
****
© Alain GUILLAUME – 13 novembre 2023.
Vie locale d'un village au coeur de l'Entre-Sambre-et-Meuse

****
© Alain GUILLAUME – 13 novembre 2023.
Suite au dossier posté sur le blog concernant les fêtes communales d’Acoz, Olivier GUILLAUME m’a confié deux coupures de presse parues dans la presse régionale au début des années 60.
Naguère, au début septembre, se déroulait dans une ambiance extraordinaire et au milieu de la bonne odeur des tartes aux prunes « Altesse » la ducasse du Dessus-du-Bois. Elle connaissait un grand succès puisqu’elle était la plus achalandée de toute la contrée. En a-t-on parlé de « L’Ducasse du d’Seu-du-Bos » ! Et y est-on accouru de partout avec joie, avec enthousiasme !
C’est loin tout cela puisqu’elle est disparue depuis quarante ans.
Après la Seconde Guerre mondiale, celle de la rue des Ecoles prit sa succession, mais elle ne dura que ce que durent les roses… malgré le succès qu’elle remportait.
Il n’y a rien d’étonnant à cela nous dira-t-on puisque la télévision et les voyages ont pris le pas sur les anciennes activités récréatives.
La TV, parlons-en… à propos des ducasses. Ne voit-on pas des tas de gens s’asseoir devant leur poste de télévision pour suivre les « Jeux Sans Frontières » dont les jeux dits sportifs ne sont que des jeux de ducasses en plus grand, nous pouvons le dire. Alors pourquoi se passionner pour ces jeux sans frontières et se désintéresser des ducasses ?… avec la « perche à savon », les courses « en sac » et autres jeux populaires. Et aussi le jeu de balle, le feu d’artifice et même un concert. Sans compter qu’un bal champêtre « sur piste » aurait encore du succès, croyez-le bien. Mais pour cela il faudrait des organisateurs et de l’argent.


Ducasse ! Naguère le jour de la ducasse à Acoz, Villers-Poterie, Gougnies, Joncret était une cité du rire et de la vie trépidante, on oubliait le chant des oiseaux, la solitude des campagnes, le travail à la carrière, le tonnerre de l’usine. La fanfare régnait en maître dans les rues ou sur le kiosque. On jouait à la balle au gant dans la rue des Bèguènes à Acoz, au Baty à Villers, sur la place à Gougnies, et l’on adorait surtout le tamis dans la « rue » à Joncret. La Fanfare d’Acoz y donnait un concert car partout en ces patelins on l’aimait bien. Les chevaux de bois tournaient en emportant sur leurs harnais les petits cavaliers. Les marchands de frites et de crème glacée étaient pris d’assaut par une ribambelle de gamins en courte culotte. Tirs aux pipes, tirs aux chandelles avec des mousquetons de Marcheurs… Bals au son d’un orchestre de bals champêtres sous les guirlandes de lanternes vénitiennes, jusque fort tard. Valses, polkas, quadrille des lanciers. Jeu de balle au gant, bal champêtre et encore attractions foraines le lundi. « Tour de la jeunesse » aussi, autre concert aussi peut-être par une musique amie. Amusements divers selon les patelins. Mémorable ducasse du Dessus-du-Bois, la plus pimpante, la plus populaire aussi que personne n’aurait voulu manquer. Le mardi, jeux populaires, bal et brûlage de la ducasse. Mercredi, regret que c’était fini déjà… Ah ! Les ducasses d’antan ! Où sont-elles ? Les jeunes qui ne les ont pas connues ne se font aucune idée de leur charme, de l’entrain et de la joie qu’elles provoquaient chez les vieux autant que chez les jeunes.
Aussi, on est en droit de se demander si l’on ne devrait pas mettre tout en œuvre pour restaurer ces ducasses en les mettant au goût du jour, sans renier l’orchestre itinérant irremplaçable, on doit le savoir, le concert, le jeu de balle et autres distractions modernes parmi quelques amusements anciens… qui ne déplairaient pas aux jeunes et vieux. Avec, comme attraction sportive, du jeu de balle, le sport roi des ducasses dans la région, celui dont aucune ducasse ne peut se passer. Et des bals avec orchestre qui jouerait aussi bien pour faire danser les vieux que les jeunes. Sans oublier les innovations qui s’imposent parce qu’elles sont en rapport avec les goûts de notre époque.
Oui, en procédant de la sorte, un comité de jeunesse pourrait prétendre rénover la ducasse de son patelin pour la plus grande joie de toute la population.
*****
© Alain GUILLAUME – 9 novembre 2023.
Cet imposant bâtiment est sis le long de l’actuelle rue de Moncheret 36 et 38, à deux pas du RAVeL de l’ancienne ligne de chemin de fer (ligne 138) Châtelet-Florennes, non loin du château d’Acoz.


D’après le millésime ancré dans les pierres de la façade arrière, il a été construit en 1758.
C’était du temps du bon Charles de Lorraine, prince lorrain au service de l’Autriche, qui a été gouverneur général des Pays-Bas autrichiens (de 1741 à 1744 et de 1749 à 1780).
La maison a hébergé l’intendance de Michel-Joseph d’Udekem (1684-1771), seigneur de Guertechin, lieutenant au régiment de la Marck.
A noter qu’en 1759 le château d’Acoz passa par héritage à la famille de Michel-Joseph d’Udekem. Ce qui explique peut-être l’existence du pont en pierre qui enjambe le Ruisseau d’Hanzinne reliant la propriété du château à la maison autrichienne.

Lors des importantes transformations apportées en 2019 par les nouveaux propriétaires, une annexe a été construite, cachant une partie de la façade.

Suite à la fermeture du café « El Coquî » (voir le livre « ACOZ de A à Z », tome 1, pages 92 à 105), le bâtiment a été mis en vente et a été complètement rénové par les nouveaux propriétaires.
Grande stupéfaction le dimanche 27 octobre 2019 lorsque j’ai remarqué qu’une partie du millésime (chiffres 1 et 7) était disparue lors de la réfection de la façade arrière.

J’ai immédiatement pris contact avec les propriétaires qui se sont vus navrés et qui ont accepté que l’on replace ces deux chiffres.
Une petite visite à Gerpinnes chez mon ami Charles CHAPELLE… et je suis revenu à Acoz avec les nouvelles ferrures qu’il a forgées gracieusement.

Le placement a été réalisé par Michel THIRY, originaire d’Acoz, qui, souvenons-nous, a réalisé la toiture de la potale dédiée à sainte Rolende.

Me voilà satisfait et heureux…
Grand merci à Charles et Michel.
Deux articles avaient été postés au sujet de ce millésime :
LA MAISON AUTRICHIENNE A PERDU SON MILLESIME – 27 octobre 2019
LA MAISON AUTRICHIENNE A RETROUVE SON MILLESIME – 23 mars 2022
Maison en moellons réglés datée par ancres de 1758. Cantonnée de chaînes d’angle harpées, façade de deux niveaux de cinq travées identiques à l’origine, malencontreusement transformées à droite au rez-de-chaussée.
Baies à linteau cintré à clé passante et montants entre deux harpes.
Pignon essenté d’Eternit flanqué au 20e siècle d’une banale annexe à toit plat en blocs de béton.
A l’arrière (côté rue), une travée centrale originelle de petites baies à épais linteau échancré sur montants monolithes.
Sur la gauche, deux travées d’époque aux linteaux semblables et montants entre deux harpes, murées et récemment repercées. Autre fenêtre tardive à droite.
Bâtière d’Eternit et de tuiles à coyaux sur corniche de pierre en cavet.
Trous de boulin. E.G.[807]
Sources :
TANGHE, Acoz dans L.F. GENICOT (dir.), Le Grand Livre des châteaux de Belgique. Châteaux de Plaisance, Bruxelles, 1977, p. 37; E. POUMON, Le Hainaut. L’Architecture, Vilvorde, 1956, p. 31 et 48; IDEM, Châteaux en Hainaut, Charleroi, 1971, p. 41; J. ELOY, Voirie et Quartier du château d’Acoz dans L.V.C., n° 25, 1985, p. 131- 138. E.G.[806]
****
© Alain GUILLAUME – 30 octobre 2023.

















Le 18 juillet 1975 s’éteignait à l’âge de 74 ans une personne estimée des Acoziens : Jules GIGOT n’est plus.
Issu d’une grande famille du village, il épousait Philomène STIL. Le couple quitta Acoz pour Châtelineau, non loin de l’usine métallurgique où il était engagé depuis son plus jeune âge.
Il resta toujours attaché à ses racines en participant chaque année aux festivités de la Saint-Roch et Saint-Frégo en occupant la place de major jusque dans les débuts 60. La Fanfare Royale d’Acoz prenait aussi une grande place dans son cœur et c’est ainsi qu’il devint président en 1970, suite au décès de Vital BERTULOT.
A l’âge de la retraite, le retour à son cher Acoz n’a pas tardé et il aménagea à l’actuelle rue de Moncheret 24. Ce fut une période animée, participant à toutes les activités folkloriques, musicales et culturelles.
On se souviendra de sa participation au week-end passé en mars 1974 à Sainte-Marie-aux-Mines (Alsace) avec la Marche d’Acoz où il allait vêtir le costume de grenadier 1er Empire. Ce sera sa dernière sortie avant ses premiers problèmes de santé.

Le 20 juillet 1975, les Acoziens ont tenu à lui rendre hommage. La fanfare locale l’a accompagné vers sa dernière demeure. Lors de la levée du corps, Michel GUILLAUME, secrétaire de la fanfare, prit la parole pour retracer sa vie.
La population d’Acoz et celle de la région conservera un excellent souvenir de Jules, un homme à la fois simple, aimable et toujours souriant.






******
© Alain GUILLAUME – 11 octobre 2023.