Les « magasins » à Acoz

Bien avant les supermarchés « libre-service » qui ont vu le jour en Belgique début des années 60, beaucoup de petites épiceries étaient implantées dans les villages. Acoz était particulièrement bien servi avec 6 petits commerces. Dans ceux-ci, c’est l’épicière derrière son comptoir qui remplissait votre panier. Toutes les denrées étaient exposées dans les nombreuses étagères qui ornaient les 4 murs.

Les souvenirs de mon enfance ont rejailli…

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« CHEZ MARTHE »

Marthe MEUNIER avait repris le commerce de sa mère Clémentine (Clémence) BOLLE, épouse Alfred MEUNIER, sis à l’actuelle rue de Moncheret, 115. Elle était propriétaire des lieux qu’elle partageait avec son amie Emilie BORBOUSE. Sa clientèle était surtout constituée des personnes du quartier.  Ici, pas de frigo ce qui signifiait l’absence de produits périssables. La fermeture du commerce, due à son décès, eut lieu en 1970.

Rue de Moncheret 115 640

MARTHE MEUNIER 640

Emilie BORBOUSE était la fille de Joseph BORBOUSE, fusillé par les Allemands à Gerpinnes le 26 août 1914. (voir l’ouvrage « ACOZ ET LA GUERRE 14-18 » page 160 – Geneviève LUSIAUX et Guy ANTOINE).

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« LOUIS DELHAIZE »

LOUIS DELHAIZE 400

Sis juste derrière le monument aux morts, à l’actuelle rue de Moncheret, il était mis en gérance par la maison-mère de Ransart. De nombreux tenanciers y sont passés : Suzanne LEFÈVRE, de 1945 jusqu’à son mariage en 1947 ; Victorine BEGON, avant son mariage avec Camille SAUME, dans les années 1948 à 1951 ; Lambertine PIETTE, épouse Marcel COUGNON, de 1951 à 1953 ; Marie DAMAS en 1953 ; Michel et Jeanine SMITS-MALEVEZ, vers 1960 ; André et Andrée ROMAIN-DANCART, originaires de Biesme, dans les années 1965 ; René et Lydia MOURIALMÉ-HÉRODE de 1970 jusqu’à sa fermeture en 1974. Cette boutique offrait un grand éventail de produits dont un étal de fruits et légumes frais. L’immeuble fut abattu début 1976 pour faire place à l’imposant bâtiment qui allait abriter les puissants ordinateurs de la RTT-BELGACOM-PROXIMUS.

LOUIS DELHAIZE 1973 640

LOUIS DELHAIZE 640

SUZANNE LEFEVRE 640

CAMILLE VICTORINE BEGON 640

Marcel GOUGNON Lambertine PIETTE 640

Michel Jeanine SMITS-MALEVEZ 640

André André ROMAIN 640

LYDIA RENE MOURIALME 640

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« MRC » Magasin Régional de Charleroi

Situé à l’actuelle rue Saint-Martin 12, il fut d’abord tenu par Joseph et Olga HENRIET-EVLARD (grands-parents paternels de Jean-Louis et de Stéphane), originaires de Wanfercée-Baulet.

Georges et Claire NOCENT-YERNAUX l’ont repris en 1959 jusqu’en 1971, aidés par leurs deux filles Josiane et Marie-Thérèse. Vers 1965, l’enseigne fut reprise par la société « BIEN-ÊTRE ». Marie-Claire KAISIN géra le commerce de 1971 à 1980.

Employé aux usines de Moncheret à Bouffioulx, Georges fournissait de petites commandes à diverses connaissances jusqu’au jour où une dénonciation mit fin à ces petites relations commerciales.

Le commerce sera repris par diverses personnes pour fermer définitivement vers 1991. A noter le dépôt de la boulangerie-pâtisserie SCHAMP de Marcinelle vers 1980.

Souvenir de Frédéric GUILLAUME

« Lors des inondations en 1987, les soldats américains basés à Florennes sont venus aider les sinistrés. Ils s’approvisionnaient en bière à ce magasin. »

Rue St-Martin 12 640

OLGA EVLARD (HENRIET) 640

Georges Claire NOCENT-YERNAUX 640

Marie-claire KAISIN 640

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AU DESSUS-DU-BOIS

Dans sa maison, à l’actuelle rue du Dessus-du-Bois 4, Marie-Alice DEMEURE, épouse de Victor DELFORGE, ouvre en 1925 un commerce d’épicerie. Suite au décès de son mari, elle se remarie en 1929 avec Nicolas SINET. En 1940, rajout de « vente de margarine, tabac, cigarettes, primeurs, fruits et pommes de terre ». Le 31 décembre de la même année, nouvelle modification au  registre de commerce. Sont adjoints : « vente d’articles d’épicerie, alimentation, vin, mercerie (laine, fils, boutons, élastiques, etc…), bonneterie (bas, chaussettes, etc…), lingerie et aunage, quincaillerie (tasses, assiettes, verres, etc…) ».

Le 1er janvier 1945, cessation du commerce. Le 20 juin 1945, réouverture par Lucien SAINTHUILE, qui sera aidé quelques années plus tard par sa jeune épouse Denise BEQUET.

Le 10 novembre 1951, le couple quitte Acoz pour reprendre un commerce de tissus-aunage-mercerie à Fosses-la-Ville.

Le commerce s’est poursuivi quelques années, notamment sous l’enseigne « COOP ». La succursale aurait été gérée par Andrée LEMARQUE, épouse d’Yvan SAINTHUILE.

Actuellement, l’immeuble est occupé par Monique SAINTHUILE, propriétaire des lieux.

Rue Dessus-du-Bois 4 640

SINET-DEMEURE 640

LUCIEN DENISE 640

Andrée LEMARQUE 640

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« COOP »

COOP 400

Vers 1960, Simone DEMEURE, épouse d’Adelin DAUBRESSE, ouvrira une succursale en son domicile, rue des Ecoles 57. Quelques années plus tard, sa fille Marcelle, épouse de René DEGRAUX, reprit le commerce. La clientèle était surtout composée des habitants du Dessus-du-Bois et des rangées de cités de la rue de la Raguette. Cessation des activités commerciales vers 1975-1976.


Rue des Ecoles 57 640

COOP VERS 1960 1 et 2 620

Marcelle DAUBRESSE René DEGRAUX 640

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« COURTHEOUX »

COURTHEOUX 400

Vers 1960, Flora DENAYER, épouse de Fernand ANDRÉ, tint une succursale à la rue du Centre 7, (place de l’Eglise). Le magasin fermera ses portes vers 1970 pour cause de santé.

Fernand Flora ANDRE-DENAYER 640

MONETA 400

Rue du Centre 7 640

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« COURTHEOUX  » à la rue de la Raguette

En 1968, Michel WERTZ et son épouse Victoria BRAECKMAN inauguraient une nouvelle succursale à la rue de la Raguette 43.  Cette épicerie allait connaître un bel essor avec une clientèle issue du nouveau quartier de la cité Hector POULEUR. Michel allait ouvrir un commerce de bonbonnes de gaz « Esso » avec livraison à domicile.

MICHEL WERTZ 640

Vers 1980, se lançant dans la vente de légumes et primeurs sur les marchés régionaux et un commerce de vins, ils remettaient le commerce à Georges et Lorette BRISON-TENRET.

GEORGES BRISON LORETTE TENRET 640

CHEZ LORETTE 1 et 2 640

Le succès allait grandissant et la surface du commerce ne convenait plus pour y pratiquer une vente de plus en plus diversifiée avec les charcuteries et produits surgelés. En 1986, un bâtiment tout neuf allait voir le jour dans la même rue, au 71a.

Rue de la raguette 71a 640

Il y accueillera une supérette et un département boucherie-charcuterie tenu par leur fils Didier et son épouse Bernadette HOQUART. En 1991, ces derniers reprennent le commerce du café « Au Voltigeur ».

Didier Bernadette 640

Quant à la supérette, elle ferma ses portes en 1995.

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« CHEZ ALINE »

En 1946, ma mère, Aline MONTEL, quitta son village natal de Tarcienne pour reprendre la petite épicerie sise au pied de l’actuelle rue Saint-Martin 1, qui était tenue par sa petite-cousine Léa (Elia) MOURAUX, épouse Ernest DELESCAILLE. On y trouvait de tout, des aliments de première nécessité aux produits d’entretien, un dépôt de pains du boulanger du village Raymond SCIEUR, avec un panier de pâtisseries les samedi et dimanche, dépôt de teinturerie et nettoyage à sec…  Toutes les denrées étaient entreposées dans des bacs en bois et étaient vendues en vrac dans des sacs en papier. Une balance à platines avec poids était posée sur le comptoir. A noter que ces poids étaient présentés régulièrement au contrôle organisé par l’administration des poids et mesures. Les poids en fonte grise de fer et de carbone, de forme cylindrique ou de forme hexagonale étaient présentés au service de l’État « Poids et Mesures » qui vérifiait l’exactitude des balances et des accessoires utilisés dans le commerce. Lors de la vérification (au milligramme près) un poinçon était frappé sur les poids.  Ce poinçon était constitué d’une lettre qui correspondait à l’année du contrôle et appelé « poinçon de la bonne foi ».

Fin du commerce en 1970 pour cause de santé.

Rue St-Martin 1 640

ACOZ vers 1905 640

Georges-Aline 640

Tante Augusta 640

TIMBRES VALOIS 400 2

Balance 640

Anecdotes et souvenirs personnels

La dernière semaine d’octobre était un moment intense dans le magasin de ma mère. La vente de potées de chrysanthèmes révolutionnait les habitudes de la famille. Lorsque Monsieur VASSART, horticulteur à Châtelet, venait décharger les 200 potées commandées, ces dernières étaient entreposées dans tout le rez-de-chaussée : cuisine, arrière-cuisine, salle à manger, magasin n’étaient plus qu’une fleur. Evidemment pour les conserver en état de fraîcheur, le chauffage était coupé dans toutes les pièces. Certains clients demandaient le dépôt de leur potée sur la tombe familiale. Ce service était assuré par mon frère Jules et moi-même. Je me souviens encore de l’emplacement de la plupart d’entre elles.

Chrysanthème blanc 640

C’était une journée d’hiver, en plein dégel, une fidèle cliente présente entame la conversation dans un wallon digne des pièces théâtrales. Apparaît Madame Andrée GENOT, institutrice à l’école du couvent. Là, on se retourne vers la langue de Molière. Et la cliente s’exclame avec une voix pleine d’assurance : « l’hiver est out’, i r’lèche » (du wallon « rlègnî » qui signifie – participe passé « dégelé »).

On y vendait du pétrole au litre. Il était entreposé dans un tonneau métallique à l’entrée du magasin.  Le dimanche matin, les deux sœurs DEMEURE, Julia (mère de Franz PHILIPPE) et Louisa, se rendaient à la messe dominicale. Elles faisaient un arrêt au magasin pour… passer les paumes des mains sur le dessus de la cuve, rendue grasse suite aux diverses manipulations. D’un geste précis, elles les passaient ensuite sur leur chevelure coiffée d’un fin filet. Voilà peut-être… l’origine de la lotion « Pétrole Hahn » !

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« LES QUATRE SAISONS »

C’est en juin 1994 que Philippe FRERES ouvre une épicerie à la rue de Moncheret 46, juste en face de la rue de la Raguette,  dans l’immeuble qui avait accueilli jadis le café « A la Ville de Thuin » (voir mon livre « ACOZ de A à Z », tome 2, page 225). Elle portera l’enseigne « Les Quatre Saisons » en faisant référence à la cloison du sas d’entrée qui était composée de quatre vitres sablées à l’acide représentant les quatre saisons.

Rue de Moncheret 46 640

LA VILLE DE THUIN 500

Philippe FRERES 640

Au fil des jours, une petite clientèle fidèle lui rendait visite régulièrement. On pouvait y trouver un peu de tout, conserves, fromages, charcuteries, produits d’entretien,…

Lorsque le magasin « SPAR » a rouvert ses portes à Villers-Poterie, les ventes ont baissé et il atteignait péniblement le seuil de la rentabilité. En août 1998, il dut se résigner à fermer définitivement.

« C’est une époque que je ne regrette pas même si je n’ai pas gagné de l’or en barre. C’était, malgré tout, l’occasion de voir les anciens du village tout en étant le lieu de rendez-vous de quelques jeunes de la fanfare qui squattaient mon arrière-boutique. Les dimanches, l’apéro au comptoir se terminait parfois à 15 heures. Je devais fermer pendant 24 heures, du dimanche 13 heures au lundi 13 heures ! C’est évidemment lorsque j’ai annoncé que j’étais contraint de fermer que tout le monde me disait que c’était malheureux, qu’un magasin de dépannage était bien utile dans le village. Mais ce n’est pas avec les cigarettes qu’on fait du beurre. Pour faire du frais, il faut du débit… Enfin bref, une expérience intéressante que je réitérerais certainement, mais différemment. C’est étrange, je n’ai tenu ce magasin que quatre ans, j’ai pourtant l’impression que c’était une éternité ».

Il se souvient de ce soir où il fut témoin de l’attaque du fourgon au Crédit Communal : « un brouhaha se faisait entendre au pied de la Raguette, je sortis tout comme Didier MARTIN qui vivait au-dessus du magasin. Au premier coup de feu, nous sommes évidemment rentrés. Après les faits, nous apercevions, par les perforations des balles dans le flanc du fourgon, ce malheureux convoyeur agonisant. Lorsqu’on ouvrit la porte, c’était trop tard, il n’y avait plus rien à faire ».

 

Petites anecdotes de Philippe

Le pied de la Raguette était un point stratégique pour les accidents. Les constats se faisaient bien souvent dans mon arrière-boutique… parfois autour d’une chope.

Lors de la reconstitution pour l’attaque du fourgon, les magistrats sont venus prendre une tasse de café au magasin…

Un dimanche matin, Robin LECOYER, beau-fils de René JACQUES, est descendu acheter des croquettes de pomme de terre pour le dîner de midi. Il tomba dans un traquenard avec Didier MARTIN, Pierre-Louis MADOUX (dit « le Blanc »), André CELANT, Jean-François CHARLET et moi-même évidemment. Les tournées défilaient jusqu’à ce qu’apparaisse René JACQUES dans le dos de Robin, son beau-fils. L’ambiance aidant, on prévient que René était derrière lui mais il riait en pensant à une blague. Lorsqu’il entendit la douce voix de René lui dire : « Robin, ta mère te préparera les croquettes pour le souper ». Robin s’est bien sûr carapaté en oubliant les croquettes, on ne le revit que quelques semaines plus tard…

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Roland BIRON me signalait que d’autres commerces avaient existé dont l’épicerie chez Mademoiselle LECLERCQ (en face du ballodrome), à l’entre-deux guerres.

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Depuis quelques années, le seul magasin existant à Acoz est situé à la rue de la Raguette 43, dans l’immeuble qui abritait l’ancien « Courthéoux ». Il porte l’enseigne « Maxialimentation ».

Rue de la Raguette 43 640

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Dans notre région, le premier libre-service intégral s’est implanté au boulevard Tirou à Charleroi sous l’enseigne « DELHAIZE ». Faut-il rappeler que l’histoire de ce géant de la distribution, commencée il y a 125 ans, est intimement liée à la région carolorégienne. C’était le 12 octobre 1962.

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TRACT 640

© Alain GUILLAUME- Décembre 2020.

Un commentaire sur « Les « magasins » à Acoz »

  1. Etienne ELOY :

    Encore une jolie rétrospective de la localité.

    En lisant ce magnifique reportage, des souvenirs reviennent à la mémoire.

    Le curé Doublet nous invitait à repasser chez « Aline » avec lui après certains évènements comme par exemple la préparation à la communion pour nous offrir des friandises. (Lard, lacet réglisse, chewing-gums etc… )
    Je me souviens qu’on pouvait acheter des bonbons à l’unité.
    Nous allions acheter des crayon « Gilbert » aussi et parfois d’autres fournitures de « bureau ».

    Chez Marthe, nous allions régulièrement acheter du gruyère qu’elle râpait elle-même avec un moulin à main.
    Elle avait aussi du jambon qu’elle coupait à la machine.
    C’était les seuls produits frais qu’elle vendait.

    En ce qui concerne Michel Smits, il a fait la culture de chicons, et nous nous fournissions chez lui.

    Au magasin au pied de la rue de la Raguette, il y avait une pompe à essence deux temps, elle était très haute, cylindrique rouge avec deux portes arrondies que l’on fermait pour la sécuriser la nuit.
    J’ai connu la dame (Laure) qui y habitait avec son petit chien « gamine »

    Voilà, cela ne me rajeunit pas!…

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