Les monuments dédiés aux victimes des deux guerres mondiales

Peu de temps après la seconde guerre mondiale, un comité patriotique voit le jour sous la présidence du Docteur Edgard GRAVY.

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Le Docteur Edgard GRAVY

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Composé en grande partie des anciens combattants et prisonniers de guerre, il va tout d’abord organiser en septembre 1946 un défilé pour célébrer la fête de la victoire (voir mon livre « ACOZ de A à  Z », tome 2, pages 202 à 207).

Après cette mémorable journée, de nombreuses activités sont mises sur pied dans le but de récolter des fonds pour financer l’érection d’un monument.

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Il faut croire que ces organisations ont connu un beau succès car le projet sera lancé, non pour une mais pour deux œuvres qui seront réalisées par Zéphir BUSINE (voir mon livre « ACOZ de A à Z » tome 1, pages 64 à 69) et son associé de l’époque, Georges BOULMANT.

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Zéphir BUSINE
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Georges BOULMANT

Influencés par les bas-reliefs égyptiens, les deux artistes avaient proposé un sein en relief et un autre, en creux (effet de lumière).
Lors de la présentation de la maquette en plâtre, ils ont eu droit à une petite colère du Docteur GRAVY.

La sculpture a été réalisée aux Carrières du Hainaut à Soignies avec l’aide d’un tailleur de pierre nommé Joseph.

Les deux monuments sont des mêmes artistes et ont été inaugurés le même jour en septembre 1951.

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Inauguration du monument sis à l’actuelle rue de Moncheret.
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Inauguration du monument adossé au mur de l’église paroissiale St-Martin.

Le monument dédié aux victimes civiles de la guerre 40-45

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Cet édifice est érigé le long de l’actuelle rue de Moncheret, au centre du village (à l’endroit d’une habitation incendiée en août 1914), en hommage aux victimes civiles de la guerre 40-45, à savoir le Baron Hermann PIRMEZ, son fils Maurice, et Hector POULEUR.

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Souvenir réalisé en hommage aux trois victimes. De gauche à doite : Hector POULEUR, Baron Hermann PIRMEZ et Baron Maurice PIRMEZ

Qui est le Baron Hermann PIRMEZ ?

Né à Louvain le 28 octobre 1892, il réside avec son épouse Emilie del Marmol au château d’Acoz. Le couple élève 9 enfants : Rolande, Maurice, Edouard, André, Ghisliane, Guy, Octave, Marie-Louise et Elisabeth.

Suspecté de relations avec la résistance et suite à une dénonciation, il est arrêté avec son fils, le Baron Maurice PIRMEZ, le 5 mars 1944 et seront tous deux envoyés en Allemagne.

Hermann PIRMEZ meurt au camp de Dachau le 13 février 1945, à l’âge de 52 ans. Son corps y aurait été inhumé.

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Qui est le Baron Maurice PIRMEZ ?

Né en 1919, Il est interné à la forteresse de Coswig et décède le 18 avril 1945, à l’âge de 25 ans.

Son corps est rapatrié en Belgique et est inhumé dans la crypte familiale sous le chœur de l’ancienne église de Villers-Poterie.

Crypte Pirmez 640

DISCOURS PIRMEZ 640

Qui est Hector POULEUR ?

Né à Haine-Saint-Pierre le 25 juillet 1889, il effectue son service militaire comme soldat au Premier Chasseurs à Pied. Combattant de la guerre 14-18, il reçoit la Médaille Commémorative de 14-18, la Médaille de la Ville de Liège, celle de Chevalier de l’Ordre de Léopold II et la Croix de Guerre avec Palmes et Croix de Feu. Après sa captivité, il rentre à Acoz en 1919. Il devient le président-fondateur de la section locale de la F.N.A.P.G (Fédération Nationale des Anciens Prisonniers de Guerre). Il y apporte tout son dévouement. Invalide de guerre, il aura une attitude patriotique dès les premiers jours de la seconde guerre mondiale. Il tient tête aux promoteurs des idées pro-allemandes et aide la résistance. Il s’occupe également de la C.N.A.C. (Aide aux Prisonniers de Guerre ainsi  qu’à leurs enfants).

Il est arrêté le 28 juillet 1944, deux jours après l’assassinat de deux rexistes d’Acoz-Lausprelle. A 18 heures 45, Il est abattu sans jugement d’une balle en pleine tête dans le bois de la Ferrée à Nalinnes par les rexistes de la bande MERLOT.
Le 11 novembre, pendant de nombreuses années, ses anciens compagnons d’armes et les anciens prisonniers iront s’incliner sur sa tombe au cimetière d’Acoz.

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La sépulture d’Hector POULEUR au cimetière d’Acoz.

Signalons un fait de bravoure : lors de ses funérailles en l’église d’Acoz, la Révérende sœur IRMA, elle aussi grande patriote, viendra déposer le drapeau national sur son cercueil, malgré la présence d’officiers allemands.

Hector POULEUR est aussi le fondateur de la section métallurgiste d’Acoz et y exercera la fonction de secrétaire depuis 1919. Il est élu conseiller communal en 1926 et président de la C.A.P. (Commission d’Assistance Publique).
Il fonde le parti socialiste local. En 1940, il accepte les lourdes charges de conduire la commune et d’aider ceux qui se trouvent dans le besoin. En 1941, il refuse énergiquement tout mandat communal, le siège scabinal lui étant offert par les autorités d’alors.

Avec son épouse, Ida HOUYOUX, ils élèvent 4 enfants : Firmine (épouse de Georges HANQUART, dit « Candri »), Fernand qui deviendra le bourgmestre d’Acoz de 1951 à 1970), Alina (épouse de Henri CHARLIER) et Roger qui quittera Acoz pour devenir secrétaire communal à Marloie, non loin de Marche.

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Le monument dédié aux victimes civiles des deux guerres mondiales 

MONUMENT EGLISE 640

Celui-ci, adossé à l’église paroissiale Saint-Martin a connu une « vie » mouvementée. Fin 1952, le parti socialiste remporte les élections communales à Acoz.  En 1953, Fernand POULEUR, fils d’Hector, devient le nouveau bourgmestre.  Il décide de déplacer ce monument (qu’il juge trop proche du buste d’Eugène-François de DORLODOT) vers la façade, côté gauche, de l’église Saint-Martin.  Quelques années plus tard, lors de la construction d’une rampe d’accès pour handicapés, l’ouvrage trouvera la place qu’il occupe aujourd’hui, sur le côté droit. (Détails dans l’article publié sur ce blog « le monument dédié à Eugène-François de DORLODOT » mai 2018, catégorie « patriotisme »).

On y découvre le nom des 4 victimes fusillées par l’armée allemande lors de son passage dans notre village les 25 et 26 août 1914 : l’Abbé Eugène DRUET, Archange BOURBOUSE, Joseph BOURBOUSE et Ernest BASTIN. (Voir le livre « ACOZ ET LA GUERRE 1914-1918, Geneviève LUSIAUX et Guy ANTOINE, pages 159 à 163).

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Plaque commémorative scellée au mur de l’église Saint-Martin. L’Abbé DRUET repose dans le crypte de la famille de DORLODOT, en-dessous du choeur.
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Tombe d’Archange BO(U)RBOUSE au cimetière d’Acoz.
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Sépulture de Joseph BO(U)RBOUSE, frère d’Archange, au pied de l’église Saint-Michel de Gerpinnes-Centre.

Je n’ai malheureusement pas trouvé trace d’Ernest BASTIN. Celui-ci, originaire de Montignies-sur-Sambre, a peut-être été inhumé dans sa terre natale.

 

Figurent aussi deux victimes de la guerre 1940-1945.

Qui sont-ils ?

  • Emile LECLERCQ

Fils de Léon LECLERCQ et de Mélanie PHILIPPE, il voit le jour à Acoz-Lausprelle le 5 février 1899. Avec son épouse Lise ABSIL, il vient s’installer à la ferme sise à la rue des Ecoles et actuellement propriété de la famille CHIF. D’un caractère joyeux et original, il participe à la vie du village. Il marche officier dans la Compagnie d’Acoz en adossant tout d’abord le costume de major et ensuite celui de tambour-major. Lors des fêtes communales de début juillet, il adore faire le pitre et on retiendra son numéro lors des « concerts extraordinaires », organisés sur le kiosque planté sur la place communale.

Emile LECLERCQ 1933 640
1933 – Emile LECLERCQ photographié avec la famille Augustin et Aline MATHIEUX-FENSIE
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Fin des années 30 : Emile LECLERQ, tambour-major de la Marche d’Acoz et déguisé pour le « concert extraordinaire ».

La guerre éclate, il quitte le village pour se réfugier en France. Il est tué sur les routes de Normandie, le 14 mai 1940, à l’âge de 41 ans.

  • Henri DE(S)CHAMPS

Il naît à Gerpinnes le 2 septembre 1902. Fils d’Emile DECHAMPS et d’Anne GUILLAUME. Avec son épouse Amandine LECHAT, il vient résider à Acoz vers 1931. Il exerce les métiers d’ouvrier d’usine et de cordonnier.

Lui aussi quitte le village pour l’exode. Il est tué à Gisors (Normandie) le 18 mai 1940, à l’âge de 37 ans.

Le couple a eu 3 enfants : ? DECHAMPS, Armand DECHAMPS et Raymond DECHAMPS. Ce dernier, avec son épouse Jeanine BACKAERT, tiendra une ferme qui était située à l’angle des rues de la Raguette et du Dessus-du-Bois. Raymond décédera vers 1978 des suites de graves brûlures occasionnées lors d’un accident d’usine. Beaucoup de Marcheurs se souviennent du fils, Henri, qui occupa la place d’adjudant avec la Compagnie de Lausprelle, lors des Saint-Roch et Saint-Frégo.
Il décédera début des années 80 des suites d’une pénible maladie.

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Dossier réalisé avec la collaboration de Geneviève LUSIAUX et Philippe BUSINE. Merci à eux.

© Alain GUILLAUME – Janvier 2020.