laminoir pour étirer le fer en barres. Un arrêté royal du 18 août 1828 autorisa le propriétaire à remplacer le laminoir à tôles par plusieurs autres laminoirs propres à étirer le fer en tôles, en verges et en barres et à ajouter à cet établissement un cylindre dégrossisseur et 6 fours à réverbère pour fondre, affiner et chauffer le fer au moyen de la houille.

Un arrêté du 14 novembre 1829 autorisa P.-J. HOUYOUX et son gendre Eugène-François de DORLODOT à ajouter à cette usine un haut fourneau à fondre le minerai de fer et un fourneau de finerie  pour convertir la fonte en métal. Des arrêtés du 16 mai 1835, du 28 juin 1837 et du 30 décembre 1840 ont autorisé des modifications ou prononcé la maintenue.

Cette usine, disait un ingénieur en 1840, jointe à celle de Bouffioulx, appartenant au même propriétaire, forme l’établissement sidérurgique le plus considérable de tous ceux possédés dans le 2e district par un particulier.

Le laminoir a été construit en plusieurs étapes. L’usine avait été montée, dans le principe, pour marcher au moyen de l’eau et c’est seulement plus tard qu’on a successivement soumis le train ébaucheur à une machine à vapeur et ajouté les trains à rails et à petits fers.

Une longue histoire qui s’achève donc, c’était inévitable. Mais selon le président de la délégation syndicale, Gustave COLLYNS, on aurait dû le faire moins brutalement.

La meilleure formule, dans l’absolu, aurait été d’attendre la mise en service de la nouvelle unité de production actuellement en construction, sous le nom de CARLAM, dans le port de la Praye à Châtelineau.

Nous avons déjà largement évoqué dans le passé ce que sera ce train à larges bandes ultra-moderne, capable de produire de l’acier inoxydable et de l’acier à grains orientés. Normalement, elle aurait dû produire ses premières tonnes d’acier en 1976.

La situation économique étant ce qu’elle est malheureusement, on pourrait les attendre jusqu’en 1978, et il semble que c’était beaucoup demander au patronat que de maintenir Moncheret en vie jusqu’à ce moment.

L’exploitation était en effet devenue largement déficitaire.

On n’attendra donc pas CARLAM pour reclasser, aussi bien que possible, les ouvriers de Moncheret, mais cela n’ira pas sans mal…

Le conseil d’entreprise de Moncheret a accepté la proposition syndicale tendant à étaler les opérations de déplacement des travailleurs en 3 phases : le 30 avril, le 15 mai et le 30 mai 1975. On est arrivé à ce qu’on accorde la prépension à tous les travailleurs de 60 ans et plus, les autres étant reclassés dans les usines du groupe de la région. Ils seront 135  dans ce cas qui ont été compléter des équipes à Monceau et Marcinelle.

De plus jeunes ouvriers ont quitté la sidérurgie pour des emplois dans les administrations, intercommunales, services des travaux des communes de la région, certains même ont été engagés dans les services de polices communales ; pour d’autres, la solution fut de se lancer dans des activités d’indépendants.

Nombreux courriers…

La réaction du personnel

Souvenirs

  • En 1962, la diffusion de la série télévisée britannique « le Saint », en raison des initiales de sa vedette Simon TEMPLAR, allait susciter un véritable engouement dans les foyers. On rencontrait le logo dans les étals des marchés, aux pare-brise des voitures, bref, un peu partout. L’atelier d’ajustage de Moncheret s’est lancé dans la fabrication (on va dire « non officielle ») et rares sont les foyers qui ne possédaient pas la petite figurine.

  • En haute conjoncture, les équipes de lamineurs étaient très productives et recevaient des primes de productivité. Une rivalité allait naître entre les contremaîtres. Ce fut le cas entre Wilhem BERTULOT, surnommé « Barabas », et son fils Willy, dit « L’Agace ». Lorsque Wilhem était satisfait des performances de son équipe et avait donc battu celle de son fils, en reconnaissance il offrait chocolat et… cigares.

                                          

  • les années 65-70, de nombreux sidérurgistes se retrouvaient le dimanche matin au café « Au Voltigeur» à Acoz, tenu par Fernand et Andrée HANQUART. Le commerce tournait à plein rendement avec de-ci, de-là, des conversations qui convergeaient toujours autour de Moncheret. J’entends encore « billettes », « tonnage », « pause de nuit », « cylindre »… Jeune typographe à l’époque,  je n’avais pas beaucoup de conversation !
  • Les transports publics des ouvriers à Moncheret étaient très bien organisés et gérés par les autobus « LARDINOIS » de Villers-Poterie. Dès 5 heures 30 jusqu’à 22 heures 30, ceux-ci transportaient les ouvriers sur trois grands axes : Châtelineau, Florennes et Mettet.
  • Certains ouvriers étaient affublés d’un surnom. Deux anciens, Michel DEGRAUX et Gustave PIRMEZ, se souviennent : « Barabas, L’Agace, Cigarette, Fil de Fer, Gros Stomac, El Carrè, El Gros Bil, El Caty, Aimable, Laplume, El Flamint, Cougnet, El Baudet, Lacane, El Coréen, Toufoume, Bobet, El Betchet, El Chimot, El Grand Bert…… » (liste non exhaustive).
  • On refroidissait les lignes des laminoirs au moyen de l’eau pompée dans le « Ruisseau d’Hanzinne ». L’eau tiédie était rejetée au lieu-dit « El Tchôt’ Euw », (l’Eau Chaude), fréquenté et apprécié par la jeunesse de Chamborgneau et de Bouffioulx.                                                          

 

 L’album souvenirs…

Ce dossier a été conçu grâce aux archives de Gustave COLLYNS, délégué principal des usines de Moncheret. Je remercie vivement sa fille Noëlla de m’avoir permis l’accès à ces témoins du passé.

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© Alain GUILLAUME – 14 avril 2025.

La Saint-Grégoire

En hommage à mon cousin Francis GUILLAUME qui nous a quittés en 2017, je publie cet article qu’il avait préparé pour le blog d’Acoz.

 

La tradition

Il est des traditions qui traversent allègrement le temps et se perpétuent naturellement de génération en génération.  D’autres, par contre, ont la vie dure et finissent hélas par disparaître.  Faut-il pour autant les oublier ?

A Acoz, la tradition de la Saint-Grégoire s’est éteinte au milieu des années 70, victime sans doute de la baisse progressive de fréquentation de l’école communale.

Jusqu’à cette époque, le 12 mars de chaque année, les garçons bénéficiaient d’un jour de congé.  Dès le matin, ils se mettaient à sillonner les rues du village, frappant à chaque porte et y allant de leur petite chanson.  Manière bien sympathique de faire appel à la générosité des Acoziens tout en leur promettant, en retour, de prier pour leur prospérité.

A chaque halte, menue monnaie, œufs, fruits, bonbons et friandises diverses venaient garnir bourses, sacs et paniers.

La quête se déroulait selon un itinéraire établi de manière à n’oublier aucun quartier et à se ménager quelques moments de détente, que ce soit dans les « Fonds d’Acoz » ou dans les « Marlères ».

A la fin de la journée, sonnait l’heure de la récompense : le « Maître » attendait à l’école le retour de ses vaillantes ouailles pour procéder au partage équitable de la récolte.

On trouve trace de cette tradition non seulement en Entre-Sambre-et-Meuse mais aussi, notamment, en Hesbaye, dans le Condroz et dans la Vallée de la Lesse.  L’organisation pratique de la fête ainsi que les paroles de la chanson variaient d’une région à l’autre.  Les plus anciens parmi nous se souviennent certainement des paroles chantées à Acoz : 

           Saint-Grégoire c’est aujourd’hui

          c’est pour ça qu’ nous sommes ici

          c’est pour boire de la bonne bière

          pour avaler toutes les poussières

          Marie-Claire Mémwère

          Donnèz-nous vos p’tits restants

          Nos prîrons Jésus-Christ

          Pou qu’vos pouyes pènéchent toudis

          Pou qu’vos vatches donnéchent toudis

          Amen, amen, èn’ bone tchèréye di farène

           Amen, amen, ène bone tchèréye di farène ».

Pourquoi les écoliers fêtaient-ils saint Grégoire ?

C’est Grégoire IV, pape au 9e siècle, qui semble avoir désigné saint Grégoire comme patron des écoliers, visant alors les jeunes chantres qui faisaient partie des maîtrises des églises : ces enfants ont en effet été pendant longtemps les seuls écoliers.  La tradition s’est ensuite probablement intégrée un peu partout à la vie scolaire dès que l’enseignement s’est généralisé.

Qui était saint Grégoire ?

Grégoire le Grand naît à Rome en 540.  Fils de sénateur, cet opulent patricien est nommé préfet de la ville et devient ainsi le premier magistrat de Rome.

Vers 575, il adopte la vie monastique et transforme en monastère la résidence familiale.  De sa splendeur, il ne conserve, dit-on, qu’une écuelle d’argent destinée à recevoir les quelques légumes envoyés quotidiennement par sa mère.

Grégoire est ordonné diacre par le pape et est envoyé à Constantinople comme apocrisiaire (ambassadeur permanent).  A son retour, il reprend la vie monastique.  Il  assure aussi le rôle de secrétaire et conseiller du pape Pélage II.

A la mort de celui-ci, en 590, Grégoire lui succède sous le nom de Grégoire Ier.

Son pontificat – l’un des plus féconds dont s’honore l’Eglise – fut marqué par l’évangélisation du peuple anglais dont il eût tant souhaité être l’apôtre.

Docteur de l’Eglise, il est aussi l’un des quatre Pères de l’Eglise d’Occident.

Grégoire Ier est l’auteur des « Dialogues » et s’est rendu célèbre par la réforme de la liturgie et le perfectionnement du chant ecclésiastique.  Notons toutefois que le chant grégorien, qui porte son nom, ne lui doit rien directement, cette attribution résultant d’une légende.

A sa mort, survenue le 12 mars 604, il fut inhumé au niveau du portique de l’église Saint-Pierre de Rome. Cinquante ans plus tard, ses restes furent transférés à l’intérieur de la basilique, ce qui officialise sa sainteté.

                                                                 Francis GUILLAUME

Sources :

  • Bètchète : Quêtes de la Saint-Grégoire
  • Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Marne, 1950 –  Abbé L. JAUD.
  • Wikipedia

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© Alain GUILLAUME – 11 mars 2025

Acoz et Lausprelle dans la presse régionale en 1944

Tous ces articles ont été puisés dans la « GAZETTE DE CHARLEROI » et le « JOURNAL DE CHARLEROI ».

 

25 janvier 1944

SÉANCE DE CHANSONS

Les deux chanteuses et les trois diseuses qui se produisirent récemment lors d’une séance consacrée à l’entraide aux familles de prisonniers réussirent à créer un moment l’ambiance du cabaret, de ce bon vieux cabaret que la plupart de nos concitoyens ignorent malheureusement.

Ceci dit, il convient que nous félicitions Mesdemoiselles Madeleine DESSINIUS et Juliette LEFÈVRE de leurs bonnes interprétations en solo de « Tchip Tchip », « Tout Passe », « Pierrette », « Le Cœur de ma Mie », etc… et leur accompagnateur Monsieur Jean HOSPEL.

Nos félicitations également à Mesdemoiselles Suzanne DESSINIUS, Irène HISTACE et Anne-Marie PATIGNY qui nous détaillèrent à ravir quelques poésies d’une certaine importance.

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2 février 1944

PETITE BALLE AU TAMIS

Enfin, ce que nous avons toujours préconisé se réalise, c’est-à-dire l’union dans le jeu de pelote des deux localités sœurs de Bouffioulx et Acoz. Certes, cette union n’existe pas sur le papier entre les deux sociétés puisque celle d’Acoz n’existe plus, mais cette union se réalisera de par l’introduction dans l’équipe de division 1 des « Potits » de trois joueurs acoziens qui entraîneront à leur suite les amateurs de leur localité.

Les Roger POULEUR, Léon DEGRAUX et Jean RIDELLE sont trois jeunes éléments pleins de talents qui, sous la conduite du dévoué et compétent M. Fernand BRUYR président et du conseiller bénévole M. Hector POULEUR, réaliseront de belles choses. Les deux autres éléments sont bien doués également. Nous dirons prochainement leurs noms. On est donc en droit d’espérer un bon comportement de cette juvénile équipe… qui, nous dit-on, sera bientôt dotée d’un beau ballodrome.

Il est à souhaiter enfin que le ballodrome d’Acoz accueille une bonne fois ou deux l’équipe des « Potits » qui nous touche de si près.

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5 février 1944

UNE SÉRIE DE VOLS A ACOZ

Pendant la nuit du 2 au 3, des voleurs ont opéré à l’aide de fausses clefs dans diverses remises d’habitations d’Acoz.

Chez M. Dominique VANHEDDEGEN, 87, rue de Villers, ils ont pris un vélo ; chez M. Paulin DELESPINETTE, 117, même rue, quatre poules, un coq et quatre lapins ; chez M. Clément VAN ONDY, 108, même rue, deux lapins.

La gendarmerie de Gerpinnes a ouvert une enquête.

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11 février 1944

UN DEUIL AU F.C. ACOZ

Albert GIGOT est mort ! Telle est la triste nouvelle qui se répandit comme une traînée de poudre dans la localité. Bien que sérieusement malade depuis un certain temps déjà, rien ne faisait prévoir une fin aussi rapide de l’ex-capitaine du F.C. Acoz. Nous disons ex-capitaine, c’est une façon de parler, car s’il avait cédé sa place, c’est en raison du mal qui le minait ; il en était toujours le capitaine spirituel.

Ainsi donc, la fatalité implacable et maudite veut que de vieux parents soient frappés dans leurs affections les plus chères et à jamais privés de celui qui aurait encore pu être leur soutien. La solidarité heureusement n’est pas un vain mot. A côté des premiers beaux gestes, nous ne doutons pas que d’autres témoignages ne manqueront pas de se manifester, si ce n’est déjà fait.

Tous les amateurs, tous les joueurs de football et de pelote garderont un bon souvenir d’Albert GIGOT. C’était un excellent garçon, au coeur bon et sincère.

A ses vieux parents, à ses frères et sœurs, à sa famille que sa mort afflige, nous présentons l’expression émue de nos vives condoléances. Au Football Club Acoz, nous exprimons également notre sympathie, à l’occasion du deuil qui le frappe.

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18 février 1944

TENTATIVE DE MEURTRE A ACOZ

La nuit de mercredi à jeudi, Daniel VOLTAN, ouvrier d’usine, âgé d’une cinquantaine d’années, et domicilié rue de Gerpinnes à Acoz, dormait avec son fils Félicien, dit « Marcel », âgé de 21 ans.

Vers 1 heure du matin, celui-ci entendit son père crier. Il se leva précipitamment, descendit et alla se cacher dans le w.c. du voisin.

Vers 5 heures, il se risqua dans la maison, remonta dans la chambre et découvrit son père baignant dans une mare de sang.

Daniel VOLTAN était blessé à la tête.

Un médecin fut mandé d’urgence. Il constata que le malheureux était atteint d’une fracture du crâne, fracture provoquée par un objet contandant.

Transporté à l’hôpital Sainte-Thérèse à Montignies-sur-Sambre, il a été admis en traitement.

La gendarmerie de Gerpinnes et la police judiciaire de Charleroi enquêtent au sujet de cette affaire assez abracadabrante.

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29 mars 1944

GRAND CROCHET A ACOZ-LAUSPRELLE

Ce dimanche 2 avril, à 17 heures, aura lieu dans la salle de M. Léon MORIAMÉ, grand-place, un grand crochet pour amateurs, avec le concours de vedettes de la chanson. Il y aura de nombreux intermèdes et les spectateurs auront le plaisir d’entendre les derniers succès du jour. C’est un spectacle de bonne humeur.

Pour le crochet, les concurrents peuvent s’inscrire chez M. MORIAMÉ.

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25 avril 1944

UN ACTEUR N° 1

Il nous est toujours agréable de dénicher dans l’un ou l’autre coin de chez nous, un bon acteur de théâtre, car on n’en fait pas beaucoup, pour la raison qu’on n’a jamais cultivé l’art théâtral. Ceux qui sont arrivés n’en ont que plus de mérite puisqu’ils ont dû travailler d’eux-mêmes et prendre des leçons ailleurs. Tel est le cas de Léon MORIAMÉ, qui perche sur la Butte de Lausprelle.

Son histoire est simple. Attiré par le théâtre, il s’affilia au cercle « Le Progrès » dont le renom s’est solidement établi au cours de ses 35 ans d’âge. Léon MORIAMÉ y monta donc sur les planches, et comme il avait une bonne instruction et beaucoup de goût, il se hissa rapidement au-dessus du commun des jeunes acteurs. Son application tenace, les cours de théâtre qu’il suivit… et aussi l’autorité et la compétence de M. Maurice HISTACE, ce vétéran dont nous vous entretiendrons un de ces prochains jours, eurent tôt fait de le sacrer vedette-amateur.

Son premier grand mérite est de se mettre avec beaucoup d’adresse dans la peau de ses personnages. Son jeu est spontané, varié, humain. Son visage reflète toujours avec exactitude les sentiments dont les auteurs animent les personnages, qu’ils soient comiques ou dramatiques. Il se plie avec une rare souplesse à toutes les exigences de l’interprétation. Tout est au point dans la technique et dans le style. Pourtant il est difficile – beaucoup plus difficile qu’on ne pense – d’incarner un personnage qui ne cherche pas, qui ne veut pas chercher à paraître exceptionnel. Pour réussir, il faut une dose de tact peu commune, un sens d’observation très développé, une force d’adaptation extrêmement subtile.

Son calme naturel lui est aussi d’un précieux appoint. Et il ne faut pas croire que Léon MORIAMÉ se confine dans l’exécution de pièces ordinaires. Il lui faut toujours du relevé en français comme en wallon. Car il est à l’aise dans les deux genres et ceci n’est pas son moindre mérite. C’est très bien à lui de mener de front les théâtres français et wallon, ce dernier ne disposant pas de beaucoup de bons acteurs. Aussi renseignons-nous Léon MORIAMÉ à ceux qui se sont attelés à la noble tâche d’assurer l’existence du théâtre patoisant et de le hisser toujours plus haut.

Et en terminant disons que la carrière de Léon MORIAMÉ se déroule dans une atmosphère de lumière, de ferveur et de fidélité.

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14 juillet 1944

VOL ET ABATTAGE D’UNE BREBIS

Mercredi après-midi, vers 14 heures 30, Madame Joseph GAUTHIER, fermière, domiciliée à Acoz, a constaté que des inconnus avaient volé et abattu sur place une brebis lui appartenant.

Celle-ci se trouvait en pâture au lieu-dit « Fonds Charnoy », à Acoz.

Madame GAUTHIER a déposé plainte à la gendarmerie de Gerpinnes qui enquête.

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17 juillet 1944

ARRESTATION DE L’AUTEUR DU VOL ET DE L’ABATTAGE D’UNE BREBIS

Nous avons relaté, vendredi, qu’une brebis avait été volée et abattue au préjudice de Madame Oliva MORIAMÉ, fermière à Acoz.

Nous apprenons aujourd’hui que l’enquête menée à ce propos par la brigade de gendarmerie de Gerpinnes vient d’aboutir à l’arrestation de l’auteur de ce méfait.

Il s’agit de Roger FERY, domicilié rue de l’Eglise à Bouffioulx. L’individu a été mis à la disposition du Parquet de Charleroi, vendredi matin.

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26 juillet 1944

DOUBLE ASSASSINAT A ACOZ-LAUSPRELLE

Lundi 24 juillet vers 17 heures 15, quatre inconnus armés de revolvers pénétrèrent au numéro 110 de la rue de Villers à Acoz-Lausprelle, habité par M. DESCARTES Adelin-Constant, né à Couillet le 6 juin 1891, et son épouse LORENT Louise-Marie-Ghislaine, née à Acoz le 6 février 1893.

Sans mot dire, ils tirèrent sur le propriétaire qui fut tué net. La femme put appeler au secours avant d’être abattue à son tour.

Les quatre hommes ont pu s’enfuir avant l’arrivée des voisins accourus pour porter secours aux victimes. Le crime n’a pas eu le vol comme mobile.

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1er août 1944

ASSASSINAT D’UN ÉCHEVIN D’ACOZ DANS LE BOIS DE LA FERREE A NALINNES

Vendredi 28 juillet vers 18 heures 15, trois bandits arrivés en voiture pénétrèrent chez M. Hector POULEUR, échevin d’Acoz, 60, rue de Gerpinnes à Acoz. Ils l’obligèrent à les suivre dans leur automobile qui partit en flèche vers le bois de la Ferrée à Nalinnes.

Vers 19 heures, le corps du précité était retrouvé dans le bois par les gendarmes de Charleroi alertés par les voisins qui avaient entendu des détonations. La victime fut tuée d’une balle au front ainsi que le prouve les premiers résultats de l’enquête.

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11 août 1944

VAINE TENTATIVE DE VOL A MAIN ARMÉE DANS UNE FERME

Au cours de la nuit, dix individus qui tentaient de s’introduire dans une écurie de la ferme Théophile ADAMS d’Acoz Lausprelle ont été dérangés par les propriétaires éveillés et postés à une fenêtre de l’étage de la maison.

Les voleurs se sont enfuis sans rien emporter, en tirant des coups de feu dans la direction de la fenêtre.

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27 octobre 1944

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11 novembre 1944

VOL

On a volé 2 brebis et 11 poules chez Emerance DEMIERBE, rue de Lausprelle, 17.

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12 décembre 1944

GESTE ÉMOUVANT

Dimanche 3 décembre, une importante délégation du G.R.F.N.C. avec drapeaux, conduite par M. DUQUENNE, a rendu un suprême hommage à la mémoire de son camarade Hector POULEUR, lâchement assassiné par les rexistes, le 28 juillet dernier.

Reçue à l’entrée du village par la section locale, la délégation s’achemina vers le cimetière, où l’attendait deux échevins.

(Voir « ACOZ de A à Z », tome 3, pages 306-309).

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© Alain GUILLAUME – 15 février 2025.

Le mariage de René DUFLOT

Le samedi de Pâques 13 avril 1974, René DUFLOT, directeur musical de la Fanfare Royale d’Acoz et sergent-sapeur de la Marche d’Acoz, a épousé Marie-Louise ERNOULD.

Les membres de ces comités ont été invités à la réception offerte dans la salle d’accueil du circuit de Mettet.

Jean-Louis HENRIET m’a transmis cet album souvenir qui nous remet en mémoire de nombreuses personnes disparues.

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© Alain GUILLAUME – 5 février 2025.