Les processions religieuses à Acoz (suite)

Suite à la publication du dossier relatif aux processions à Acoz, Gaby STEVAUX me signale que son père Albert avait l’honneur de porter le dais qu’il désignait par le vocable « baldaquin », appelé aussi pavillon ou parasol liturgique. Albert n’était pas membre de la Fabrique d’Eglise mais avait en charge la comptabilité, l’organisation et la gestion des biens du couvent ; il veillait donc aux intérêts des sœurs de la Providence. Il était en quelque sorte un régisseur que les religieuses aimaient à appeler pompeusement « Monsieur le Président »… ce qui le faisait sourire.

Gaby se souvient que les jours de procession, son papa portait un pantalon gris rayé, des chaussures vernies noires, une chemise blanche, une cravate gris clair attachée par une épingle surmontée d’une perle et surtout qu’il portait une veste queue-de-pie noire, appelée aussi frac-à-pans.

Lors du passage de la procession, la rue des Ecoles et celle de la Raguette étaient, à l’instar des autres rues du village parsemées de pétales de fleurs mais aussi de dessins réalisés au pochoir à l’aide de poudre de craies multicolores finement broyée ou de sable blanc.

Il ajoute que les jeunes enfants s’habillaient au couvent dans la classe de l’école maternelle, les classes primaires étant réservées aux communiantes.

GABY PETIT PAGE 640

A noter que lorsque les garçons avaient fait leur profession de foi, devenus jeunes adolescents, ils processionnaient en costume et cravate et portaient un flambeau. L’objet en question était constitué d’un manche en bois long d’un bon mètre, peint en noir sur lequel il était fixé une pièce en laiton en forme de U qui supportait une lanterne en verre protégeant du vent une bougie allumée, de sorte que la lanterne se balançait au rythme des pas des pèlerins. L’ensemble était décoré de pièces de laiton ouvragé.

LANTERNES 450

ANECDOTE

Une année, au cours d’une de ces processions, son inséparable ami (dont il taira le nom par discrétion), rêveur et toujours en quête d’idées novatrices à expérimenter, n’avait rien trouvé de mieux que de jouer avec son flambeau et de l’incliner de façon à ce que la flamme de la bougie lèche dangereusement le cylindre en verre pour le noircir … « pour voir ce que ça faisait » comme on disait. Mais tout absorbé qu’il était par sa captivante et ingénieuse expérience, il a oublié de regarder où il mettait les pieds et a trébuché. Il va sans dire – à son grand étonnement – que le verre de la lanterne n’a pas résisté à l’expérimentation !

—-

Merci Gaby.

 

© Alain GUILLAUME – Novembre 2019.